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GiFi : redressement judiciaire confirmé

Économie Publié le 23/10/2026 par Hervé -  5 min - 356 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • GiFi annonce le 20 octobre sa demande de redressement judiciaire.
  • Les 513 magasins restent ouverts et aucun licenciement collectif n'est lancé à ce stade.
  • Cartes cadeaux et avoirs sont toujours valables dans l'ensemble du réseau GiFi.

Le 20 octobre 2026, Patrick Puy, nouveau président du directoire de GiFi, a annoncé aux salariés que l'enseigne demandait son redressement judiciaire. Le dossier part au tribunal de commerce de Toulouse. L'audience est fixée au 23 octobre, et le Bodacc n'affiche encore aucun jugement d'ouverture. La direction assure que les magasins restent ouverts et que les contrats de travail ne changent pas. Côté clients, la question est surtout pratique : que deviennent les cartes cadeaux, les avoirs et les commandes en cours ?

Une enseigne de 513 magasins en difficulté

GiFi a été fondée en 1981 par Philippe Ginestet, avec un siège à Villeneuve-sur-Lot. Elle comptait une centaine de points de vente en 1998 et plus de 400 en 2013. Le réseau en rassemble aujourd'hui 513 pour 6 000 salariés, selon L'Express Franchise. Un redressement judiciaire ne ferme aucun magasin par lui-même. Il ouvre une période d'observation de 6 mois maximum, renouvelable une fois pour une durée identique. Elle peut déboucher sur un plan de continuation, une cession ou, en dernier recours, une liquidation. Patrick Puy affirme qu'aucun licenciement collectif n'est engagé à ce stade. La suite dépend du tribunal de commerce de Toulouse, qui doit encore rendre son jugement d'ouverture.

Des alertes en série avant l'annonce

Les représentants du personnel ont déclenché un droit d'alerte le 6 octobre. Le 18, Sud Ouest a révélé l'état de cessation de paiements. Deux jours plus tard, la direction annonçait sa démarche. Patrick Puy dirige le directoire depuis peu. Il assure que la procédure n'a pas de conséquence immédiate sur l'emploi. Il a déjà géré Moulinex-Brandt, Vivarte et Go Sport pendant leurs crises.

Pourquoi le bazar discount est-il sous pression ?

Ce secteur regroupe les enseignes qui vendent à petits prix de la décoration, de l'entretien ou de la papeterie. Le spécialiste de la distribution Olivier Dauvers juge ce marché saturé. Action compte 900 magasins en France et près de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Selon le Journal du Geek, B&M figure aussi parmi les rivaux. Les plateformes chinoises, dont Temu et Shein, ajoutent de la concurrence. D'après l'AFP, GiFi aurait aussi pâti du rachat de Tati par son fondateur et d'un changement de système informatique raté en 2023. En Belgique, la filiale Trafic, basée à Fleurus et juridiquement distincte, assure que la procédure n'a aucun impact significatif sur son activité.

GIfi en redressement judiciaire

Magasins fermés ou repris : où en est le réseau ?

Le parc se réduisait déjà avant cette demande. Des fermetures ont eu lieu depuis 2025, et 32 points de vente changent de bannière. Le Journal du Geek en détaille la liste.

Grand Frais reprend 32 adresses

GiFi a cédé 32 magasins à ce distributeur dans le cadre d'un accord conclu à l'automne 2025. 17 sont exploités en direct par Grand Frais, dont ceux de Caen, Cergy, Royan et Pau. 14 passent en gérance-mandat, par exemple à Hendaye, Saint-Chamond et Pacé. Bayonne, issu des anciens Tati, complète la liste. Les conversions ont commencé le 1er juin 2026, au rythme de 4 à 5 adresses chaque mois. Les travaux durent au moins un trimestre. Certaines dates d'ouverture sont fixées, comme Lisieux le 21 octobre, d'autres restent inconnues.

10 fermetures définitives

Dix magasins ont définitivement baissé le rideau, dont ceux de Thiais, Stains, Pontault-Combault, Saverne et La Ferté-Macé. Tonnerre, Besançon, Saint-Claude, Lyon et Toulouse complètent la liste. Elles touchent des villes de tailles très différentes, des métropoles aux petites communes. Le programme d'avril 2025 prévoyait 11 fermetures et environ 300 suppressions de postes. Le point de vente de Neuville-en-Ferrain a été épargné après une renégociation de loyer, puis rouvert dans un format réduit.

Clients : cartes cadeaux, avoirs et commandes

Un redressement judiciaire n'interrompt pas l'activité courante. Aucune vente de liquidation n'est annoncée : des soldes de déstockage n'interviendraient qu'en cas de fermetures. Les magasins vendent à leurs prix habituels, et seules les dettes nées avant le jugement d'ouverture sont gelées. Cela touche surtout les clients qui attendent un remboursement ou une livraison. Au 21 octobre, GiFi n'avait publié aucune consigne spécifique. Le conseil relayé par Selectra tient en une ligne : dépenser cartes cadeaux et avoirs tant que l'enseigne les accepte. Les achats faits après le jugement se règlent et se livrent normalement. Les tickets de caisse des dépenses récentes méritent aussi d'être gardés, en cas de retour ou de réclamation.

Cartes cadeaux et avoirs : que deviennent-ils ?

Une carte acceptée en caisse garde sa valeur d'achat. Un avoir ou un remboursement promis avant le jugement est en revanche gelé : il devient une créance, qui peut n'être payée qu'en partie. Garder le numéro de la carte, le ticket d'activation et la date de chaque avoir permet de justifier la somme en cas de litige. Autre précaution : se méfier des messages sur les réseaux sociaux qui promettent des liquidations totales ou des bons d'achat géants.

Commande payée mais non livrée : quels recours ?

Un paiement sans livraison devient une créance, à déclarer auprès du mandataire judiciaire dans les 2 mois qui suivent la parution du jugement d'ouverture au Bodacc. Ce délai court à partir de la date de publication. En cas de liquidation, l'Institut national de la consommation rappelle que les clients passent après les salariés, les fournisseurs et l'Urssaf : le remboursement reste donc incertain. Un paiement par carte peut aussi être contesté auprès de la banque, dans des délais qui varient d'un établissement à l'autre. Pour un produit défectueux, la garantie légale de conformité de 2 ans continue de s'appliquer. Elle se demande au vendeur : réparation, remplacement, réduction de prix ou remboursement.