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Pass'Sport 2026 : pourquoi inscrire son enfant en club est devenu compliqué ?

Loisirs Publié le 09/09/2026 par Charline -  5 min - 136 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Le Pass'Sport est revenu à 50 euros en 2026, avec de nouveaux critères.
  • Les fédérations ont délivré 17,4 millions de licences en 2025, en hausse de 1,7 %.
  • Le coût d'une saison reste un frein, et l'aide ne règle pas tous les problèmes des clubs.

Les 5 et 6 septembre, dans la plupart des villes de France, les forums des associations ont rempli les gymnases. On y trouvait des tables pliantes, des banderoles, des dirigeants qui distribuent des fiches d'inscription et des parents qui font la tournée des stands avec les enfants. C'est le rendez-vous qui décide de la saison. En quinze jours, un club de football, de judo ou de gymnastique enregistre l'essentiel de ses licenciés de l'année, forme ses équipes et cale ses créneaux.

À l'échelle nationale, la photo est plus calme qu'il y a deux ans. Selon les données de l'Injep, les 119 fédérations agréées ont délivré 17,4 millions de licences en 2025, en hausse de 1,7 %. C'est encore une progression, mais c'est deux fois moins que le bond de 3,8 % de la saison qui a suivi les Jeux de Paris. Pour 2026, la prévision provisoire tombe à 0,4 % : l'effet olympique s'est éteint, et les clubs retrouvent leur rythme habituel, avec les mêmes problèmes qu'avant. Retour à la normale.

Le Pass'Sport, revenu à 50 euros et sur nouveaux critères

Le premier sujet des forums cette année a été une aide dont personne ne connaissait les règles jusqu'à la dernière semaine d'août. Créé en 2021 à 50 € pour les 6-17 ans des familles modestes, le Pass'Sport avait été porté à 70 € en 2025 par le gouvernement Bayrou. Mais il excluait alors les 6-13 ans, soit la tranche d'âge où l'on s'inscrit pour la première fois. Les fédérations, le judo et le football en tête, ont mesuré la chute des inscriptions chez les plus jeunes. Les maires ont réclamé le retour de la mesure, et la loi de finances 2026 l'a prévu en janvier. Il a ensuite fallu attendre le décret.

Entraînement de footballeuse

Il est paru au Journal officiel le 29 août, deux jours avant le début des inscriptions, après des mois de questions parlementaires restées sans réponse. Le résultat est un compromis : les 6-13 ans reviennent dans le dispositif, mais le montant redescend à 50 € pour tout le monde, et le critère change. L'allocation de rentrée scolaire ne compte plus ; il faut un quotient familial CAF ou MSA de 699 € ou moins. Restent éligibles sans changement les jeunes en situation de handicap bénéficiaires de l'AEEH ou de l'AAH, et les étudiants boursiers de moins de 28 ans. Les codes partent par courriel à la mi-septembre et se présentent au club avant le 31 décembre ; la réduction est déduite directement de la licence, sans avance de frais. Nouveauté annoncée pour le premier trimestre 2027 : un versement complémentaire de la CNAF aux familles ayant utilisé le pass, pour l'équipement.

Pour un adolescent qui touchait 70 € l'an dernier, ce sont 20 € de moins sur une licence dont le prix, lui, n'a pas baissé. Pour un enfant de 8 ans qui n'avait droit à rien en 2025, c'est un gain de 50 €. Et pour les familles au-dessus de 699 € de quotient, c'est la fin de l'aide, alors qu'une partie d'entre elles la percevait via l'ARS. Les clubs, qui doivent être référencés sur Le Compte Asso pour accepter les codes, ont découvert tout cela en même temps que les parents. Sans mode d'emploi.

Ce que coûte une saison

Le prix d'une licence varie énormément selon la discipline et la ville. Une inscription au football pour un enfant coûte couramment entre 120 et 200 €, le judo entre 150 et 250, l'équitation ou le tennis en club davantage. S'y ajoutent la tenue, les chaussures ou le kimono, les déplacements aux compétitions du samedi, et pour beaucoup de familles deux ou trois enfants à inscrire. Là où les collectivités abondent, avec un pass local de la mairie, du département ou de la région, l'addition baisse ; ailleurs, elle reste entière. C'est pour cette raison que les licences ont décroché plus fort chez les 6-13 ans que dans les autres tranches quand le pass leur a été retiré.

Le problème que l'argent ne règle pas

Dans beaucoup de structures, le frein n'est pas le prix, c'est la capacité d'accueil. Un club de foot d'une commune de l'Hérault racontait la semaine dernière à la presse locale que son président nettoie lui-même le vestiaire entre deux entraînements. Huit ou neuf bénévoles sur le papier, trois qui font tout en réalité. Le schéma est partout le même. Les bénévoles sont d'abord des parents, ils restent le temps que leur enfant joue, puis ils partent, et ceux qui demeurent s'épuisent. Un éducateur qui manque, c'est une équipe de moins, donc dix ou douze enfants refusés, non par défaut de place sur le terrain, mais faute d'adulte pour les encadrer.

Vient ensuite la question des créneaux. Un gymnase municipal se partage entre l'école en journée et six ou huit associations le soir et le week-end. Quand la commune n'a pas construit d'équipement depuis vingt ans et que sa population a grandi, chaque club se bat pour une heure supplémentaire le mercredi après-midi. Les sports de salle comme le handball, le basket, la gymnastique ou le judo sont les premiers touchés. Les listes d'attente y sont devenues ordinaires dans les villes moyennes, et un enfant inscrit en septembre peut se voir proposer une place en janvier, quand un autre aura abandonné. La patience devient la règle.

Ce que les clubs font pour tenir

Les réponses existent, à petite échelle. Des clubs imposent aux parents quelques heures de bénévolat par saison, tenue de buvette ou transport, en échange de l'inscription. D'autres forment leurs jeunes de 16 ou 17 ans à l'encadrement, avec des diplômes fédéraux courts, pour disposer d'éducateurs avant que les parents ne s'en aillent. Des communes mutualisent leurs gymnases avec les collèges et lycées, ou ouvrent les cours d'école le samedi. Et le ministère compte sur Septembre Bouge, sa nouvelle campagne pour l'activité physique, pour amener au sport des familles qui n'y pensaient pas. Ce sera, si ça marche, des inscriptions de plus dans des clubs qui ne savent déjà pas où mettre celles qu'ils ont.