Camille
Petite, je ramenais à peu près tout ce qui bougeait à la maison : des escargots, un hérisson blessé trouvé dans le jardin, une fois même une chauve-souris tombée du grenier. Mes parents ont fini par accepter que la maison serve un peu d'infirmerie de fortune. Ça ne m'a jamais quittée en grandissant.
Je n'ai pas fait d'études de biologie, juste beaucoup lu et beaucoup observé. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la nature vue de loin, celle des documentaires avec une voix off grave, mais celle qu'on découvre : le jardin, la forêt du dimanche, les animaux qui vivent à côté de nous. Cela me fascine toujours autant, même pour quelque chose d'aussi banal qu'un pigeon qui s'envole ou une limace collée à la fenêtre de la véranda.
J'ai deux chats, une chienne et un jardin qui ressemble plus à une jungle qu'à un jardin bien ordonné, c'est comme cela que je l'aime. Je préfère laisser pousser et voir ce qui s'installe plutôt que tout contrôler, quitte à ce que ce soit moins net que chez les voisins.
Le week-end, je marche beaucoup, souvent sans but précis, juste pour voir ce qu'il y a à voir. J'ai un carnet plein de notes sur des plantes ou des oiseaux que je n'ai jamais pris le temps de vérifier sérieusement, ça reste sur ma liste depuis des années.
J'essaie de raconter la nature et les animaux sans grandiloquence, avec ce qu'il y a d'intéressant dans les choses simples, celles qu'on regarde tous les jours sans vraiment les voir.