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Épargne : pourquoi l’assurance-vie attire davantage les Français ?

Finance 6 min de lecture par Julie - 67 lectures

L’assurance-vie vient de franchir un nouveau cap en France. En juillet 2026, les cotisations versées sur les contrats ont atteint 18,8 milliards d’euros, soit 1% de plus qu’en juillet 2025. Ce montant constitue un nouveau record pour un mois de juillet, légèrement supérieur aux 18,7 milliards enregistrés un an plus tôt.

La collecte nette, c’est-à-dire la différence entre les versements et les prestations versées aux épargnants, reste elle aussi largement positive. Elle s’est établie à 4,7 milliards d’euros en juillet. Depuis le début de l’année, les cotisations atteignent 127,8 milliards d’euros, en hausse de 9% sur un an. La collecte nette cumulée atteint 41,3 milliards d’euros, soit 8,7 milliards de plus qu’à la même période de 2025.

L’encours total des contrats d’assurance-vie atteint désormais 2 174 milliards d’euros à fin juillet, en progression de 6,3% sur un an. Ces chiffres montrent surtout que ce produit reste une place majeure de l’épargne des ménages français.

Le mouvement ne concerne pas uniquement les supports garantis

Derrière ces montants, un changement mérite particulièrement d’être observé. Les Français versent de plus en plus d’argent sur les unités de compte, c’est-à-dire des supports dont la valeur évolue notamment en fonction des marchés financiers et qui ne bénéficient pas de la même garantie en capital que les fonds en euros.

En juillet, les unités de compte représentaient 42% des cotisations d’assurance-vie. Sur les sept premiers mois de 2026, leur part atteint 40%. Depuis janvier, elles concentrent 31,3 milliards d’euros de collecte nette, contre 10 milliards pour les supports en euros.

L'assurance-vie plébiscitée

Cela ne signifie pas que les épargnants ont abandonné les fonds en euros. Les versements sur ces supports progressent encore de 8% depuis le début de l’année. Mais la progression des unités de compte est plus rapide, avec des cotisations en hausse de 11% sur la même période.

Cette évolution est importante parce qu’elle montre que l’assurance-vie sert aujourd’hui à des stratégies d’épargne assez différentes. Certains ménages recherchent toujours un support plus prudent, tandis que d’autres acceptent davantage de fluctuations pour chercher un potentiel de rendement supérieur à long terme.

Pendant ce temps, les livrets réglementés marquent le pas

Le contraste avec les principaux livrets d’épargne réglementée est assez net. En juillet, le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire ont enregistré ensemble une collecte de seulement 50 millions d’euros. Le Livret d’épargne populaire a, lui, connu une décollecte de 90 millions d’euros.

Ces chiffres ne signifient pas que les Français retirent massivement leur argent de leurs livrets. Les encours restent considérables : le Livret A et le LDDS totalisaient encore 608,4 milliards d’euros à la fin juillet, tandis que le LEP représentait 83,4 milliards d’euros.

Le ralentissement de la collecte traduit plutôt une période moins favorable aux nouveaux dépôts. Le Livret A reste pourtant très largement détenu en France et conserve une caractéristique importante pour les épargnants : l’argent reste disponible à tout moment. Les livrets réglementés répondent donc à une logique différente de celle de l’assurance-vie, qui est davantage associée à une épargne de moyen ou long terme.

Pourquoi l’assurance-vie retrouve-t-elle autant d’intérêt ?

Plusieurs éléments permettent de comprendre cette dynamique. L’assurance-vie bénéficie d’abord d’une grande diversité de supports. Un même contrat peut accueillir des fonds en euros et des unités de compte, ce qui permet aux épargnants de répartir leur argent entre plusieurs types de placements.

Le contexte de taux joue également un rôle. Les fonds en euros ont retrouvé un environnement plus favorable après la remontée des taux d’intérêt des dernières années. Dans le même temps, les marchés financiers ont continué d’attirer une partie de l’épargne vers les unités de compte.

Il faut cependant éviter de transformer ces chiffres en conseil automatique. Une unité de compte peut évoluer à la hausse comme à la baisse et le capital n’y est généralement pas garanti. À l’inverse, les livrets réglementés offrent une disponibilité immédiate de l’épargne et un cadre différent. Les deux produits ne répondent donc pas exactement au même besoin.

La progression de l’assurance-vie indique surtout que les ménages disposent de plusieurs solutions et qu’une partie d’entre eux choisit actuellement d’orienter davantage de nouveaux versements vers les contrats d’épargne à long terme.

Une épargne française qui reste très importante

Au-delà de la comparaison entre produits, ces chiffres rappellent l’importance de l’épargne accumulée par les ménages français. Avec 2 174 milliards d’euros d’encours à fin juillet, l’assurance-vie représente à elle seule une masse financière considérable.

Cette épargne ne reste d’ailleurs pas entièrement immobile. Les supports proposés dans les contrats permettent de financer différents actifs, notamment des obligations et des actions. Les unités de compte peuvent ainsi contribuer au financement des entreprises et des marchés, tandis que les fonds en euros sont principalement investis dans des actifs obligataires et d’autres placements adaptés à leur fonctionnement.

Le choix d’un produit d’épargne dépend toutefois de nombreux paramètres : disponibilité souhaitée de l’argent, horizon de placement, fiscalité, niveau de risque accepté et objectifs du ménage. Les chiffres de collecte ne permettent donc pas de déterminer quel produit serait adapté à chaque épargnant.

Ils permettent en revanche d’observer une tendance collective assez claire : en 2026, l’assurance-vie attire une part importante des nouveaux versements, tandis que les livrets réglementés connaissent un rythme de collecte beaucoup plus faible.

Les habitudes d’épargne évoluent avec le contexte

Il serait prématuré de parler d’un abandon des livrets au profit de l’assurance-vie. Les montants placés sur le Livret A, le LDDS et le LEP restent considérables et ces produits conservent une fonction essentielle d’épargne disponible et de précaution.

Mais la comparaison des flux montre que les Français ne mettent pas nécessairement tout leur argent au même endroit. Une partie de l’épargne peut rester sur des produits très liquides pour faire face aux dépenses imprévues, tandis qu’une autre est orientée vers des placements destinés à rester investis plus longtemps.

C’est probablement cette diversification qui apparaît derrière les chiffres de 2026. L’assurance-vie ne remplace pas mécaniquement le Livret A, et les livrets réglementés ne disparaissent évidemment pas des habitudes françaises. Les épargnants semblent plutôt répartir leur épargne entre plusieurs supports en fonction de leurs besoins et du contexte financier.

Avec 127,8 milliards d’euros de cotisations sur les sept premiers mois de l’année, l’assurance-vie montre en tout cas qu’elle conserve une place centrale dans cette organisation. Le niveau de collecte observé en 2026 sera désormais à suivre dans les prochains mois pour voir si cette dynamique se confirme ou si les flux reviennent progressivement vers les produits d’épargne réglementée.