- Le hérisson hiberne d'octobre-novembre à mars-avril et peut perdre 40 % de son poids.
- Un tas de feuilles ou un abri, et pas de jardinage de novembre à février, l'aident à hiberner.
- Eau et croquettes oui, lait jamais ; les oiseaux, eux, restent actifs tout l'hiver.
Le hérisson hiberne, en général d'octobre-novembre à mars-avril, une période durant laquelle il peut perdre jusqu'à 40% de son poids corporel. Avant d'entrer en léthargie, il cherche activement à se constituer des réserves de graisse. Les mâles commencent généralement à hiberner dès octobre, tandis que les femelles et les jeunes de l'année continuent souvent à chasser jusqu'en décembre pour grossir suffisamment. Une fois endormi, il ne reste pas immobile en continu. Il se réveille brièvement tous les sept à onze jours, et plus longuement si la température se radoucit ou si son nid ne lui convient plus.
Le jardin doit nourrir le hérisson à sa place
Contrairement à une idée répandue, la meilleure façon d'aider un hérisson n'est pas de le nourrir directement. La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) déconseille cette pratique de manière générale : l'animal se nourrit principalement d'insectes, de limaces et de vers de terre, une alimentation qu'un jardin accueillant fournit naturellement.
Favoriser une végétation diversifiée, renoncer aux produits phytosanitaires et limiter la tonte rase suffisent, dans la plupart des cas, à lui garantir de quoi se nourrir avant l'hiver. Le hérisson d'Europe est par ailleurs une espèce protégée en France, ce qui interdit de le capturer ou de le déplacer sans raison valable.

Un tas de feuilles ou un abri à deux pièces
L'aide la plus utile porte sur l'abri. Un tas de feuilles mortes, de bois ou d'herbe coupée laissé dans un coin du jardin offre un site de nidification idéal, à condition de ne pas y toucher une fois l'automne installé. Ce qui ressemble à des déchets à évacuer abrite peut-être déjà un hérisson endormi. Les vieilles souches creuses jouent le même rôle et méritent d'être conservées plutôt qu'arrachées.
Pour qui veut construire un abri dédié, la structure recommandée comporte deux compartiments, un couloir d'accès et une chambre, avec des ouvertures décalées entre elles et un toit parfaitement étanche à la pluie.
Pas de jardinage entre novembre et février
Une fois l'automne bien avancé, mieux vaut aussi limiter les travaux de jardinage entre novembre et février, période la plus sensible pour l'hibernation. Bêcher, tailler une haie ou déplacer un tas de bois risque de réveiller un hérisson endormi, et chaque réveil lui coûte une part de ses réserves énergétiques.
Si malgré ces précautions un nid est dérangé par accident, la meilleure option reste de le reconstituer au même endroit ou juste à proximité, plutôt que de déplacer l'animal.
Une gamelle d'eau et des croquettes, mais jamais de lait
Si un hérisson reste visible et actif alors que le froid s'est déjà installé, poser une gamelle d'eau fraîche et de croquettes pour chat ou chien est une pratique courante et recommandée. Elles seront à base de viande ou de volaille, jamais de poisson. C'est surtout utile en automne, quand il lui faut encore prendre du poids avant l'hibernation. Le récipient d'eau sera large et peu profond : un bol trop creux présente un risque de noyade. Placer le tout à l'abri, sous une caisse retournée percée d'une ouverture par exemple, évite que les chats du voisinage ne viennent se servir à sa place.
Le lait, en revanche, lui est nocif : intolérant au lactose, il peut développer des diarrhées graves, parfois mortelles. Le pain, souvent proposé par réflexe, ne lui apporte de toute façon aucun nutriment utile.
Contrairement au hérisson, les oiseaux ne dorment pas
Les oiseaux du jardin traversent l'hiver dans une logique différente : ils ne dorment pas, mais doivent trouver suffisamment de nourriture chaque jour pour maintenir leur température corporelle malgré le froid.
La LPO recommande de nourrir les oiseaux uniquement en hiver, en général de la mi-novembre à fin mars. Le coup de pouce compte surtout lors des périodes de gel prolongé ou des épisodes neigeux, qui limitent leur accès à la nourriture naturelle. Un nourrissage à l'année, à l'inverse, peut perturber leur cycle de reproduction au printemps.
Une fois commencé, le nourrissage ne s'arrête plus d'un coup
Une fois le nourrissage commencé, la régularité compte davantage que la générosité. Les oiseaux prennent l'habitude de repasser par la mangeoire. Un arrêt brutal les pousse à continuer de s'y rendre en pure perte, au moment où ils ont le plus besoin d'économiser leur énergie.
Mieux vaut réduire progressivement les quantités à l'approche du printemps plutôt que d'interrompre la distribution du jour au lendemain.
Le menu d'hiver : tournesol noir, cacahuètes et maïs concassé
Côté alimentation, un mélange de graines convient à la majorité des espèces. Le tournesol noir non salé est très riche en lipides, ce qui le rend bien adapté au froid. Cacahuètes non grillées et non salées, maïs concassé, fruits flétris (pommes, poires) et blocs de graisse à base de suif complètent utilement ce menu.
En revanche, le pain reste à proscrire : les oiseaux le digèrent mal, et il n'apporte pratiquement aucun nutriment. Le lard salé et les restes de viande ou de fromage sont aussi à éviter.
Une boule de graisse dans un arbre plutôt que dans un filet
L'emplacement de la nourriture compte aussi, mais pas dans le sens qu'on imagine parfois. Suspendre les boules de graisse à une branche d'arbre, à environ 1,80 mètre de hauteur et à l'abri du vent, reste la méthode la plus simple et la plus répandue. Les mangeoires en forme de petite cabane en bois, vendues partout dans le commerce, remplissent le même rôle en protégeant en plus les graines de la pluie.
Ce qui importe surtout, c'est de retirer le filet des boules achetées toutes faites avant de les accrocher : ce maillage peut piéger les pattes des oiseaux, avec des conséquences parfois mortelles. En fin de saison, un nettoyage de la mangeoire limite la propagation de maladies d'une année sur l'autre.
Un jardin qui protège ses hérissons en les laissant tranquilles et qui nourrit ses oiseaux avec régularité répond en réalité à deux besoins opposés. L'un doit être préservé de toute intervention pendant qu'il dort, l'autre réclame un ravitaillement constant tant qu'il reste actif. Ces précautions, une fois prises, demandent peu d'efforts au fil de l'hiver.