Le contenu éditorial nouvelle génération

Gaz : une sixième hausse en neuf mois annoncée pour le 1er octobre

Économie Publié le 10/09/2026 par Hervé -  6 min - 99 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Le prix repère du gaz augmente de 6,3 % au 1er octobre, sixième hausse en neuf mois.
  • Environ 6 millions de ménages dont le contrat est indexé sur cet indicateur sont concernés.
  • Sur un an, la hausse dépasse 27 %.

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) l'a annoncé ce jeudi 10 septembre : le prix repère de vente du gaz (PRVG) augmentera de 6,3 % au 1er octobre. Cette hausse concerne les foyers dont le contrat de fourniture de gaz est indexé sur cet indicateur, soit environ 6 millions de ménages en France. Elle fait suite à une hausse de 5,6 % déjà enregistrée au 1er septembre.

Neuf mois, six hausses

Le prix repère du gaz n'a cessé de bouger depuis le début de l'année. En janvier, il s'était stabilisé à 136,88 € TTC par mégawattheure. Février a apporté une légère baisse, autour de 1,5 %. Mars a vu l'indicateur remonter d'environ 4 %, avant un nouveau recul en avril, proche de 0,7 %.

Le vrai basculement s'est produit en mai, avec une progression de 15,4 % liée à la guerre en Iran, portant le prix repère à son plus haut niveau depuis janvier 2024. Juin a offert un répit, avec une baisse de 4,8 %, vite effacée par un nouveau bond de 7,4 % en juillet. Août a marqué une courte pause, avec un recul de 1,9 % sur le kWh chauffage. Septembre est ensuite reparti à la hausse, à 172,05 € TTC le mégawattheure.

Avec la hausse du 1er octobre, le prix repère atteindra 182,88 € TTC le mégawattheure. Sur dix mois, l'augmentation cumulée dépasse 33 %.

Sur un an, la hausse dépasse 27 %

Si l'on compare le prix repère de septembre 2026 à son niveau un an plus tôt, la progression atteint 27,8 % sur douze mois glissants. Pour un foyer chauffé au gaz consommant environ 11 000 kWh par an, cela correspond à une facture annuelle de référence proche de 2 173 €. Ce montant est calculé sur la seule base du prix repère, hors remise éventuelle négociée avec un fournisseur.

Le point de départ de cette comparaison sur un an n'est pas anodin. Le prix repère avait touché son plus bas historique en avril 2024, à 0,08792 € par kWh. La remontée observée à partir de cette date, puis accélérée en mai 2026, ramène aujourd'hui le tarif près de 53 % au-dessus de ce plancher historique, sur une période de deux ans et demi.

Infographie sur l'augmentation du prix du gaz

Ce que ça représente sur la facture

La CRE évalue l'impact de la seule hausse d'octobre à environ 5,28 € de plus par mois pour un foyer dont l'offre est indexée sur le prix repère. Pris isolément, le montant paraît modeste. Mais il vient s'ajouter à cinq autres hausses depuis janvier, sur une facture qui inclut déjà l'abonnement, la consommation et les taxes.

Sur l'ensemble de l'année, la CRE elle-même anticipe une facture annuelle 2026 supérieure d'environ 10 % à celle de 2025, soit près de 120 € de plus pour un foyer moyen chauffé au gaz. Cette hausse arrive alors que l'hiver approche, au moment où la consommation de gaz des ménages augmente mécaniquement.

Sur les 10,3 millions de foyers français disposant d'un contrat de gaz naturel, environ 60 % ont souscrit une offre indexée sur le tarfif repère et encaissent directement chacune de ces variations mensuelles. Les 40 % restants, en contrat à prix fixe, ne sont pas concernés par les mouvements du kWh, mais restent soumis aux révisions annuelles des tarifs d'acheminement, décidées chaque 1er juillet.

Pour les foyers raccordés à une entreprise locale de distribution plutôt qu'à GRDF, soit environ 5 % des clients résidentiels, la CRE publie une grille distincte. Les montants peuvent y varier selon les coûts propres à chaque réseau local.

Pourquoi le prix du gaz varie-t-il autant ?

Cet indicateur n'existe que depuis 2023. Le tarif réglementé du gaz, qui fixait un montant unique et stable pour tous les foyers, a été supprimé le 30 juin de cette année-là. Cette fin découle d'une décision de la Cour de justice de l'Union européenne puis du Conseil d'État, qui avaient jugé ce dispositif contraire au droit de la concurrence. Depuis, la CRE publie chaque mois un prix repère qui reflète les coûts réellement supportés par les fournisseurs, sans garantir aucune stabilité.

Les variations mensuelles de 2026 tiennent d'abord aux marchés de gros européens du gaz, où les prix suivent de près les tensions géopolitiques. La guerre en Iran et les inquiétudes autour du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le transport du gaz naturel liquéfié, ont directement pesé sur les cotations utilisées pour calculer le prix repère.

Le calcul du prix repère repose à 80 % sur la moyenne des cotations du contrat futur mensuel sur la plateforme EEX, et à 20 % sur les échéances trimestrielles. Concrètement, le prix publié pour un mois donné reflète les cotations observées durant les quatre semaines précédentes. Il faut compter environ deux mois entre un choc sur les marchés de gros et sa répercussion complète sur la facture. C'est ce délai qui explique pourquoi la flambée des marchés consécutive au début du conflit au Moyen-Orient ne s'est pas immédiatement traduite dans le prix repère d'avril, avant de peser pleinement à partir de mai. À ces mouvements de marché s'ajoutent des révisions propres à la France. C'est le cas des tarifs d'acheminement du gaz (ATRD), fixés par la CRE et appliqués chaque 1er juillet, ou des tarifs de stockage, révisés au 1er avril.

Qui est protégé, qui ne l'est pas

Les ménages ayant souscrit une offre à prix fixe chez leur fournisseur ne subissent pas les variations mensuelles de l'indicateur. Leur tarif du kWh reste bloqué pour la durée de leur contrat, généralement un à trois ans. Ils restent en revanche concernés par les révisions annuelles des tarifs de réseau, qui s'appliquent à tous les contrats sans exception, prix fixe ou indexé.

Pour les foyers en offre indexée, chaque publication mensuelle de la CRE se répercute directement sur la facture du mois suivant. C'est ce mécanisme qui explique qu'une même année puisse connaître, comme en 2026, des baisses au printemps et des hausses à répétition à partir du mois de mai. Pour passer d'une formule indexée à un prix fixe, il est possible de changer de fournisseur à tout moment, sans frais et sans coupure de gaz. Le nouveau prestataire se charge lui-même de résilier l'ancien contrat.