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Élargissement de l'UE : neuf pays candidats

Actualités Publié le 13/09/2026 par Camille -  5 min - 208 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • La Commission européenne compte neuf pays officiellement candidats à l'adhésion à l'UE.
  • Le Monténégro et l'Albanie sont les plus avancés dans les négociations.
  • Chaque étape exige l'unanimité : un seul État membre peut tout bloquer.

La Commission européenne a rappelé, le 11 septembre 2026, que neuf pays sont aujourd'hui officiellement candidats à l'adhésion à l'Union européenne. Il s'agit de l'Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Géorgie et de la Macédoine du Nord. S'y ajoutent la Moldavie, le Monténégro, la Serbie, la Turquie et l'Ukraine.

Un droit de veto qui peut tout bloquer

Devenir candidat ne garantit rien en soi. La procédure suit l'article 49 du traité sur l'Union européenne et impose de remplir les critères dits de Copenhague. Il faut des institutions démocratiques stables, un État de droit et une économie de marché viable. Le pays doit aussi pouvoir reprendre l'ensemble des règles européennes, l'acquis communautaire, réparti en 35 chapitres de négociation regroupés en six blocs.

Chaque étape, qu'il s'agisse d'ouvrir un dossier ou de le refermer provisoirement, exige l'accord unanime des 27 États membres actuels. Un seul pays peut donc bloquer, ou simplement ralentir, la progression d'un candidat, quel que soit l'avis des 26 autres. C'est ce mécanisme qui explique pourquoi les pays concernés peuvent se trouver, à un instant donné, dans des situations complètement différentes.

Le Monténégro et l'Albanie en tête

Sur les neuf pays, deux se distinguent par leur avancée. Le Monténégro, candidat depuis décembre 2010, a déjà provisoirement clos 18 des chapitres de négociation à la mi-2026, dont ceux portant sur la politique de la concurrence et l'union douanière. L'Albanie, candidate depuis 2014 mais dont les négociations n'ont vraiment démarré qu'en 2022, a elle aussi refermé plusieurs chapitres au cours de l'été 2026, dont ceux sur la recherche, l'éducation et les relations extérieures.

Les deux pays sont ainsi les seuls du groupe à avoir déjà refermé plus de la moitié des 35 chapitres de négociation. Cela ne signifie pas pour autant une adhésion immédiate. La clôture de l'ensemble des dossiers ouvre la phase finale : la rédaction d'un traité d'adhésion, puis sa ratification par chaque État membre et par le Parlement européen. Cette étape peut elle-même prendre plusieurs années.

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L'Ukraine et la Moldavie, candidats depuis 2022

L'Ukraine et la Moldavie ont obtenu leur statut de candidat le 23 juin 2022, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine lancée quelques mois plus tôt. Depuis, les deux pays ont ouvert plusieurs blocs de négociation, dont celui consacré aux relations extérieures à l'été 2026, après avoir déjà ouvert celui des fondamentaux (justice, libertés publiques) au printemps.

Un indice de suivi établi par l'institut EPIC avec la fondation Friedrich Naumann note chaque pays sur sa conformité aux rapports annuels de la Commission. En 2025, il plaçait la Moldavie et l'Ukraine devant la Serbie et la Macédoine du Nord, deux États pourtant engagés depuis bien plus longtemps. Une inversion par rapport à l'idée reçue selon laquelle les Balkans occidentaux, en négociation depuis le milieu des années 2000, avanceraient forcément plus vite que des candidats plus récents.

La Turquie, des négociations gelées depuis 2018

À l'autre bout du classement, la Turquie, candidate officielle en 1999 après une demande d'adhésion déposée en 1987, n'a plus progressé depuis 2018.

Ses négociations sont gelées à la suite de la tentative de coup d'État de 2016. Quinze chapitres restent en cours d'examen, et un seul a été refermé sur les 35 que compte la procédure.

La Bosnie-Herzégovine et la Géorgie, encore au point mort

La Bosnie-Herzégovine et la Géorgie, elles, ne disposent pour l'instant d'aucun cadre de négociation formel, l'étape administrative qui doit précéder l'ouverture des tout premiers chapitres.

La Géorgie n'a obtenu son statut de candidate qu'en décembre 2023. Un avis antérieur, en juin 2022, était plus réservé : il ne lui reconnaissait alors qu'une simple perspective européenne, un cran en dessous.

La Macédoine du Nord, freinée par ses voisins

La Macédoine du Nord, candidate depuis 2005, est l'une des plus anciennes du groupe. Le pays a d'abord dû attendre la fin d'un différend avec la Grèce sur son propre nom. L'accord de Prespa l'a réglé en 2018, et le pays a alors pris officiellement son nom actuel.

À peine ce dossier clos, la Bulgarie a bloqué à son tour l'ouverture des négociations, cette fois sur des questions de langue et d'histoire communes. Le pays a ainsi perdu plusieurs années supplémentaires, avant qu'un compromis assorti d'une exigence de réforme constitutionnelle ne débloque la situation.

La Serbie, des négociations ouvertes mais arrêtées

La Serbie, candidate depuis mars 2012, se trouve dans une situation intermédiaire.

Ses négociations ont été lancées en janvier 2014, mais aucun nouveau chapitre n'a été ouvert après décembre 2021. Le processus est, de fait, à l'arrêt depuis près de cinq ans.

Le rythme fixé par la Commission européenne

Chaque automne, la Commission publie un rapport d'élargissement qui évalue individuellement chacun des candidats de façon détaillée, et sert de base aux décisions du Conseil européen sur l'ouverture ou la clôture des négociations. C'est ce rapport, et le vote unanime des 27 au Conseil qui s'ensuit, qui autorise chaque avancée.

Le dernier pays entré dans l'Union reste la Croatie, en 2013, il y a maintenant plus de dix ans. Depuis, le club européen s'est même réduit une fois, avec la sortie du Royaume-Uni en 2020. Un dixième dossier mérite d'être mentionné à part : le Kosovo, considéré comme candidat potentiel et non officiel, parce que son indépendance n'est pas reconnue par l'ensemble des États membres.

À titre de comparaison, la Croatie, dernière entrée en date, avait obtenu son statut de candidat en 2004 pour ne devenir membre qu'en 2013, soit neuf ans de parcours. Sur cette échelle de temps, les deux candidats les plus anciens du lot actuel, la Turquie et la Macédoine du Nord, ont déjà dépassé cette durée sans conclure.

Neuf pays candidats, donc, mais des calendriers qui n'ont plus grand-chose en commun. Certains négocient depuis plus de vingt ans, d'autres accélèrent après seulement quatre ans, et deux restent bloqués avant même la première étape administrative.