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Voiture neuve : le malus grimpe, faut-il se dépêcher ?

Vie pratique Publié le 25/10/2026 par Charline -  5 min - 42 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Le malus se déclenche dès 103 g de CO2/km pour une voiture immatriculée en 2027.
  • C'est la date d'immatriculation qui compte, pas celle de la commande ou de l'acompte.
  • Pour une voiture à 130 g, la note passe de 983 € à 1 504 € au 1er janvier.

Le bon de commande est signé, l'acompte versé, et la livraison annoncée juste après les fêtes. Sur le papier, tout va bien. Sauf qu'au 1er janvier 2027, le malus écologique se durcit, et cette petite différence de calendrier peut coûter plusieurs centaines d'euros. Parfois bien plus. Beaucoup d'acheteurs l'ignorent : ce n'est pas la date de commande qui fixe la note, mais celle de la carte grise.

Que change le barème au 1er janvier ?

La grille 2027 n'est pas une surprise de dernière minute. Elle figure déjà dans la loi, depuis la loi de finances pour 2025, qui a prévu un durcissement progressif sur 3 ans. L'objectif affiché reste le même depuis la création du dispositif, en 2008 : orienter les acheteurs vers des modèles moins émetteurs. Le projet de budget pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, affiche une stabilité globale de la fiscalité automobile. Concrètement, deux paramètres bougent : le point de départ de la taxe et son plafond.

Un seuil abaissé à 103 g

Selon l'article L. 421-62 du code des impositions, le malus se déclenche dès 103 g de CO2/km pour une voiture immatriculée à partir du 1er janvier 2027. En 2026, il ne démarrait qu'à 108 g. Toute une catégorie de citadines et de petites compactes thermiques, jusqu'ici épargnées, va devoir payer. Pour ces modèles, la taxe reste modeste, entre 50 et 150 € selon le chiffre exact. Elle s'ajoute néanmoins au coût de la carte grise, que beaucoup d'acheteurs découvrent au dernier moment.

Le plafond monte lui aussi. Il passe de 80 000 € à 90 000 €, et il est atteint dès 189 g, contre 191 g cette année. Ce niveau maximal concerne surtout les grosses sportives et les SUV les plus puissants.

Des montants qui grimpent vite

Le barème progresse à chaque gramme supplémentaire, et l'écart entre les 2 années se creuse à mesure que les émissions augmentent. Voici quelques exemples pour une immatriculation en 2026, puis en 2027 :

Émissions (g/km) Malus 2026 Malus 2027
103 à 107 0 € 50 à 150 €
110 100 € 210 €
120 310 € 540 €
130 983 € 1 504 €
150 4 279 € 5 715 €

Prenons une compacte essence à 120 g, livrée le 2 janvier plutôt que le 30 décembre. Sa carte grise lui coûtera 540 € au lieu de 310 €, soit 230 € de plus pour 3 jours d'écart. Pour un SUV familial autour de 150 g, la différence dépasse 1 400 €. À ce stade, quelques jours de retard pèsent lourd sur le budget.

Pourquoi la date de commande ne protège-t-elle pas ?

C'est le point qui piège le plus d'acheteurs. Beaucoup pensent qu'une signature en 2026 garantit l'application de la grille 2026. Il n'en est rien. Le code des impositions retient l'année de la première immatriculation, et le site Service-Public le rappelle noir sur blanc.

La carte grise fait foi

La taxe est due au moment de la délivrance du certificat d'immatriculation. Quand le concessionnaire s'occupe des démarches, elle apparaît directement sur la facture du véhicule. Une auto achetée en octobre, mais immatriculée le 4 janvier, paiera le tarif de 2027. Le bon de commande et l'acompte n'y changent rien. Pour un achat chez un mandataire ou dans un autre pays européen, la règle reste identique : c'est la première immatriculation en France qui déclenche la taxe.

Le piège des délais de livraison

Pour un modèle neuf commandé à la mi-octobre, une attente de 2 à 3 mois reste courante. L'immatriculation tombe alors fin décembre ou début janvier, pile au moment de la bascule. Un retard d'usine, un transport décalé ou une préparation plus longue suffisent à faire basculer le dossier en 2027.

Les vacances de fin d'année compliquent encore les choses. Entre Noël et le Nouvel An, les concessions tournent souvent au ralenti, et les délais administratifs s'allongent. Mieux vaut prévoir une marge confortable, plutôt que de compter sur une remise des clés le 28 décembre.

Le malus des voitures en augmentation en 2027

Comment éviter une mauvaise surprise ?

Quelques vérifications suffisent avant de signer, ou juste après si la commande est déjà passée. L'objectif est simple : connaître le chiffre exact de CO2 et obtenir une date d'immatriculation réaliste. Avec ces 2 informations, le calcul devient facile.

Vérifier le CO2 et demander une date ferme

La valeur de référence est celle du cycle WLTP, inscrite sur le certificat de conformité du véhicule. Deux finitions d'un même modèle n'affichent pas toujours un chiffre identique, à cause des jantes ou des options. Quelques grammes peuvent suffire à changer de tranche. Les configurateurs en ligne des constructeurs indiquent généralement cette valeur pour chaque version, et la concession peut la fournir avant la signature.

Il est ensuite utile de demander au vendeur la date d'immatriculation prévue, et pas seulement celle de la livraison. Un véhicule déjà disponible en stock peut être immatriculé avant le 31 décembre. Certains concessionnaires enregistrent aussi des modèles avant la fin de l'année pour les revendre en voitures à 0 km. La taxe a alors été réglée sur la grille 2026, à condition de se contenter des teintes et des options disponibles. Une voiture 100 % électrique, elle, échappe totalement au malus sur le CO2.

Ce qui pourrait encore bouger

Le budget 2027 est toujours en discussion au Parlement. Un amendement a la possibilité de modifier un seuil ou un plafond jusqu'au vote définitif, même si le gouvernement prône la stabilité. Les hybrides légères, de leur côté, perdront au 1er janvier 2027 l'abattement de 100 kg dont elles bénéficiaient pour le malus au poids. Cette taxe sur la masse garde par ailleurs le même barème. Elle s'applique dès 1 500 kg, à raison de 10 € par kilo excédentaire au départ, et grimpe jusqu'à 30 € au-delà de 2 tonnes.

En attendant, la règle à retenir tient en une phrase : pour une voiture thermique au-delà de 103 g, mieux vaut une carte grise datée de 2026. Pour une électrique ou un modèle sous ce seuil, le calendrier n'a en revanche aucune importance.