- La chaîne des Puys aligne 80 volcans sur 32 km, classés à l’Unesco depuis 2018.
- Un train à crémaillère mène en 15 minutes au sommet du puy de Dôme, à 1 465 m.
- Plus au sud, le Sancy et le Cantal complètent les 200 volcans du plus grand parc régional.
Depuis le sommet du puy de Dôme, à 1 465 mètres, une rangée de reliefs arrondis s’étire vers le nord et vers le sud. Chacun d’eux est un volcan. D’après le ministère de la Culture, la chaîne des Puys aligne 80 volcans âgés de 8 400 à 95 000 ans, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis le 2 juillet 2018.
Cette région du Massif central s’explore à pied, et le puy de Dôme se rejoint même en train. Elle ne se limite pourtant pas à un seul sommet : plus au sud, deux autres massifs prolongent l’histoire volcanique de l’Auvergne.
Voici d’abord ce qui rend cette région unique, puis les sites à voir, du puy de Dôme jusqu’au Cantal.
80 volcans alignés et classés à l’Unesco
Peu de sites volcaniques entrent au patrimoine mondial. Celui de la chaîne des Puys tient à ce qu’elle réunit, sur un territoire restreint, des formes de volcans très variées. Située à l’ouest de Clermont-Ferrand, elle est aussi liée à une faille géante, qui montre comment un continent se fend.
Un alignement unique au monde
Les 80 volcans s’étirent sur environ 32 kilomètres, du nord au sud. Ils reposent sur le plateau des Dômes, séparé de la plaine de la Limagne par une faille vieille de 35 millions d’années. Par endroits, elle atteint 3 000 mètres de profondeur.
L’Unesco y voit un exemple exceptionnel de rifting, la rupture d’un continent, l’une des cinq grandes étapes de la tectonique des plaques. C’est le 4e site naturel inscrit en France, ce qui porte à 44 le nombre de biens classés pour le pays.
Le site compte aussi cinq grandes coulées de lave. Il comprend enfin la montagne de la Serre, un relief inversé : l’érosion a creusé autour d’une ancienne coulée, qui domine désormais le paysage.

Inactifs depuis des millénaires, mais pas éteints
Les plus jeunes cônes de la chaîne étaient encore actifs il y a moins de 7 000 ans. Aucun ne crache de lave aujourd’hui, mais les scientifiques ne les jugent pas éteints. Des séismes profonds ont été détectés près de la limite entre la croûte et le manteau, sous la chaîne.
Selon les scientifiques cités par le Département du Puy-de-Dôme, de nouveaux volcans pourraient surgir un jour dans la région. En attendant, le site est un lieu de vie : il compte 30 000 habitants, avec de l’élevage de brebis dans les landes des volcans.
Le puy de Dôme, porte d’entrée de la chaîne
Le puy de Dôme domine l’ensemble et donne son nom au département. Il se trouve à une quinzaine de kilomètres de Clermont-Ferrand. Son sommet est classé depuis 1933. Le temple de Mercure qui le couronne figure parmi les monuments historiques dès 1889.
Le site porte le label Grand Site de France, obtenu en 2008. Cette distinction garantit une gestion pensée pour préserver le paysage, les milieux naturels et la qualité de l’accueil.
Deux façons de monter
Le Panoramique des Dômes, un train électrique à crémaillère, rejoint le sommet en 15 minutes. Il a remplacé les navettes et les voitures qui montaient autrefois. En 2025, il a accueilli 387 000 visiteurs, d’après le dossier de presse d’Objectif Auvergne.
Il existe aussi une montée à pied, par le chemin des Muletiers. Selon une fiche pédagogique du Département, de plus en plus de visiteurs la choisissent. Au pied du puy, la maison de site réunit billetterie et espaces d’information, et l’on peut pique-niquer sur place.
Des visites et des sentiers
Le puy de Pariou montre un cratère très net, de type strombolien. C’est ce volcan qui figure sur l’étiquette des bouteilles d’eau de Volvic, même s’il se trouve dans un autre secteur de la chaîne. Les puits de captage de la marque, eux, descendent jusqu’à 90 mètres.
Le volcan de Lemptégy, à Saint-Ours-les-Roches, a reçu 180 000 visiteurs en 2025. De nombreux chemins de randonnée permettent par ailleurs d’explorer ces reliefs à son rythme.
Sancy et Cantal, les autres massifs du parc
Cette zone n’est qu’un morceau du parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, créé le 25 octobre 1977. Avec près de 400 000 hectares, c’est le plus grand parc naturel régional de France métropolitaine. Il s’étire sur 120 kilomètres du nord au sud.
On y compte plus de 200 volcans, répartis sur cinq régions naturelles, dont l’activité s’étale sur plus de 12 millions d’années. Les Puys en sont le versant le plus récent.
Le Sancy, plus haut volcan de France métropolitaine
Ce sommet culmine à 1 886 mètres. Rien n’est plus élevé dans le Massif central, ni parmi les édifices volcaniques de l’Hexagone. Il fait partie des monts Dore, un stratovolcan double. Le parc y gère deux réserves naturelles, la vallée de Chaudefour et Chastreix-Sancy.
Dans le même massif, le lac Pavin occupe un ancien cratère, que l’office de tourisme range parmi les plus beaux lacs de ce type en Auvergne. Tout près, le puy de Montchal, vieux d’à peine 7 000 ans, compte parmi les plus jeunes volcans de France métropolitaine.
Au sud, le plus vaste stratovolcan d’Europe
Les monts du Cantal sont les restes d’un édifice gigantesque, qui fut le plus grand volcan du continent. Leur point culminant, le Plomb du Cantal, atteint 1 855 m. Le puy Mary, à 1 787 m, est labellisé Grand Site de France et figure parmi les sites les plus visités d’Auvergne.
Le parc est aussi connu pour ses cinq fromages AOP : le saint-nectaire, le cantal, le salers, le bleu d’Auvergne et la fourme d’Ambert. Ces produits viennent d’une région tournée vers l’élevage, et la table fait donc partie du voyage.