- La SPA a recueilli 9 508 animaux en juillet et août 2026, un record absolu.
- C'est 20,8 % de plus qu'à l'été 2025, avec plus de 6 500 chats en deux mois.
- Les refuges sont saturés et les signalements de maltraitance s'envolent.
Le 10 septembre 2026, la Société protectrice des animaux a annoncé avoir recueilli 9 508 bêtes entre juillet et août dans ses 64 refuges et Maisons SPA. Ce chiffre marque une hausse de 20,8 % par rapport à l'été 2025, et dépasse le précédent record de l'association, enregistré en 2019. Une immense majorité des pensionnaires arrivés cet été sont des chats et des chiens.
Plus de 6 000 chats en deux mois
Le détail communiqué par l'association donne la mesure du phénomène. 6 572 chats ont été recueillis, en hausse de 20,1 % par rapport à 2025, ce qui représente l'essentiel des arrivées de l'été. 2 220 chiens ont suivi, en hausse de 9,8 %.
Les nouveaux animaux de compagnie, hamsters, lapins, furets et autres NAC, ont doublé par rapport à l'an dernier avec 665 individus recensés. Les équidés, plus rares dans ce type de bilan, comptent pour leur part 51 chevaux et poneys recueillis sur la même période.
Un record qui dépasse celui de 2019
Jusqu'ici, l'été 2019 restait la référence pour la SPA en matière d'affluence dans ses refuges. L'été 2026 le dépasse désormais, sans que l'association n'ait communiqué de chiffre précis pour cette comparaison.
Une partie de cette hausse s'explique, selon la SPA, par les nombreux incendies survenus cet été dans plusieurs régions françaises.

L'été, saison la plus chargée de l'année
L'été reste, quoi qu'il arrive, la période la plus chargée de l'année pour les refuges français. Les départs en vacances, les déménagements et les portées de chatons nées au printemps se combinent chaque année pour gonfler le nombre d'animaux sans foyer entre juin et septembre.
Ce phénomène est connu de longue date des associations de protection animale, bien avant que les grandes chaleurs et les incendies de 2026 ne viennent l'aggraver.
Adoptions en hausse et refuges saturés
Paradoxalement, les adoptions ont elles aussi progressé sur la période, sans permettre de désengorger les refuges pour autant. Le directeur de la SPA a résumé la situation d'une formule : dramatique par le volume d'animaux à prendre en charge d'un coup, formidable par le nombre de nouvelles familles prêtes à adopter.
Le réseau reste malgré tout proche de la saturation à l'approche de l'automne, une saison traditionnellement plus calme pour les prises en charge.
Une envolée des signalements de maltraitance
Autre indicateur en forte hausse sur la période : les demandes de prise en charge pour maltraitance ont bondi de 57,9 % en un an, selon la SPA. L'association n'a pas détaillé la répartition de ces signalements par région ni par espèce, mais elle en fait le second grand chiffre de son bilan estival, aux côtés du nombre brut d'animaux recueillis.
Ce chiffre national se retrouve sur le terrain, où le constat est largement partagé. La SPA de Lyon et du Sud-Est a recensé plus de 660 abandons de chats et de chiens sur la période estivale, certains déjà âgés au moment de leur arrivée. Ailleurs, la SPA de Poulainville fait face au même scénario chaque été : les abandons augmentent, les adoptions ralentissent et les naissances de chatons se multiplient. L'équipe locale, salariés et bénévoles confondus, en appelle à de nouvelles familles relais pour tenir jusqu'à la fin de la période.
Le rôle des familles relais
Une famille relais, contrairement à des adoptants, n'accueille l'animal que temporairement, le temps qu'il retrouve un foyer définitif ou qu'une place se libère au refuge.
Le système permet de désengorger les box sans passer par une adoption. Encore faut-il trouver suffisamment de foyers volontaires pour compenser le flux d'arrivées, ce qui n'est pas toujours le cas pendant les pics estivaux.
Ce qui attend un animal recueilli
Un animal recueilli par la SPA ne repart pas aussitôt vers une nouvelle famille. Chaque pensionnaire passe d'abord par une phase d'identification, de stérilisation et de vaccination. Il est ensuite hébergé, soigné, éduqué si besoin, puis socialisé au contact des humains et de ses congénères.
Ce n'est qu'à l'issue de ce parcours qu'il devient adoptable. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'afflux de familles ne suffit jamais à vider un refuge du jour au lendemain. Les entrées restent plus rapides que chaque prise en charge.
Une association vieille de 180 ans
La SPA n'est pas une structure récente. Elle a été fondée le 2 décembre 1845 à Paris, à l'initiative du médecin Étienne Pariset et d'un groupe de militants parisiens. Son but initial : protéger les chevaux d'attelage des mauvais traitements infligés par certains cochers. Reconnue d'utilité publique en 1860, elle n'ouvre son tout premier refuge qu'en 1903, à Gennevilliers.
L'association a fêté ses 180 ans en 2025, marqués par une série de pièces commémoratives frappées par la Monnaie de Paris à l'effigie du chien, du chat, du cheval et du lapin. Aujourd'hui, le réseau compte 64 refuges et 7 Maisons SPA, une douzaine de dispensaires solidaires destinés aux propriétaires aux ressources modestes, environ 760 salariés et plus de 5 000 bénévoles.
La rentrée des salons du chiot et du chat
Ce bilan de l'été tombe au moment où plusieurs salons du chiot et du chat rouvrent leurs portes pour la rentrée, avec au moins trois éditions organisées ce week-end du 12 septembre dans l'ex-région Midi-Pyrénées.
Ces salons, où des éleveurs présentent des chiots et des chatons à la vente, se tiennent chaque année au même moment que l'appel à l'adoption lancé par les refuges. Aucune règle ne vient pourtant coordonner les deux calendriers.
Une association qui vit des dons
La SPA rappelle à cette occasion fonctionner en grande partie grâce aux dons du public plutôt qu'à des subventions publiques garanties. Les dispensaires et les frais vétérinaires des pensionnaires représentent une part importante de son budget annuel.
L'association se présente aujourd'hui comme la deuxième organisation la plus aimée des Français, un chiffre qu'elle interprète comme un signe de confiance de la part de ses donateurs. Cette popularité ne s'est pour l'instant pas traduite par un relâchement de la pression sur le terrain. Les 64 refuges du réseau continuent d'accueillir de nouveaux pensionnaires chaque jour, chats et chiens en tête, en attendant que la vague de la rentrée retombe.