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Pont d'Arc et grotte Chauvet : que visiter à Vallon-Pont-d'Arc en Ardèche ?

Voyages Publié le 07/09/2026 par Charline -  8 min - 194 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Le Pont d'Arc, haut de 54 mètres, enjambe l'Ardèche près de Vallon-Pont-d'Arc.
  • C'est la seule arche naturelle de France qui enjambe encore une rivière vivante.
  • Chauvet 2 reproduit la grotte ornée découverte en 1994 par trois spéléologues.

À cinq kilomètres de Vallon-Pont-d'Arc, la route des gorges débouche sur un belvédère. En bas, l'Ardèche passe sous une arche de pierre de 54 mètres de haut et de près de 60 de large. On a beau avoir vu la photo cent fois, on s'arrête quand même. Le Pont d'Arc est la seule arche naturelle de France qui enjambe encore une rivière vivante : partout ailleurs, les cours d'eau qui ont percé ce genre de passage ont disparu depuis longtemps.

Une arche que la rivière n'a pas fini de creuser

L'histoire de sa formation tient en une phrase : la rivière a pris un raccourci. Il y a plusieurs centaines de milliers d'années, l'Ardèche faisait un grand détour par un méandre, la Combe d'Arc. L'eau s'est infiltrée dans le calcaire au point le plus étroit, a fini par le traverser, puis a abandonné son ancien lit. Le méandre est resté à sec, et l'arche est restée debout. Elle ne durera pas éternellement : les géologues la voient s'effondrer un jour, dans quelques milliers ou millions d'années. Autant en profiter.

Le Pont d'Arc a aussi servi de vrai pont. Pendant des siècles, hommes et bêtes ont traversé l'Ardèche par le dessus de l'arche. Pendant les guerres de religion, le passage était surveillé par les deux camps. En 1629, Louis XIII, en route pour signer la paix d'Alès, a même fait écrouler une partie du chemin pour gêner les protestants. Au XIXe siècle, on a même envisagé d'y faire passer une route. L'idée a heureusement été abandonnée.

L'arche de Vallon Pont d'Arc

Et puis il y a l'histoire que l'on se raconte le soir au camping. Un abbé aurait plongé du haut de l'arche, en soutane ou presque, devant une foule massée sur la plage. Personne n'a jamais retrouvé la date, mais tout le monde connaît quelqu'un qui y était. Le candidat le plus crédible s'appelle Robert Simon, un curé du Doubs surnommé l'abbé volant. De 1947 à 1962, pour payer la restauration de son église, il a enchaîné 110 plongeons de 35 mètres partout en France, du Vieux-Port de Marseille à la Seine en plein hiver. Le Pont d'Arc et ses 54 mètres avaient exactement le profil de ses coups d'éclat. Vrai ou pas, il ne pourrait plus recommencer : depuis 2014, un arrêté municipal interdit les plongeons dans tout le secteur de l'arche.

Vallon-Pont-d'Arc, le camp de base

Le village lui-même est petit, deux mille habitants hors saison, mais en été il devient la capitale du canoë. Tous les loueurs sont là, les campings s'étirent le long de la rivière, et le marché du jeudi matin remplit les rues du centre. C'est le point de départ logique pour tout ce qui suit : le Pont d'Arc est à dix minutes, la grotte Chauvet 2 à cinq, et la route panoramique des gorges commence juste après.

Deux plages de galets encadrent l'arche, une en amont et une en aval. On s'y baigne, on y pique-nique, on y regarde passer les canoës. En juillet-août, le parking du belvédère est payant et vite plein ; les habitués arrivent avant dix heures ou reviennent en fin de journée, quand la lumière rasante colore la pierre en orange.

La descente des gorges en canoë

C'est l'activité reine, et elle mérite sa réputation. Depuis Vallon-Pont-d'Arc, la descente complète fait 32 kilomètres jusqu'à Saint-Martin-d'Ardèche, en passant sous le Pont d'Arc dès le début. On peut la faire en une journée si on rame sérieusement, ou en deux jours avec une nuit en bivouac. Les seules aires autorisées pour dormir sont celles de Gaud et de Gournier, dans la réserve naturelle, et il faut s'y inscrire à l'avance : le nombre de places est limité pour protéger le site.

Le parcours alterne longs plans d'eau calmes et petits rapides, rien de dangereux quand le niveau est normal, mais assez pour se mouiller et se faire chahuter. Sur les rives, des falaises de plus de 200 mètres, des hérons, parfois un aigle de Bonelli. Ceux qui préfèrent garder les pieds au sec ont la route touristique des gorges, 30 kilomètres de virages et une dizaine de belvédères aménagés, dont celui de la Madeleine et le balcon des Templiers.

Sous terre, sur les sentiers et à vélo

On vient en Ardèche pour le canoë, mais on y revient pour le reste. Le plateau calcaire est troué comme une éponge : plusieurs centaines de cavités, dont une partie s'explore avec un moniteur. Les demi-journées d'initiation à la spéléologie se font en famille dès 6 ou 7 ans, casque, combinaison et lampe fournis, et l'on ressort avec la sensation d'avoir vu l'envers du décor. Il fait 12 degrés toute l'année dans les grottes, prévoyez de quoi vous couvrir.

Pour les marcheurs, les sentiers sont innombrables. Le plus spectaculaire longe le fond des gorges sur deux jours, avec les mêmes bivouacs que les canoës. En haut, le GR 4 traverse les plateaux de garrigue d'un belvédère à l'autre, et les petits sentiers de la Combe d'Arc permettent de contourner l'arche et de rejoindre le côté Chauvet. Le matin tôt, avant la chaleur, c'est la meilleure heure.

Reste le vélo. Le relief est sérieux, la route des gorges enchaîne les montées, et ceux qui grimpent bien s'en donnent à cœur joie. Les autres ont la Via Ardèche, une voie verte aménagée sur un ancien tracé ferroviaire entre Vogüé et Grospierres, plate et ombragée, idéale avec des enfants ou en vélo électrique. Chaque mois de juin, l'Ardéchoise remplit d'ailleurs les cols du département de milliers de cyclistes venus souffrir pour le plaisir.

18 décembre 1994 : trois spéléologues découvrent une grotte

Revenons à la Combe d'Arc, ce méandre abandonné par la rivière. C'est là, en haut d'une falaise du cirque d'Estre, que trois spéléologues ardéchois ont senti un souffle d'air sortir d'un trou masqué par la végétation. Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire ont dégagé le passage, sont descendus, et ont trouvé ce qu'aucun humain n'avait vu depuis plus de 20 000 ans.

La grotte Chauvet

Sur les parois défilent lions, rhinocéros et mammouths, mais aussi ours, chevaux et bisons. Plus d'un millier de peintures et de gravures, dont 447 représentations d'animaux de quatorze espèces différentes. Les datations ont donné 36 000 ans, soit près de deux fois l'âge de Lascaux. Ce qui a sidéré les spécialistes, ce n'est pas seulement l'ancienneté : c'est la maîtrise. Les artistes de Chauvet utilisaient l'estompe, gravaient les contours pour les faire ressortir, dessinaient les animaux de profil avec plusieurs têtes pour donner l'idée du mouvement. Le panneau des lions, une meute qui chasse des bisons, reste l'une des images les plus fortes de tout l'art préhistorique.

Pourquoi une conservation pareille ? Parce que la nature a fermé la porte. Après une série d'effondrements, l'entrée a été bouchée pour de bon il y a au moins 21 500 ans par 4 500 mètres cubes de roche. Personne n'est entré, l'air n'a presque pas bougé, et les dessins nous sont arrivés intacts. À l'échelle de l'humanité, 1994 est une date récente. Depuis, une seule autre grande cavité ornée a été trouvée en France, celle de Cussac en Dordogne en 2000, mais rien d'aussi ancien ni d'aussi spectaculaire.

Chauvet 2 : la copie qu'il faut voir

L'originale est fermée au public, et elle le restera : les visiteurs de Lascaux ont abîmé les peintures en vingt ans, personne ne veut recommencer. Depuis 2015, Chauvet 2, sur les hauteurs de Vallon-Pont-d'Arc, permet de visiter la plus grande réplique de grotte ornée au monde. Ses 3 000 mètres carrés de parois, de sols et de plafonds ont été reconstitués à l'échelle 1 à partir de 6 000 photographies. On y retrouve la température, l'humidité et le silence du site d'origine.

La visite dure environ une heure, en petit groupe et avec un guide. On entend les gens se taire d'eux-mêmes devant le panneau des lions. Autour, un parc de quinze hectares abrite une galerie sur l'Aurignacien, un campement paléolithique reconstitué et un restaurant avec vue sur les monts d'Ardèche. En septembre 2026, le site est ouvert tous les jours de 9 h à 19 h, et la réservation en ligne évite la file. Comptez une demi-journée, davantage avec des enfants.

Ce qu'il reste à voir autour

Si le sous-sol vous a plu, l'aven d'Orgnac est à vingt minutes : une descente à 120 mètres sous terre dans des salles immenses, avec une Cité de la préhistoire qui complète bien Chauvet. Plus près, la grotte de la Madeleine se visite depuis la route des gorges. Côté villages, Balazuc et Vogüé, classés parmi les plus beaux de France, sont à une demi-heure au nord, accrochés à leurs falaises au-dessus de la rivière.

Un dernier conseil pour ceux qui viennent hors saison : c'est le meilleur moment. En mai, en juin ou en septembre, l'eau est encore bonne, les canoës sont moins nombreux, et le Pont d'Arc se retrouve presque seul avec sa rivière. Comme il y a 500 000 ans.