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Monet à l’Orangerie : près de 40 toiles pour le centenaire

Arts Publié le 28/10/2026 par Camille -  5 min - 76 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • L’Orangerie présente « Monet, peindre le temps » du 30 septembre 2026 au 25 janvier 2027.
  • Près de quarante toiles retracent les grandes séries et le cycle des Nymphéas.
  • Le musée est fermé le mardi, et un espace familles accueille les enfants.

Cent ans après sa mort, Claude Monet (1840-1926) revient sur le devant de la scène dans la capitale. Selon la Ville de Paris, l’exposition Monet, peindre le temps réunit près de 40 peintures au musée de l’Orangerie, du 30 septembre 2026 au 25 janvier 2027.

Son fil conducteur tient en un mot : le temps. Comment un peintre a-t-il cherché à saisir l’instant, ensuite les heures qui passent, enfin la durée elle-même ? Le parcours répond en 3 étapes, des paysages impressionnistes jusqu’aux Nymphéas.

Pourquoi parler de durée à propos de Monet ?

Le XIXe siècle bouleverse le rapport au temps. Les horloges se multiplient dans l’espace public, l’heure se synchronise et le chemin de fer accélère le quotidien. L’exposition replace l’artiste au cœur de cette révolution : son art veut saisir l’instant.

Le peintre de la nouvelle peinture

Dès les années 1870, il passe pour l’impressionniste par excellence. Il n’a pourtant participé qu’à 5 expositions du groupe. Son œuvre résume ce que l’on appelait alors la nouvelle peinture.

Cette manière de peindre s’exécute le plus souvent en plein air, avec une touche rapide et des harmonies claires. Elle cherche à rendre l’impression d’un instant.

Son travail débouche ensuite sur l’un des prolongements les plus singuliers de ce courant. Dans les années 1890, le peintre adopte une démarche proche de la dissection du temps.

Des séries pour décomposer la journée

Après les années des expositions impressionnistes, l’artiste explore les effets d’un même sujet à différents moments du jour. Il développe en Normandie ses séries célèbres : Les Meules (1888-1891), Les Peupliers au bord de l’Epte (1891-1892), La Cathédrale de Rouen (1892-1898) et Matinée sur la Seine (1896-1897).

Cette méthode pousse la représentation du moment jusqu’à la fragmentation du temps, pour mieux en saisir l’essence. En 1895, les Cathédrales de Rouen sont exposées chez Durand-Ruel. Clemenceau y voit une révolution sans coup de fusil.

Ces recherches rejoignent la fascination de l’époque pour l’observation minutieuse, presque scientifique, du monde environnant. La même série, répétée sous la lumière du matin, de midi ou du soir, devient une façon de mesurer le temps à l’œil.

Quelles œuvres l’Orangerie présente-t-elle ?

Le parcours rassemble près de 40 peintures. Elles viennent surtout d’Orsay et du musée Marmottan Monet. Des prêts de fonds publics et privés, français et étrangers, complètent la sélection.

Tableau de Monnet

Trois étapes pour comprendre l’œuvre

La visite s’organise en 3 temps. Le premier évoque le sentiment d’accélération de l’époque et la modernité impressionniste. Le deuxième montre comment les séries captent l’instantané. Le troisième s’attarde sur les Nymphéas, qui cherchent à rendre la durée.

Le peintre répond à des changements bien réels : horloges publiques, chemins de fer, transformation de l’espace urbain et du paysage. Sa démarche est vécue et ressentie, autant que visible dans le décor quotidien.

Le musée annonce un regard distancié, qui convoque différents champs de recherche. Il présente cet angle comme inédit, cent ans après la disparition du peintre.

Selon le parcours, les Nymphéas résolvent une difficulté que l’on croyait insurmontable : la fragmentation du temps dans la série. Le cycle final se fond dans le continu, sans découpage en heures ni en saisons.

Les Nymphéas : point d’orgue du parcours

Dans les années 1890, l’artiste entame le dernier cycle qui l’occupera jusqu’à sa mort en 1926. Les Nymphéas comptent plus de 250 toiles autour d’un même sujet. Dans son jardin de Giverny, il ne mesure plus le temps : il le contemple.

Les grands panneaux sont offerts à la France au lendemain de l’armistice de 1918. Deux salles sont créées spécialement pour les accueillir. L’ensemble est inauguré en 1927, un an après la mort du peintre. Il tient lieu de testament artistique.

L’Orangerie abrite toujours ces décorations, pensées comme un véritable environnement. En 1952, André Masson les surnommait la Sixtine de l’impressionnisme. Le visiteur se retrouve enveloppé par l’œuvre, dans une durée au sens de Bergson.

Comment préparer sa visite ?

Le tour de l’exposition prend en général de 1 h à 1 h 30. Le musée se trouve dans le jardin des Tuileries, côté Seine, près de la place de la Concorde. Quelques repères pratiques évitent les mauvaises surprises.

Horaires, tarifs et réservation

Le musée ouvre de 9 h à 18 h, tous les jours sauf le mardi. Il ferme aussi le 25 décembre. La Ville de Paris indique que l’accès se fait uniquement sur réservation. Réserver tôt est conseillé pour les vacances de la Toussaint et de Noël.

Les tarifs vont de 0 à 12,50 €. L’entrée est gratuite pour les mineurs, et pour les jeunes de moins de 26 ans résidant dans l’Union européenne. Elle l’est aussi pour tous le premier dimanche de chaque mois, sur réservation en ligne.

La photographie est autorisée dans l’exposition. L’accès réservé aux personnes à mobilité réduite se situe à gauche de la porte principale.

Que prévoit le musée pour les enfants ?

Un espace familles permanent accueille les 0-12 ans, avec jeux, dessin, lecture et histoires, dans un décor inspiré de l’univers du peintre. Il ouvre les week-ends, les jours fériés et pendant les vacances scolaires. Aucun âge minimum n’est exigé pour voir l’exposition.

Une visite-atelier pour les 6-12 ans, intitulée Le temps en couleurs, a lieu les mercredis et les dimanches. Les enfants y représentent les changements d’un même motif au fil des heures, avec la couleur, les formes et les variations de lumière.

Un atelier de 2 h, du CP à la 3e, se tient du 7 octobre 2026 au 15 janvier 2027, sur réservation. Après la visite, les élèves réalisent à leur tour un travail sur le passage du temps.

Une expérience en réalité virtuelle, Claude Monet au fil de l’eau, est proposée du 30 septembre 2026 au 27 mars 2027. Elle remonte un demi-siècle de création, de la Seine au bassin de Giverny, jusqu’au musée de l’Orangerie.