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Achats en ligne : plus de commandes, un panier en baisse

E-commerce Publié le 17/10/2026 par Hervé -  5 min - 70 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Les ventes en ligne progressent de 6,6 % au premier semestre 2026 selon la Fevad.
  • Le panier moyen baisse à 59,70 €, alors que le nombre de commandes grimpe de 13,5 %.
  • Les petits colis venus de hors de l'Union européenne paient 3 € par catégorie de produits.

Les Français n'ont jamais passé autant de commandes sur internet. D'après la Fevad, la fédération du secteur, le commerce en ligne progresse de 6,6 % au premier semestre 2026. Le chiffre cache pourtant un changement de comportement. On commande plus souvent, mais pour des montants plus modestes.

Ce glissement a des conséquences très concrètes sur le budget. Les frais de port s'additionnent, les seuils de livraison gratuite poussent à remplir le panier, et les colis expédiés depuis l'autre bout du monde coûtent désormais plus cher à cause de nouvelles taxes européennes.

Des commandes plus nombreuses, des paniers plus légers

Les données publiées le 21 septembre 2026 par la Fevad décrivent un marché qui accélère. La hausse atteint 4,7 % au premier trimestre, puis 8,5 % au deuxième. D'avril à juin, le chiffre d'affaires des sites marchands s'élève à 52,2 milliards d'euros. L'activité grandit donc, mais pas pour les raisons qu'on imagine.

Un panier moyen sous la barre des 60 €

Le nombre de transactions bondit de 13,5 % au deuxième trimestre. Dans le même temps, le panier moyen recule de 4,3 % et tombe à 59,70 €. En clair, la croissance vient du nombre de commandes, pas de leur montant.

La tendance n'est pas nouvelle. En 2025 déjà, selon le bilan annuel de la Fevad, la moitié des achats en ligne coûtait moins de 30 €. Un acheteur passait en moyenne 75 commandes dans l'année, pour 4 657 € dépensés au total. Selon la Fevad, le panier moyen d'un achat en ligne est passé à 59,70 € au deuxième trimestre 2026, en baisse de 4,3 % sur un an.

Le sport et la maison tirent les ventes

Tous les rayons ne progressent pas au même rythme. Au deuxième trimestre, le sport s'envole de 16,2 %. Le textile de maison suit avec 12,2 %. La tech et l'électroménager gagnent 8,5 %, devant la beauté à 7,4 %.

L'audience reste massive. Chaque mois, 53 millions d'internautes consultent au moins un des 20 sites ou applications de commerce les plus visités du pays. Cela représente plus de 9 Français sur 10 âgés de 11 ans et plus.

Retrait de petis colis

Les frais de port, coût discret des petites commandes

Multiplier les petites commandes a un prix que l'on voit rarement d'un coup d'œil. Chaque envoi peut entraîner des frais de livraison. Sur un panier de 25 €, quelques euros de port représentent vite une part importante de la dépense. Les vendeurs le savent, et ils ont trouvé la parade.

Le seuil de livraison gratuite, un piège à panier

La livraison offerte à partir d'un certain montant est devenue la règle sur de nombreux sites. Elle pousse à ajouter un article de plus pour atteindre la barre. Ce complément acheté dans ce seul but finit parfois au fond d'un placard.

Avant de valider, un calcul simple évite ce réflexe. Il suffit de comparer le prix de l'objet ajouté avec la livraison économisée. Quand il coûte plus cher que l'expédition, mieux vaut payer le port ou regrouper ses achats plus tard. Un t-shirt à 12 € pris pour éviter 4 € de frais revient à dépenser 8 € de plus.

Points relais et retours entrent dans le calcul

Les habitudes de livraison changent aussi. Selon la Fevad, 76 % des acheteurs en ligne utilisent les points relais, et 46 % des livraisons se font hors du domicile. Cette formule est souvent moins chère, mais elle demande un déplacement. Le colis n'attend pas indéfiniment : passé le délai de garde du point relais, il repart chez l'expéditeur.

Les retours méritent la même attention. Certains vendeurs les facturent, d'autres déduisent les frais du remboursement. Un coup d'œil aux conditions de vente avant l'achat évite les mauvaises surprises, surtout sur les vêtements, souvent renvoyés pour une question de taille.

Les colis venus de hors d'Europe coûtent plus cher

Les petites commandes passées sur des plateformes étrangères sont les premières concernées par un changement de règles. Pendant des années, les colis de moins de 150 € arrivaient sans droits de douane. L'Union européenne a mis fin à cette exception, et la facture se répercute peu à peu sur le prix payé par l'acheteur.

3 € par catégorie de produits depuis le 1er juillet

Depuis le 1er juillet 2026, un droit de douane européen forfaitaire de 3 € s'applique aux colis de moins de 150 € expédiés depuis l'extérieur de l'Union européenne. Il remplace la taxe française de 2 €, en vigueur du 1er mars au 30 juin 2026.

Le montant ne se calcule ni par colis ni par article. Il dépend du nombre de catégories de produits présentes dans l'envoi. Un colis qui contient des vêtements, des chaussures et des cosmétiques paie ainsi 9 €. En théorie, c'est la plateforme ou l'importateur qui règle la somme. Dans les faits, le coût se retrouve en général dans le prix affiché ou dans les frais de livraison.

Une redevance par colis attendue en novembre

Une seconde charge doit s'ajouter d'ici le 1er novembre 2026. Il s'agit d'une redevance européenne destinée à couvrir le traitement des colis par les services de douane. Elle sera due par envoi, quel que soit le nombre de catégories, et se cumulera avec le droit de 3 €.

Son montant n'est pas encore connu à la date de publication. Il revient à la Commission européenne de le fixer. Pour l'acheteur, la conséquence est simple : plus une commande est petite, plus ces frais fixes pèsent lourd dans la facture finale. Regrouper ses achats limite la note, tout comme comparer le coût livré plutôt que le prix affiché.

Le droit de 3 € reste lui-même provisoire. Il doit laisser place à une réforme douanière plus large, où chaque produit sera taxé selon sa nature exacte. Aucune date n'est encore arrêtée pour cette seconde étape.