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Carburants : les ruptures s’étendent dans les stations-service françaises

Actualités Publié le 22/09/2026 par Camille -  6 min - 107 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Le 20 septembre, 15 % des stations-service manquaient d'au moins un carburant.
  • Le chiffre progresse vite : il était de 11 % deux jours plus tôt.
  • Le prix du gazole atteint un record, sans pénurie nationale à ce stade.

La situation se tend à la pompe. Au dimanche 20 septembre au matin, 15 % des stations-service de l’Hexagone étaient considérées comme étant en difficulté d’approvisionnement, avec au moins un carburant indisponible. Le chiffre progresse rapidement : il était de 11 % deux jours plus tôt et de 13 % la veille. Cette évolution intervient alors que les prix à la pompe atteignent eux aussi des niveaux très élevés.

Le chiffre de 15 % ne signifie toutefois pas que ces points de vente sont totalement à sec. L’indicateur du ministère de l’Économie considère une station comme étant en difficulté lorsqu’elle ne peut plus proposer au moins une catégorie de produit, essence ou gazole. Pour les supercarburants, un établissement qui dispose encore d’au moins l’une des références qu’il distribue n’est pas comptabilisé comme étant en rupture. Le E85 et le GPL ne sont pas pris en compte.

Cette nuance est importante pour comprendre la situation réelle des automobilistes. Une station peut continuer à fonctionner tout en ayant perdu une partie de son offre. Pour un conducteur, cela peut se traduire par l’impossibilité de trouver son carburant habituel, par l’obligation de se reporter ailleurs ou par un détour supplémentaire.

Une progression particulièrement rapide

Les chiffres des derniers jours montrent surtout une accélération. Le 18 septembre, 11 % des stations étaient en difficulté. Le taux est passé à 13 % le lendemain, puis à 15 % le surlendemain. En quelques jours, la proportion a augmenté de quatre points. La grande majorité des stations restent cependant encore approvisionnées.

Pénurie de carburants dans certaines stations

La situation varie fortement d’un territoire à l’autre. Le Grand Est est la région métropolitaine la plus touchée, avec 20 % des stations en difficulté. Les Pays de la Loire suivent à 17 %. Le Centre-Val de Loire, la Normandie et l’Occitanie atteignent chacune 16 %. L’Île-de-France se situe à 13 %, tandis que les Hauts-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur sont à 12 %. La Corse ne compte aucune station en difficulté dans le relevé du 20 septembre.

Ces écarts montrent que les automobilistes ne sont pas confrontés partout à la même situation. Dans les territoires où la proportion de stations touchées est élevée, la recherche d’une pompe disponible peut devenir plus compliquée, surtout lorsque les clients se concentrent sur les établissements encore capables de les servir.

Le plafonnement des prix crée un afflux dans certaines stations

Une partie des tensions observées est liée au fonctionnement du marché. Depuis le 22 juillet, TotalEnergies maintient un plafond de 1,99 € le litre pour l’essence et de 2,25 € pour le gazole dans son réseau. Avec des moyennes nettement supérieures ailleurs, ces tarifs attirent davantage d’automobilistes vers les stations concernées.

Le gouvernement explique que cet afflux peut provoquer des tensions logistiques. Les volumes vendus dans les points de vente concernés deviennent beaucoup plus importants que d’habitude et les cuves peuvent se vider avant le passage suivant du camion-citerne. Le 16 septembre, le gouvernement indiquait qu’environ neuf stations en difficulté sur dix appartenaient au réseau TotalEnergies, en reliant cette situation à l’afflux de consommateurs et aux difficultés de réapprovisionnement.

Cette situation ne signifie pas que toutes les difficultés sont identiques. Des stations peuvent manquer temporairement d’un produit, quand d’autres rencontrent des problèmes plus persistants. Les données quotidiennes permettent surtout de suivre l’étendue géographique du phénomène et son évolution.

Des approvisionnements sous pression

La question dépasse néanmoins les seules files d’attente provoquées par les différences de prix. Le marché des produits pétroliers est actuellement soumis à de fortes tensions internationales, dans un contexte de perturbation des flux énergétiques. Ce choc se répercute sur les produits raffinés et compliquent l’organisation des approvisionnements.

Le gouvernement a indiqué avoir pris des mesures pour soutenir la production et la circulation des produits pétroliers. Des opérations de maintenance ont été décalées afin de préserver les capacités des raffineries. Des dérogations permettent aussi aux camions-citernes de rouler certains dimanches et jours fériés.

L’objectif est d’éviter qu’une difficulté ponctuelle de transport ou de production ne se transforme en problème plus large. Mais la progression du nombre de stations touchées montre que la chaîne reste sous tension. Tant que les volumes disponibles, les capacités de raffinage, les importations et les besoins des automobilistes ne se rééquilibrent pas, les situations locales peuvent continuer à apparaître.

Le prix du gazole atteint un nouveau record

Cette tension sur l’approvisionnement s’accompagne d’une nouvelle flambée à la pompe. Dimanche 20 septembre, le prix moyen du gazole en France atteignait 2,4097 € le litre à 10h30. Ce chiffre est une moyenne calculée à partir des tarifs affichés dans plus de 8 700 stations sur le site gouvernemental Prix-carburants.gouv.fr. Il s’agit d’un nouveau record.

Le SP95-E10 dépassait de son côté 2,17 € le litre en moyenne, tandis que le SP98 franchissait 2,28 €. Pour les automobilistes, la combinaison de prix élevés et de disponibilités variables complique encore la gestion des déplacements quotidiens. Un plein de 50 litres de gazole représente désormais plus de 120 € au tarif moyen observé dimanche.

Cette hausse intervient alors que les ménages ont déjà commencé à réduire leur consommation de carburant. La flambée actuelle risque d’accélérer les arbitrages entre déplacements, modes de transport et budget consacré à la voiture.

Pas de pénurie nationale à ce stade

Malgré l’augmentation du nombre de stations touchées, le gouvernement continue de distinguer les difficultés d’approvisionnement locales d’une pénurie nationale. Au 20 septembre, 85 % des stations ne rencontraient aucun problème selon l’indicateur suivi par le ministère. L’immense majorité du réseau reste opérationnelle.

La situation mérite néanmoins d’être surveillée, car le rythme de progression est rapide. Une hausse de 11 % à 15 % en deux jours ne permet pas à elle seule de conclure à une pénurie généralisée, mais elle montre que les tensions se diffusent. Les prochains relevés diront si le phénomène reste concentré dans quelques régions ou s’étend davantage.

Pour les automobilistes, le réflexe le plus utile reste de vérifier la disponibilité du carburant avant de se déplacer spécifiquement pour faire le plein. C’est d’autant plus vrai dans les secteurs où les taux de stations en difficulté sont les plus élevés. La carte officielle du ministère est actualisée régulièrement.

Une situation à suivre dans les prochains jours

Le problème des carburants ne se résume plus à la hausse du prix du litre. Il concerne désormais aussi la disponibilité de plusieurs produits dans une partie croissante du réseau. Les deux phénomènes se renforcent. Des prix élevés poussent les automobilistes à rechercher les tarifs les plus bas, et la concentration de la demande peut accentuer les difficultés de réapprovisionnement dans les stations les plus prisées.

Le seuil de 15 % atteint dimanche constitue surtout un indicateur de tension. Il ne permet pas encore de parler de pénurie nationale, mais il montre que l’approvisionnement est devenu un sujet concret pour une partie des Français. La prochaine évolution des chiffres dira si cette situation reste temporaire ou si les difficultés continuent de gagner du terrain.