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Trou dans la couche d’ozone : une évolution sous surveillance

Sciences 5 min de lecture par Pascal - 55 lectures

Le trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique attire de nouveau l’attention. Les premières données disponibles montrent un phénomène apparu un peu plus tôt que la moyenne et une progression rapide au début du mois. À quelques jours de la Journée internationale de la préservation de la couche d’ozone, le constat peut sembler préoccupant. Pourtant, cette évolution annuelle doit être replacée dans une perspective beaucoup plus longue.

Chaque année, le trou se forme au-dessus de l’Antarctique pendant le printemps austral. Sa superficie augmente généralement entre août et octobre, avant de diminuer lorsque les conditions atmosphériques changent. Le maximum est habituellement observé entre la mi-septembre et la mi-octobre. En 2026, les premiers indicateurs montrent donc surtout un démarrage plus précoce et une évolution plus marquée sur certaines périodes.

Un trou apparu plus tôt qu’à l’habitude

Les données publiées par le service européen Copernicus montrent que le seuil considéré comme significatif a été atteint un peu plus tôt que la moyenne cette année. Le début du mois de septembre a également été marqué par une augmentation rapide de la superficie observée. Ces éléments expliquent les comparaisons avec les années précédentes, mais ils ne permettent pas encore de connaître la taille maximale que le trou atteindra.

Le trou dans la couche d'ozone s'agrandit en 2026

Cette distinction est importante. À ce stade du printemps austral, le phénomène continue normalement d’évoluer. Une photographie prise au début du mois de septembre ne suffit donc pas à caractériser l’ensemble de la saison. Les prochaines semaines permettront de voir comment la superficie évolue avant le maximum annuel, puis au moment de sa résorption.

Pourquoi la superficie change-t-elle chaque année ?

Le trou dans la couche d’ozone n’est pas identique d’une année à l’autre. Sa formation dépend à la fois de la présence de substances chimiques qui détruisent l’ozone et des conditions qui règnent dans la stratosphère. Les températures, les vents et la dynamique du vortex polaire peuvent ainsi modifier fortement son développement.

Deux années consécutives peuvent donc présenter des superficies très différentes sans que cela traduise nécessairement un retournement durable de la tendance. La variabilité météorologique joue un rôle important dans les mesures annuelles. Pour évaluer l’état réel de la couche d’ozone, les scientifiques s’appuient par conséquent sur des observations accumulées sur plusieurs décennies.

2025 avait au contraire été une année particulièrement favorable

La comparaison avec 2025 montre bien pourquoi il faut éviter de tirer des conclusions trop rapides à partir d’une seule année. Selon l’Organisation météorologique mondiale, le trou observé en 2025 figurait parmi les plus petits enregistrés depuis plusieurs décennies. Copernicus avait également indiqué qu’il s’agissait du plus petit trou observé depuis cinq ans et qu’il s’était refermé le 30 novembre, relativement tôt dans la série récente.

Le contraste entre 2025 et les premières observations de 2026 ne signifie donc pas que la récupération de la couche d’ozone aurait soudainement pris fin. Il illustre plutôt l’amplitude des variations que le phénomène peut connaître d’une saison à l’autre. C’est précisément pour cette raison que les données de plusieurs années doivent être considérées ensemble.

Le protocole de Montréal reste déterminant

L’évolution actuelle de la couche d’ozone doit également être mise en regard d’une décision internationale prise il y a près de quarante ans. Le Protocole de Montréal, signé en 1987 et entré en vigueur en 1989, a progressivement réduit l’utilisation de nombreuses substances responsables de la destruction de l’ozone, notamment certains composés halogénés.

Ces substances peuvent rester longtemps dans l’atmosphère. Leur diminution est donc lente et la réponse de la couche d’ozone ne peut pas être immédiate. Mais la baisse progressive de leur concentration crée les conditions nécessaires à une reconstitution de la couche. C’est l’une des raisons pour lesquelles les scientifiques continuent d’observer une trajectoire générale de récupération malgré les variations annuelles.

Une récupération qui prendra encore plusieurs décennies

La couche d’ozone joue un rôle essentiel en absorbant une partie importante des rayonnements ultraviolets du Soleil. Elle se situe principalement dans la stratosphère, entre environ 10 et 40 kilomètres d’altitude. Cette protection concerne l’ensemble des êtres vivants, car certains rayonnements ultraviolets peuvent endommager les cellules et le matériel génétique.

Les évaluations scientifiques internationales indiquent cependant que le retour aux niveaux de 1980 ne se fera pas partout au même rythme. Les projections citées par le ministère français de la Transition écologique situent notamment ce retour vers 2040 pour une grande partie du monde, 2045 au-dessus de l’Arctique et autour de 2066 au-dessus de l’Antarctique, selon les politiques actuellement appliquées.

Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines ?

Le trou devrait encore évoluer au cours des prochaines semaines avant d’atteindre son maximum, puis de diminuer avec la fin du printemps austral. Les données quotidiennes de Copernicus permettront de suivre cette évolution et de comparer 2026 aux années précédentes.

Les premières observations de septembre invitent donc surtout à la vigilance, sans remettre en question à elles seules la tendance de fond. Une année plus précoce ou plus marquée ne suffit pas à effacer plusieurs décennies d’observations. Le véritable indicateur reste l’évolution à long terme de la couche d’ozone, dans un contexte où les substances responsables de son appauvrissement sont progressivement moins présentes dans l’atmosphère.