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Comment bien choisir ses plantes d'intérieur ?

Maison 5 min de lecture par Caroline - 77 lectures

Choisir une plante d'intérieur se fait trop souvent après un coup de cœur en jardinerie sans se poser la question qui compte vraiment : est-ce que l'endroit où elle va vivre lui convient ? Une plante qui dépérit au bout de quelques semaines n'est pas toujours une plante fragile, c'est souvent une plante mal placée.

Quelle orientation pour la plante ?

La lumière est le premier critère à vérifier, avant même la couleur du feuillage ou la forme du pot. Une pièce orientée au nord reçoit une lumière indirecte toute la journée, sans qu'un rayon de soleil ne rentre : elle convient à des plantes comme le pothos, le zamioculcas ou la sansevieria, capables de pousser avec très peu de lumière.

Une pièce exposée au sud, à l'inverse, est nourrie des rayons du soleil une bonne partie de la journée, ce qui convient à des plantes originaires de milieux arides comme les cactus et certaines succulentes, mais qui peut brûler le feuillage plus fragile d'une fougère ou d'un calathea placé trop près de la fenêtre.

La salle de bains convient mieux qu'un salon chauffé

L'humidité ambiante joue un rôle presque aussi important, et varie beaucoup d'une pièce à l'autre dans une même maison. Une salle de bains avec douche, plus humide que le reste du logement, convient bien aux fougères et aux orchidées, qui souffrent au contraire de l'air sec d'un salon chauffé en hiver. Un salon ou une chambre, plus secs, conviennent mieux à des plantes comme le ficus ou le dracaena, qui tolèrent sans problème un air plus sec toute l'année.

Bien choir ses plantes d'intérieur

Le pothos ne meurt presque jamais

Pour qui débute et veut limiter les mauvaises surprises, quelques plantes ont la réputation méritée de pardonner les oublis d'arrosage et les emplacements imparfaits. Le pothos pousse presque partout, tolère la lumière faible et repart facilement d'une simple bouture dans l'eau. La sansevieria, aussi appelée langue de belle-mère, supporte des semaines sans arrosage grâce à ses feuilles épaisses qui stockent l'eau. Le zamioculcas suit le même principe et reste vert même dans un couloir sans fenêtre.

L'étude de la NASA ne prouve pas ce qu'on lui fait dire

L'argument le plus souvent avancé pour justifier l'achat d'une plante verte, la purification de l'air intérieur, mérite d'être nuancé sérieusement. Il repose sur une étude de la NASA menée en 1989, qui a effectivement mesuré une réduction de polluants comme le benzène ou le formaldéhyde, mais dans des chambres hermétiquement closes, sans aucun renouvellement d'air, et avec des concentrations de polluants bien supérieures à celles d'un logement ordinaire.

Une méta-analyse de 2019, menée par les chercheurs Cummings et Waring, a calculé qu'il faudrait entre 10 et 1000 plantes par mètre carré pour obtenir un effet mesurable dans un appartement normalement ventilé. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a d'ailleurs précisé en 2023 que l'efficacité dépolluante des plantes en conditions réelles d'habitation n'était pas démontrée, et recommande de ne pas en faire l'unique méthode de purification de l'air intérieur. Une bonne aération reste, de loin, plus efficace qu'un pot de lierre.

Le vrai bénéfice n'a rien à voir avec l'air

Cela ne retire rien à l'intérêt réel des plantes vertes, qui tient ailleurs : elles apportent une présence végétale qui participe au bien-être et à l'ambiance d'une pièce, un effet documenté indépendamment de toute question de purification de l'air.

Trop arroser l'hiver tue plus vite que l'oubli

L'entretien lui-même change selon la saison, un point souvent oublié une fois la plante installée. En automne et en hiver, la croissance ralentit nettement et l'arrosage doit suivre le mouvement : la plupart des plantes d'intérieur ont besoin de deux à trois fois moins d'eau qu'en pleine période de croissance, entre le printemps et la fin de l'été. Arroser une plante au même rythme toute l'année, hiver compris, est l'une des causes les plus fréquentes de pourrissement des racines, bien plus qu'un excès de lumière ou un emplacement mal choisi.

Le pot ne se change pas au calendrier

Le rempotage suit une logique différente, qui se voit directement sur la plante plutôt qu'à la lecteur d'un calendrier. Des racines qui sortent par le trou de drainage, une croissance qui ralentit fortement malgré un arrosage et une lumière corrects ou une motte de terre qui se dessèche en quelques heures après l'arrosage sont les signes les plus fiables qu'un pot est devenu trop petit. En dehors de ces signes, la plupart des plantes d'intérieur n'ont pas besoin d'être rempotées plus d'une fois tous les deux ou trois ans.

Le lys peut tuer un chat

Un dernier point mérite d'être vérifié avant l'achat quand un chat ou un chien partage la maison : toutes les plantes d'intérieur ne sont pas sans danger pour eux. Le lys et le spathiphyllum, très communs en pot ou en bouquet, sont particulièrement toxiques pour les chats : quelques grammes de feuilles peuvent provoquer une insuffisance rénale aiguë. Le ficus contient un latex irritant, le pothos et le monstera provoquent une salivation excessive et des vomissements en cas de mastication, et le yucca contient une substance qui perturbe la digestion.

À l'inverse, le chlorophytum (la plante araignée), certaines variétés de calathea et le palmier areca sont généralement considérés comme sans danger pour les chats et les chiens, ce qui en fait des choix plus sûrs dans un foyer avec animaux. En cas de doute sur une espèce précise, mieux vaut vérifier avant l'achat plutôt qu'après une ingestion accidentelle.

Au final, une plante d'intérieur qui tient dans la durée est rarement le fruit du hasard : elle correspond à la lumière réellement disponible dans la pièce, à l'humidité ambiante, au rythme d'arrosage et, le cas échéant, à la présence d'un animal dans le foyer.