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Casque à vélo et en trottinette : pourquoi l'obligation pourrait devenir réalité en 2027

Santé par Camille 17 lectures

Un bilan qui alarme les autorités

Le bilan provisoire de l'accidentalité routière 2025, publié le 30 janvier 2026 par l'Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR), est sans appel : 80 utilisateurs d'engins de déplacement personnel motorisés, très majoritairement des trottinettes électriques, sont morts sur les routes de France en 2025. 1100 autres ont été gravement blessés. C'est 33 % de plus qu'en 2024, alors que la mortalité routière globale n'a progressé que de 2 % sur la même période. Et sur la durée, la hausse est encore plus impressionnante : le nombre de morts en trottinette électrique a plus que quadruplé depuis 2019, où on en comptait à peine une dizaine.

Le vélo n'est pas épargné non plus. Hors agglomération surtout, la mortalité cycliste augmente elle aussi depuis quelques années, au point que la sécurité routière elle-même parle d'un sursaut collectif nécessaire.

Pourquoi la tête trinque en premier

Derrière ces chiffres, un même constat revient sans cesse chez les médecins : c'est la tête qui encaisse le plus souvent le choc, et encore plus en trottinette qu'à vélo. Quand on tombe de trottinette, c'est presque toujours vers l'avant, ce qui expose directement le crâne, le visage et les bras. Le crâne est touché dans 74% des accidents de trottinette, contre 43% des accidents de vélo, où la chute se fait plutôt sur le côté.

C'est exactement ce que le casque limite. D'après les chiffres transmis par la sécurité routière au Parlement, il réduit d'environ 70% le risque de blessure sérieuse à la tête, de 31% le risque de blessure mineure, et de 28% le risque de blessure au visage.

Casque bientôt obligatoire en trottinette

Des séquelles qui peuvent durer toute une vie

Un traumatisme crânien, ce n'est pas juste une bosse et quelques points de suture. Selon la violence du choc, on peut se retrouver avec des commotions à répétition, des troubles durables de la mémoire, de la concentration ou de l'équilibre, des mois de rééducation, voire un accompagnement à vie dans les cas les plus graves. C'est cette réalité-là, bien plus que le simple comptage des morts, qui pèse dans le débat sur le casque obligatoire : un accident évité, c'est aussi des mois d'hôpital et de rééducation en moins pour la victime et pour ses proches.

Le drame qui a relancé le débat au Parlement

Ce sont souvent des accidents précis, relayés dans la presse locale, qui remettent le sujet sur la table à l'Assemblée nationale. Un exemple parmi d'autres : un député de la Manche a interpellé le ministère de l'Intérieur après la mort de Mindy, 13 ans, tuée alors qu'elle circulait hors agglomération sans casque. Un accident qu'il a présenté comme loin d'être isolé, vu la progression du nombre de morts en trottinette électrique d'une année sur l'autre. Des questions similaires reviennent régulièrement à l'Assemblée depuis 2019, posées par des députés de tous bords : le problème n'a jamais vraiment disparu des radars.

La proposition de loi n° 1810 : ce qu'elle changerait

Le 16 septembre 2025, une proposition de loi (numéro 1810) a été déposée à l'Assemblée nationale pour rendre le casque obligatoire à tous les conducteurs de vélos, trottinettes et EDPM, en ville comme ailleurs, adultes et mineurs. Le texte a été renvoyé à la commission des lois, avec un examen possible courant 2026, sans date fixée pour l'instant. Si elle passait telle quelle, rouler sans casque deviendrait une contravention de quatrième classe, avec une amende de 135 euros, partout et pour tout le monde.

Mais ce genre de proposition est déposé régulièrement depuis des années sans jamais aller au bout du processus. Plusieurs associations de cyclistes s'y opposent, de peur qu'une obligation généralisée décourage les gens de faire du vélo au quotidien, un effet déjà constaté dans d'autres pays qui ont testé la mesure avant de faire machine arrière.

Pourquoi 2027 plutôt que 2026

Même si la commission des lois examine le texte dès cette année, le temps que ça passe en séance, éventuellement au Sénat, puis que ce soit promulgué, une entrée en vigueur avant 2027 paraît difficilement tenable. Et rien ne dit d'ailleurs que le texte ira jusqu'au bout : il pourrait tout aussi bien être modifié en profondeur, mis de côté, ou tout simplement abandonné, comme d'autres propositions avant lui.

Ce qui existe déjà, en attendant

Pour l'instant, les règles varient encore beaucoup selon l'endroit. Le casque est obligatoire pour les cyclistes de moins de douze ans partout en France depuis 2017, et pour tout utilisateur d'EDPM hors agglomération. En ville, plusieurs villes et départements ont pris les devants de leur côté avec leurs propres arrêtés : les Alpes-Maritimes et Nice en premier, puis le Nord, le Pas-de-Calais, Nîmes, et depuis le 1er juillet 2026, tout le département du Vaucluse. Avec la pression des chiffres de l'accidentalité, ce genre de décision locale a de bonnes chances de se multiplier avant même qu'une loi nationale ne tranche.