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Géraniums, agrumes, olivier : quand les mettre à l'abri ?

Maison par Charline -  5 min - 24 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Géraniums et agrumes rentrent dès que les nuits passent sous les 5 °C.
  • En pot, l'olivier et le laurier-rose restent dehors, à condition de protéger leurs racines.
  • À l'intérieur, une pièce lumineuse et fraîche vaut mieux qu'un salon trop chauffé.

Un matin, le pare-brise est blanc et la pelouse craque sous les pas. Sur la terrasse, les géraniums qui fleurissaient encore la veille ont pris une teinte noirâtre. Trop tard. Il suffit d'une seule nuit de gel pour perdre des plantes chouchoutées pendant des années. Le citronnier rapporté d'une pépinière en vacances, l'olivier offert pour un anniversaire, tous n'ont pas la même résistance au froid.

Rentrer tout le jardin dans le salon n'est ni possible ni souhaitable. Certaines plantes, comme les agrumes, doivent passer l'hiver à l'abri, d'autres supportent très bien le froid avec un peu d'aide. Voici comment s'y retrouver, et surtout à quel moment agir.

Les plantes à mettre à l'abri dès les premières nuits fraîches

Les plantes les plus fragiles viennent de régions où l'hiver est doux, voire inexistant. Leurs feuilles et leurs tiges gorgées d'eau éclatent dès que le thermomètre passe sous zéro, et le mal est souvent irréversible. Pour elles, inutile d'attendre la météo. Le bon repère, ce sont les températures nocturnes : quand elles descendent durablement autour de 5 °C, il est temps de déménager les pots.

Les géraniums, à rentrer avant les premières gelées

Les géraniums de nos balcons sont en réalité des pélargoniums, originaires d'Afrique du Sud. Ils ne supportent pas le gel. Avant de les rentrer, raccourcissez les tiges d'environ un tiers et retirez les fleurs fanées ainsi que les feuilles abîmées.

Installez-les ensuite dans un endroit clair et frais, hors gel : un garage éclairé par une fenêtre, une véranda ou une chambre peu chauffée. Arrosez très peu, juste assez pour que la motte ne se dessèche pas complètement. Le géranium passe l'hiver au ralenti, et un excès d'eau le fait pourrir bien plus sûrement que le froid. Ceux qui manquent de place connaissent une vieille astuce : dépoter les pieds, secouer la terre et les suspendre tête en bas dans une cave fraîche jusqu'au printemps.

Citronnier à l'abri du froid hivernal

Citronnier et oranger, des frileux à protéger

Les agrumes en pot comptent parmi les plantes les plus exposées. Le citronnier est le plus frileux. Même un gel léger l'abîme. Le calamondin et le kumquat se montrent un peu plus résistants, sans pour autant aimer les nuits glaciales.

Leur place idéale en hiver est une véranda ou une pièce très lumineuse, maintenue entre 5 et 12 °C environ. Évitez absolument la proximité d'un radiateur : l'air sec fait tomber les feuilles et attire les cochenilles. Un agrume qui perd un peu de feuillage en arrivant à l'intérieur ne doit pas inquiéter. C'est souvent sa réaction normale au changement de lumière.

Celles qui peuvent rester dehors, bien protégées

Certaines plantes méditerranéennes tolèrent quelques degrés sous zéro. Planté en pleine terre, un olivier adulte résiste même à des gelées sérieuses. Le problème vient du pot. Dans un bac exposé au vent, la terre gèle bien plus vite et plus profondément qu'au jardin, et ce sont les racines qui souffrent en premier. Isoler le contenant compte donc autant que protéger le feuillage.

L'olivier en pot, plus solide qu'on ne le croit

Inutile de faire entrer un olivier dans la maison : la chaleur et le manque de lumière l'affaibliraient. Il préfère rester dehors. Rapprochez le pot d'un mur exposé au sud, à l'abri des vents dominants. Surélevez-le sur des cales pour que l'eau ne stagne pas dessous et ne gèle pas.

Enveloppez ensuite le pot dans une toile de jute, du papier bulle ou une natte de paille. Par grand froid, un voile d'hivernage posé sur la ramure complète la protection. On le retire dès que les températures remontent, pour laisser la plante respirer.

Laurier-rose et autres méditerranéennes

Le laurier-rose supporte de petites gelées, mais il souffre quand le thermomètre descend franchement sous zéro. Dans les régions aux hivers doux, il reste dehors toute l'année, regroupé avec les autres pots contre la façade. Dans l'Est ou en montagne, mieux vaut le rentrer dans un local froid et clair.

Le même raisonnement vaut pour la lavande, le romarin ou le thym en pot. Leur ennemi n'est pas tant le froid que l'humidité stagnante de l'hiver. Un bon drainage et un contenant surélevé leur rendent plus service qu'une couverture. Ici, l'eau tue plus sûrement que le gel.

Réussir l'hivernage à l'intérieur

Rentrer une plante ne suffit pas à la sauver. Beaucoup meurent en plein hiver, non pas de froid, mais d'un emplacement mal choisi ou d'un arrosage généreux. Le salon chauffé à 20 °C ? Mauvaise idée. Elles y poussent trop vite, avec des tiges longues et pâles, faute de lumière suffisante pour suivre le rythme.

Trouver le bon endroit dans la maison

L'idéal réunit de la lumière, de la fraîcheur et l'absence de gel, trois conditions que l'on trouve souvent dans une véranda non chauffée, une cage d'escalier vitrée ou un garage percé d'une fenêtre. Plus la pièce est sombre, plus elle doit être fraîche, pour que la plante reste en repos.

Avant de rentrer les pots, inspectez le dessous des feuilles et le bord des contenants. Limaces, cochenilles ou araignées rouges profitent volontiers du voyage pour s'installer au chaud. Un coup de jet d'eau et le retrait des parties atteintes évitent une infestation en plein mois de janvier.

Arrosage et retour au jardin

En hiver, les plantes au repos boivent très peu. Moins, c'est mieux. Un arrosage toutes les deux à trois semaines suffit généralement, avec une eau à température ambiante. Un arrosoir rempli la veille et laissé dans la pièce fait parfaitement l'affaire. Glissez un doigt dans la terre : tant qu'elle reste fraîche en profondeur, on patiente.

Au printemps, ne vous précipitez pas. Les jardiniers attendent traditionnellement le passage des saints de glace, à la mi-mai, avant de sortir les potées fragiles. Habituez-les progressivement : quelques heures dehors à l'ombre les premiers jours, puis plus longtemps. Une plante sortie trop brusquement brûle au soleil aussi vite qu'elle gèlerait en novembre.