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Animaux de cirque : lesquels sont encore autorisés ?

Animaux Publié le 26/10/2026 par Camille -  5 min - 43 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • La loi de 2021 interdit les espèces sauvages dans les cirques itinérants dès fin 2028.
  • Chevaux, chiens, chats, poneys et dromadaires ne sont pas concernés.
  • L'État aide la reconversion, mais les places d'accueil restent à créer.

Lions, tigres, éléphants, mais aussi chevaux, chiens ou dromadaires : qui peut encore se produire sous un chapiteau ? La réponse tient dans la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale.

L'interdiction de présenter des espèces sauvages dans les cirques itinérants s'applique à partir du 1er décembre 2028. Les bêtes domestiques ne sont pas visées. D'ici là, une période de transition, des aides publiques et une question encore ouverte : où placer les pensionnaires concernés ?

Une interdiction en 2 étapes

Le texte, intitulé loi visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes, ne ferme pas les cirques. Il cible une catégorie précise, celle des espèces non domestiques.

La mesure avait été annoncée le 29 septembre 2020 par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. La France rejoignait alors une vingtaine de pays européens ayant interdit ou limité les bêtes sauvages dans les cirques, et environ 400 collectivités locales avaient pris des restrictions. Le calendrier compte un jalon déjà franchi et un autre qui approche.

Première étape : ni achat ni reproduction

Depuis le 1er décembre 2023, les cirques itinérants n'ont plus le droit d'acquérir ni de faire reproduire des bêtes non domestiques destinées au public. L'objectif est simple : ne pas gonfler le nombre de pensionnaires à replacer avant la fin de la transition.

Le 1er décembre 2028 : fin des spectacles itinérants

7 ans après la promulgation de la loi, il devient interdit de détenir et de transporter ces espèces dans un établissement itinérant, et de proposer des spectacles qui en comportent. Cela correspond au 1er décembre 2028. La même loi prévoit la fin de la détention de cétacés en captivité au 1er décembre 2026, sauf exceptions.

D'ici là, ces cirques peuvent encore s'installer. Maire-info le rappelait en 2023 : un maire ne peut pas refuser leur venue, sauf motif d'ordre public, de sécurité ou de salubrité, ou faute de place.

Une commission nationale consultative pour la faune sauvage captive, créée par le texte, peut être consultée par le ministre chargé de l'Environnement sur les conditions de détention et de présentation au public.

Les animaux autorisés au cirque

Chevaux, chiens et zoos, hors du champ de la loi

La loi ne parle que des espèces non domestiques. Chevaux, poneys, chiens, chats, chèvres ou volailles ne sont donc pas concernés. Le député Hadrien Clouet a demandé d'élargir l'interdiction à ces bêtes dans une question écrite parue en novembre 2024. Le ministère a répondu que cette extension n'était pas justifiée, dans une réponse publiée le 1er septembre 2026.

Dromadaires, chameaux et lamas : hors du texte

Ce courrier range expressément ces camélidés, ainsi que les poneys et les chèvres, parmi les espèces qui ne relèvent pas de la loi de 2021. Les circassiens sont considérés comme des détenteurs, parfois éleveurs, soumis aux mêmes obligations de protection que toute personne qui garde des bêtes, à titre professionnel ou non.

Ces exigences découlent de la directive européenne 98/58/CE et du droit national, qui imposent des conditions d'hébergement adaptées et l'absence de souffrance inutile.

Zoos et parcs fixes : un autre cadre

La loi vise les structures itinérantes. Les établissements zoologiques installés à demeure ne sont pas fermés par ce texte. Ils restent soumis à leurs propres règles de détention et de contrôle, et certains participent justement à l'hébergement des pensionnaires issus des cirques.

Où iront les fauves ? Un accueil encore à construire

D'après le ministère de la Transition écologique, cité par la Fondation 30 Millions d'Amis, la loi concerne environ 600 bêtes, dont près de 400 fauves, détenues par des cirques itinérants.

Le chiffre varie selon les époques : en 2020, le syndicat des capacitaires parlait de presque 500 fauves, et en 2023 le plan d'aide évoquait plus de 500 bêtes, dont 300 de cette catégorie. L'État a mis en place un soutien financier, dont l'efficacité d'ici 2028 reste discutée.

Refuges et reconversion : les aides de l'État

Un plan de 35 millions d'euros a été annoncé le 29 mars 2023 par Bérangère Couillard, alors secrétaire d'État chargée de l'Écologie. Une aide au nourrissage de 800 000 euros avait précédé ce plan.

2 appels à manifestation d'intérêt, baptisés AMI Refuges, ont été lancés en 2022 et en 2023 pour créer des places d'accueil. 9 projets sont soutenus, dont 3 sont achevés : Zoo di Corsica, Parc Phoenix et Terres de Nataé. La première vague de 2023 comptait 6 projets pour environ 150 places, financés à hauteur de 4,2 millions d'euros. Un troisième appel doit suivre en 2026.

Le décret du 30 avril 2025 prévoit par ailleurs une aide à la reconversion des circassiens et un soutien à l'entretien des pensionnaires en attente de placement. Le guichet unique, géré par l'Agence de services et de paiement, est ouvert depuis le 15 décembre 2025.

Un accueil qui patine, selon les associations

Dans une réponse du 17 mars 2026, le gouvernement dit travailler en concertation avec les parties prenantes et reconnaît que les efforts sont à poursuivre pour créer de nouvelles places. La Fondation 30 Millions d'Amis juge que l'organisation des replacements patine et réclame un véritable plan d'action d'ici 2028.

Selon un sondage Ifop de janvier 2026 qu'elle cite, 92 % des personnes interrogées estiment prioritaire de créer des structures d'accueil spécialisées. Une soixantaine de villes françaises se sont aussi déclarées hostiles à ces spectacles.