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Acheter ou louer : toutes les questions à se poser

Immobilier 8 min de lecture par Caroline - 64 lectures

Acheter son logement est souvent présenté comme une étape incontournable dans sa vie d'adulte. Louer serait, à l’inverse, une solution provisoire qu’il faudrait changer dès que les revenus le permettent. La réalité est beaucoup moins simple.

Le prix de l’immobilier, les revenus, l’épargne disponible, la stabilité professionnelle, l’âge et les projets de vie changent complètement l’équation. Une personne peut avoir intérêt à rester locataire quelques années, tandis qu’une autre peut avoir intérêt à acheter rapidement. Entre les deux, les conditions du crédit peuvent également modifier profondément le résultat final.

La bonne question n’est donc pas seulement « faut-il acheter ou louer ? », mais plutôt : quelle solution correspond à sa situation actuelle et à celle que l’on imagine dans dix, vingt ou trente ans ?

Louer peut être un choix raisonnable… à condition de regarder ce que l’on fait de son argent

La location offre une liberté que l’achat ne permet pas toujours. On peut déménager plus facilement, éviter certaines dépenses liées à la propriété et ne pas s’engager pendant plusieurs années dans un crédit immobilier.

Mais il existe une autre question, souvent moins posée : que fait-on de la différence entre ses revenus et ses dépenses de logement ? Louer pendant dix ans peut être parfaitement cohérent si cette période permet de constituer une épargne, un apport ou un patrimoine financier.

Acheter ou louer

À l’inverse, si aucune épargne n’est constituée, les années passent sans créer de patrimoine immobilier. Le loyer continue alors d’être versé, y compris à la retraite, lorsque les revenus peuvent diminuer sensiblement. L’épargne peut donc changer complètement le bilan d’une longue période de location.

Quand les prix rendent l’achat difficile

Le marché immobilier n’offre pas les mêmes possibilités partout ni à toutes les périodes. Dans certaines zones très chères, acheter une maison ou même un appartement peut imposer une mensualité difficilement compatible avec le budget d’un ménage.

Rester locataire peut alors permettre de vivre dans un logement correspondant mieux à ses besoins sans consacrer une part excessive de ses revenus au remboursement d’un crédit. Le choix peut également évoluer après un déménagement vers une région où les prix sont plus accessibles.

C’est une donnée importante : un parcours immobilier n’est pas figé. Une personne peut être locataire pendant une première partie de sa vie, puis devenir propriétaire quelques années plus tard lorsque ses revenus, son épargne ou son lieu de résidence rendent l’opération plus accessible.

Que regarde une banque avant d’accorder un prêt immobilier ?

Pour acheter, il faut évidemment pouvoir obtenir un financement. La banque étudie notamment les revenus, les charges, les crédits déjà en cours, la stabilité de la situation professionnelle, l’épargne et l’apport disponible. Elle regarde aussi la capacité du ménage à supporter durablement la mensualité.

Le montant de l’apport n’est pas le seul élément déterminant. Un dossier présentant des revenus réguliers, une gestion financière maîtrisée et une capacité d’épargne peut être différent d’un dossier dans lequel l’intégralité du projet dépend du crédit.

Il faut également prévoir les frais liés à l’achat et au financement. Le prix affiché du logement ne représente pas nécessairement la totalité de l’argent à mobiliser.

15 ans, 20 ans, 25 ans ou 30 ans : la durée change tout

La durée du prêt est l’un des choix les plus importants. Sur une durée courte, les mensualités sont plus élevées, mais le capital est remboursé plus rapidement et le coût des intérêts est généralement plus faible. Sur 25 ou 30 ans, la mensualité devient plus accessible, mais le coût total du financement augmente.

Il faut donc regarder autre chose que la mensualité annoncée. Un prêt de 600 euros par mois peut sembler plus confortable qu’un prêt de 900 euros, mais il faut comparer le montant total versé à la banque.

La durée doit également être replacée dans le calendrier de vie. Un crédit de 25 ans commencé à 30 ans se termine théoriquement à 55 ans. Commencé à 35 ans, il mène à 60 ans. Sur 30 ans, le même achat peut conduire jusqu’à 65 ans. La question devient alors : à quel âge souhaite-t-on ne plus avoir de crédit immobilier ?

Le cas d’un crédit court : payer plus aujourd’hui pour être libre plus tôt

Un crédit sur 15 ans peut demander un effort mensuel important. Mais lorsque le budget le permet, il présente une conséquence très concrète : la dette disparaît beaucoup plus tôt.

Prenons un parcours où une maison a été achetée avec une mensualité d’environ 963 euros, assurance comprise, sur 15 ans. Une fois les dernières échéances passées, cette somme n’est plus consacrée au remboursement du logement. Les années suivantes peuvent alors être utilisées pour financer des travaux, renforcer l’épargne ou préparer la retraite.

Dans cet exemple, les intérêts payés sur les cinq dernières années représentent environ 2 750 euros, et le coût des intérêts sur l’ensemble du prêt reste nettement inférieur au montant du capital emprunté. Ce type de choix demande davantage d’effort au départ, mais modifie fortement la situation une fois le crédit terminé.

Le crédit long : une mensualité plus légère, mais un coût exorbitant

À l’inverse, un prêt sur 25 ans peut permettre d’acheter avec une mensualité plus faible. Cette solution peut être nécessaire lorsque les revenus ne permettent pas d’absorber une échéance élevée.

Mais la durée supplémentaire a un prix. Plus le capital reste emprunté longtemps, plus les intérêts s’accumulent. Une mensualité confortable peut donc conduire à un coût total du logement beaucoup plus élevé.

Il serait pourtant injuste de considérer systématiquement le crédit long comme une mauvaise décision. Pour certains ménages, il peut représenter la seule façon de devenir propriétaires sans mettre en danger leur budget quotidien. Le choix consiste alors à arbitrer entre confort mensuel, coût total et âge auquel le prêt sera terminé.

Acheter, c’est aussi préparer la retraite et éventuellement transmettre

Un logement acheté et entièrement remboursé ne supprime pas toutes les dépenses : il faut toujours prévoir l’entretien, les travaux, les impôts et les charges éventuelles. Mais il n’y a plus de mensualité de crédit.

Cette différence prend une importance particulière au moment de la retraite. Les revenus peuvent diminuer alors que le loyer continue d’être payé et peut évoluer au fil du temps. Un propriétaire qui a terminé son crédit doit toujours financer son logement, mais il ne supporte plus le même poids mensuel.

La propriété peut également constituer un patrimoine transmissible aux enfants. Un bien immobilier peut être conservé, vendu ou transmis selon les choix de la famille. C’est une dimension qui dépasse largement la seule question du logement pendant la vie active.

L’assurance du prêt : une protection à ne pas négliger à deux

Lorsqu’un achat est financé par deux co-emprunteurs, la quotité de l’assurance emprunteur mérite une attention particulière. Une couverture à 100 % pour chacun des deux emprunteurs peut permettre, en cas de décès de l’un, la prise en charge de la totalité du capital restant dû par l’assurance, selon les garanties, exclusions et conditions du contrat.

Avec une quotité répartie à 50/50, par exemple, le décès de l’un des deux co-emprunteurs ne conduit pas au remboursement intégral du prêt : seule la part assurée est prise en charge.

Le coût d’une couverture renforcée doit évidemment être comparé à la protection apportée. Mais lorsqu’un logement est acheté à deux, cette question mérite d’être étudiée avant de choisir uniquement sur le montant de la mensualité.

Alors, acheter ou louer ? La question est surtout celle de son propre calendrier

Les parcours immobiliers montrent qu’il n’existe pas une seule trajectoire. Certains restent locataires longtemps parce que les prix rendent l’achat difficile. D’autres achètent jeunes, revendent quelques années plus tard et terminent leur parcours immobilier avant la retraite. Certains privilégient un crédit court et des mensualités élevées ; d’autres choisissent une durée plus longue pour préserver leur budget.

La génération précédente a également connu des conditions immobilières très différentes. Lorsque les prix étaient beaucoup plus bas, acheter un premier appartement jeune pouvait permettre de constituer progressivement un patrimoine puis de changer de logement. Les mêmes stratégies ne sont pas nécessairement accessibles dans les mêmes conditions aujourd’hui.

Avant de choisir, plusieurs questions méritent donc d’être posées : combien peut-on réellement épargner ? Combien peut-on consacrer au logement sans se mettre en difficulté ? Combien de temps pense-t-on rester dans le logement ? À quel âge le crédit serait-il terminé ? Et que se passerait-il si les revenus baissaient à la retraite ?

Acheter ou louer n’est finalement pas un concours entre deux solutions. C’est un choix qui engage une trajectoire financière et personnelle. L’essentiel est peut-être moins de suivre une règle générale que de comprendre les conséquences de chaque option avant de s’engager.