Le contenu éditorial nouvelle génération

18 ou 19 °C : quelle température idéale à la maison ?

Maison Publié le 25/10/2026 par Charline -  5 min - 1 lecture
Ce qu'il faut retenir
  • Un logement récent doit pouvoir atteindre 18 °C au centre de chaque pièce.
  • Le Code de l'énergie plafonne la moyenne du logement à 19 °C.
  • L'Ademe conseille 17 °C dans la chambre et le mode hors-gel en cas de longue absence.

Dès les premières fraîcheurs, la même question revient dans les foyers : à quelle température vivre chez soi ? Faut-il régler le thermostat sur 18 °C, sur 19 °C, ou monter plus haut pour être bien ? Les deux chiffres circulent, souvent confondus, alors qu'ils ne disent pas la même chose.

Le premier est un minimum que le chauffage doit pouvoir atteindre. Le second est un plafond, calculé en moyenne sur tout le logement. Entre les deux, les recommandations de l'Ademe permettent de régler chaque pièce selon son usage, sans grelotter ni gaspiller.

18 °C, le minimum que le chauffage doit garantir

Un logement doit permettre à ses occupants de se chauffer correctement. Pour les constructions récentes, la loi fixe un chiffre précis. Pour les plus anciennes, la notion reste floue et c'est au cas par cas que le problème se règle. Dans les deux situations, un recours existe.

Une règle chiffrée pour les logements récents

Selon Service-Public.fr, un logement dont le permis de construire a été déposé après le 1er juin 2001 doit pouvoir être chauffé à 18 °C au centre de chaque pièce. En dessous, le chauffage est considéré comme insuffisant. Cette exigence figure dans le Code de la construction et de l'habitation.

Le locataire peut alors demander au propriétaire de remédier au problème. En copropriété, le copropriétaire s'adresse au syndic, mais seulement pour le chauffage collectif. Celui qui ajoute un radiateur d'appoint pour compenser en paie lui-même la consommation.

Pour les logements anciens, le juge tranche

Avant 2001, aucun seuil n'est fixé. La loi du 6 juillet 1989 impose seulement au bailleur de fournir un logement où le locataire peut se chauffer normalement. Le texte ne définit pas ce terme, il revient au juge de l'apprécier selon chaque situation.

La démarche commence par une lettre recommandée avec accusé de réception, qui décrit le problème et demande d'y remédier. Sans réponse, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection. L'Agence départementale pour l'information sur le logement (ADIL) conseille gratuitement avant d'en arriver là.

19 °C, une moyenne à ne pas dépasser

L'autre chiffre, celui de 19 °C, fonctionne à l'inverse. Il ne s'agit pas d'un objectif de confort mais d'une limite haute. Beaucoup l'interprètent comme une température à respecter dans chaque pièce, ce qui n'est pas le cas. Ce repère avait été mis en avant lors de l'hiver 2022, avec le plan de sobriété énergétique, et il est resté dans les esprits.

Température idéale dans sa maison

Un plafond inscrit dans le Code de l'énergie

Le Code de l'énergie fixe à 19 °C la température moyenne maximale d'un logement chauffé. Ce calcul porte sur l'ensemble des pièces, en tenant compte de leur volume. Un salon à 20 °C reste donc compatible avec la règle si les chambres sont plus fraîches.

Ce plafond ne dispense pas du minimum : dans un logement récent, chaque pièce doit toujours pouvoir atteindre 18 °C. Un occupant qui subit une surchauffe ou un chauffage insuffisant peut demander réparation : le juge évalue le préjudice au cas par cas.

Comment mesurer la température d'une pièce ?

La règle est précise : on mesure la température de l'air au centre de la pièce, à 1,5 m du sol. Un thermomètre posé contre une fenêtre ou au-dessus d'un radiateur donne une valeur faussée, à la baisse comme à la hausse.

Chacun peut mesurer lui-même, ou faire appel à un professionnel à ses frais en cas de litige. Il faut aussi tenir compte des parois froides. Un mur mal isolé ou une grande baie vitrée donnent une sensation de froid bien plus marquée que ce qu'affiche le thermomètre.

Pièce par pièce, les réglages conseillés

Entre le minimum légal et le plafond, chaque foyer garde une marge de manœuvre. L'Ademe, l'agence de la transition écologique, a publié des repères simples. Ils tiennent compte de l'usage de chaque pièce et du moment de la journée, et permettent de réduire la facture sans sacrifier le confort.

Salon, chambre, salle de bain : des besoins différents

Dans les pièces à vivre occupées, l'Ademe recommande 19 °C. La chambre se contente de 17 °C la nuit, une température qui favorise aussi un meilleur sommeil. La salle de bain peut monter à 22 °C le temps de la toilette, puis redescendre à 16 ou 17 °C le reste de la journée.

Ces écarts ont un effet direct sur la facture. Selon l'Ademe, baisser le chauffage de 1 °C réduit d'environ 7 % la consommation d'énergie. Sur une saison de chauffe complète, ce simple degré pèse lourd, surtout dans une maison chauffée au gaz, au fioul ou à l'électricité.

La nuit et en cas d'absence, baisser sans tout couper

Quand une pièce reste inoccupée quelques heures, inutile de la maintenir à 19 °C : 16 ou 17 °C suffisent. Couper complètement le chauffage n'est pas une bonne idée pour autant. Les murs refroidissent, l'humidité s'installe, et il faut ensuite beaucoup d'énergie pour remonter en température.

Pour une absence prolongée, plusieurs jours de vacances par exemple, le mode hors-gel prend le relais. Il protège les canalisations sans chauffer inutilement. Un thermostat programmable fait tout cela automatiquement : il abaisse la température la nuit et pendant les heures de travail, puis la remonte avant le retour des occupants.

Ces appareils deviennent d'ailleurs la norme. Un décret de juin 2023 impose d'équiper les logements d'un système de régulation et de programmation du chauffage d'ici le 1er janvier 2027. Pour ceux qui n'en ont pas encore, c'est l'occasion de s'en occuper avant l'échéance, et de profiter tout de suite des économies.

Pour les plus fragiles, la prudence reste de mise. L'Organisation mondiale de la santé considère qu'une température d'au moins 18 °C dans le logement permet de prévenir les risques pour la santé. Chez les personnes âgées, les jeunes enfants ou les malades, mieux vaut ne jamais descendre en dessous.