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Dolly Parton, la reine de la country, est morte à 80 ans

Arts par Camille 60 lectures

La nouvelle est tombée dans la nuit de mardi. Dolly Parton est morte le 25 août 2026 à Nashville, à l'âge de 80 ans, après un bref combat contre un cancer. C'est son neveu, Bryan Seaver, qui a annoncé la nouvelle dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. La chanteuse était hospitalisée depuis le 21 août au Vanderbilt-Ingram Cancer Center. Sa santé faisait l'objet d'inquiétudes depuis plusieurs mois : elle avait annulé une série de concerts à Las Vegas fin 2025, puis révélé en mai 2026 qu'elle souffrait de problèmes rénaux. Avec elle disparaît la reine incontestée de la musique country, mais aussi l'une des personnalités les plus aimées des États-Unis.

Une petite fille des montagnes devenue légende

Dolly Rebecca Parton naît le 19 janvier 1946 dans une cabane des Great Smoky Mountains, dans le Tennessee. Quatrième d'une famille de douze enfants, elle grandit dans une grande pauvreté. Elle en tirera plus tard l'une de ses chansons les plus touchantes, Coat of Many Colors, l'histoire d'un manteau cousu par sa mère dans des bouts de tissu.

Décès de Dolly Parton

Le talent, lui, est là très tôt. Elle chante à la radio locale dès l'enfance, débarque à Nashville au lendemain de son bac et se fait remarquer en 1967 dans l'émission télévisée de Porter Wagoner, une des grandes vitrines de la country de l'époque. Le duo devient célèbre, mais Dolly Parton veut voler de ses propres ailes. En 1973, elle écrit Jolene, inspirée, racontait-elle, par une employée de banque rousse qui tournait un peu trop autour de son mari. Le titre deviendra l'un des plus repris de l'histoire de la country. Suivront d'autres immenses succès, comme Islands in the Stream en duo avec Kenny Rogers en 1983, ou l'album Trio enregistré avec Emmylou Harris et Linda Ronstadt. La suite est une carrière hors norme : plus de cinquante albums, des milliers de chansons écrites, des dizaines de récompenses et une entrée au Rock and Roll Hall of Fame en 2022. Son dernier album, Rockstar, est sorti en 2023, et on l'a encore entendue en 2024 sur Cowboy Carter de Beyoncé, qui lui rendait hommage en réinterprétant Jolene.

I Will Always Love You, l'adieu devenu tube planétaire

C'est sans doute la plus belle histoire de sa carrière, et elle est souvent mal racontée. Non, I Will Always Love You n'a pas été écrite pour un amoureux. Dolly Parton la compose en 1973 pour Porter Wagoner, son producteur et mentor, au moment où elle décide de quitter son émission pour mener sa carrière en solo. Wagoner vit mal ce départ. Plutôt que de s'expliquer dans une dispute, elle lui écrit cette chanson d'adieu : je m'en vais, mais je t'aimerai toujours. Wagoner l'écoute, pleure, et accepte de la laisser partir à condition de pouvoir produire le titre. La chanson devient numéro 1 du classement country en 1974.

L'anecdote la plus connue arrive juste après. Elvis Presley veut l'enregistrer. Son manager, le colonel Parker, pose ses conditions : la moitié des droits d'auteur, comme pour tout ce que chante Elvis. Dolly Parton refuse, la mort dans l'âme. Ce choix, jugé fou à l'époque, se révélera l'une des meilleures décisions financières de sa vie.

Car en 1992, Whitney Houston reprend la chanson pour le film Bodyguard, dans lequel elle partage l'affiche avec Kevin Costner. L'idée de la version que tout le monde connaît, avec ce long début a capella avant l'explosion de la voix, aurait été soufflée par Kevin Costner lui-même. Portée par une des plus grandes voix de l'histoire de la pop, cette version reste quatorze semaines numéro 1 du classement américain et s'écoule à des millions d'exemplaires dans le monde entier. Elle fait de I Will Always Love You l'une des chansons les plus célèbres de tous les temps. Et comme Dolly Parton en avait conservé tous les droits, chaque diffusion continuait de la rémunérer. Elle a souvent raconté, avec son humour habituel, que Whitney Houston lui avait offert de quoi s'acheter bien des choses.

Bien plus qu'une chanteuse

Réduire Dolly Parton à la musique serait passer à côté du personnage. Au cinéma, elle marque les années 80 avec 9 to 5, comédie sur la revanche de trois secrétaires face à un patron odieux, dont elle signe aussi la chanson titre, devenue un hymne des travailleuses. Dans son Tennessee natal, elle ouvre en 1986 le parc d'attractions Dollywood, aujourd'hui l'un des premiers employeurs touristiques de la région.

Et puis il y a la philanthrope. Son programme Imagination Library envoie chaque mois un livre gratuit à des millions d'enfants à travers le monde, de la naissance à l'entrée à l'école. En 2020, elle fait un don d'un million de dollars à la recherche médicale de l'université Vanderbilt, qui contribuera au financement des travaux sur l'un des premiers vaccins contre le Covid-19. Le tout sans jamais se départir de son look assumé, perruques platine, strass et ongles interminables, qu'elle résumait d'une formule restée célèbre : ça coûte très cher d'avoir l'air aussi bon marché.

Un deuil qui rassemble l'Amérique

Depuis mardi, les hommages affluent du monde de la musique, du cinéma et de la classe politique, tous bords confondus. Le phénomène est suffisamment rare aux États-Unis pour être souligné : dans un pays profondément divisé, Dolly Parton faisait figure d'exception. Un sondage publié en mars 2026 lui donnait 70 pour cent d'opinions favorables chez les Américains, le meilleur score de toutes les personnalités testées, loin devant les politiques. Seuls 5 pour cent des sondés déclaraient ne pas l'aimer.

Son État du Tennessee avait déjà fait du 19 janvier 2026, jour de ses 80 ans, un Dolly Parton Day officiel. Un élu local propose désormais d'inscrire chaque 25 septembre au calendrier comme le 9 to 5 Day, en clin d'œil à sa chanson. Elle qui avait perdu Carl Dean en mars 2025, son mari pendant soixante ans et à qui elle avait dédié une dernière chanson, rejoint désormais la légende. Ses funérailles s'annoncent comme un moment national. Ses chansons, elles, ne sont pas près de se taire.