- Depuis le 1er octobre 2026, les frais de fourrière des voitures particulières augmentent.
- Paris et trois grandes villes appliquent des tarifs à part.
- Un service en ligne permet de savoir si sa voiture est en fourrière, avec la plaque.
Vous sortez du restaurant ou du cinéma, vous revenez à l'endroit où vous étiez garé et la place est vide. Le premier réflexe, c'est de penser au vol. Le second, souvent le bon, c'est la fourrière. Une double file, une place de livraison ou un trottoir trop encombré, et la dépanneuse est passée.
Depuis le 1er octobre 2026, cette mésaventure coûte un peu plus cher. Un arrêté publié au Journal officiel du 22 septembre a relevé les plafonds des frais de fourrière pour les voitures particulières. Voici ce qui change. Et surtout, comment récupérer votre véhicule sans laisser la facture grimper.
Les nouveaux tarifs de la fourrière
Les frais de fourrière ne sont pas libres. L'État fixe des montants maximums que les dépôts ne peuvent pas dépasser. Ces plafonds dépendent de la taille de la commune et du type de véhicule. Pour une voiture, la hausse touche l'enlèvement et la garde, les deux postes qui pèsent le plus lourd sur la note.
Ce que vous paierez au maximum
Dans la plupart des communes, l'enlèvement d'une voiture passe de 127,65 à 135 €. La garde journalière grimpe de 6,75 à 7,15 €. Les autres montants ne bougent pas : 7,60 € pour la pose d'un sabot, 15,20 € pour les opérations préalables et 100 € pour la mise en vente.
Concrètement, un véhicule récupéré le jour même revient à 142,15 €. S'il reste une semaine, il faut compter 185,05 €. Chaque journée de garde se paie.
Paris et trois grandes villes à part
Paris, Lyon, Marseille et Toulouse ont leur propre barème, en raison des difficultés de circulation et de stationnement. À Lyon, Marseille et Toulouse, l'enlèvement passe lui aussi à 135 €, mais la garde quotidienne coûte 10 €. À Paris, rien ne change : 150 € pour enlever le véhicule et 29 € la journée. Une semaine de fourrière dans la capitale dépasse donc les 350 €.

Une révision chaque année à partir de 2027
Ce relèvement ne sera pas le dernier. Dès 2027, les plafonds évolueront tous les ans. Le calcul tiendra compte du prix des carburants, de la main-d'œuvre, des assurances et des dépanneuses.
Comment savoir si votre voiture est en fourrière ?
Avant de porter plainte pour vol, prenez cinq minutes pour vérifier. Les forces de l'ordre contrôlent d'ailleurs qu'un véhicule n'est pas déclaré volé avant de l'enlever. Si c'est le cas, son propriétaire et l'assureur sont prévenus aussitôt. Dans toutes les autres situations, c'est à vous de chercher.
Le service en ligne avec la plaque d'immatriculation
L'État propose un service en ligne qui indique si un véhicule se trouve en fourrière. Il suffit de saisir le numéro d'immatriculation. Si rien n'apparaît, pas d'inquiétude : l'enregistrement prend un peu de temps après l'enlèvement. Refaites la recherche un peu plus tard.
Toutes les fourrières ne sont pas encore reliées à ce service. Si la recherche reste vide, appelez le commissariat ou la gendarmerie la plus proche de l'endroit où vous étiez stationné. À Paris, la Ville dispose de son propre outil de recherche.
La lettre recommandée
Si vous tardez à vous manifester, vous recevrez une lettre recommandée avec accusé de réception. Elle part dans les cinq jours ouvrables qui suivent la mise en fourrière. Elle donne l'adresse du dépôt, le motif, le montant des frais et le délai dont vous disposez pour reprendre votre véhicule. Gardez-la précieusement : elle précise aussi comment contester.
Récupérer sa voiture, étape par étape
La démarche se fait en deux temps. D'abord l'autorisation de sortie, ensuite le paiement. Sans ce premier document, le gardien ne vous laissera pas repartir, même carte bancaire en main. Mieux vaut donc commencer par là, avant de traverser la ville pour rien.
Obtenir la mainlevée
L'autorisation de sortie s'appelle la mainlevée. Elle se télécharge sur le même service en ligne que la recherche. Vous pouvez aussi la demander aux policiers ou aux gendarmes qui ont décidé l'enlèvement. Trois pièces sont exigées : un permis de conduire valide, l'attestation d'assurance et la carte grise, si elle ne vous a pas été retirée.
Payer au gardien et vérifier l'état du véhicule
Une fois la mainlevée en poche, direction le dépôt. Les frais se règlent directement auprès du gardien. Avant de partir, faites le tour de la carrosserie. Son état doit correspondre à la fiche descriptive établie au moment de l'enlèvement. Une rayure ou un rétroviseur cassé se signale sur place, photos à l'appui.
Si la dépanneuse est encore là
Vous arrivez au moment où le camion se prépare ? Tout dépend de l'avancement. Tant que rien n'a bougé, vous repartez avec votre véhicule en réglant 15,20 € de frais préalables. L'enlèvement débute dès que deux roues ont quitté le sol, ou dès que la voiture a commencé à se déplacer. À partir de là, il faut le payer, ou s'engager par écrit à le régler, puis libérer la voie.
Gardez votre calme. Faire obstacle à une mise en fourrière est un délit. Il est puni de trois mois de prison au maximum, de 3 750 € d'amende et d'un retrait de six points sur le permis.
Les délais à ne pas dépasser
Un véhicule en fourrière ne vous attend pas indéfiniment. Au bout d'un moment, l'administration le considère comme abandonné. Il peut alors être vendu ou détruit. Ces délais courent à partir de la notification, c'est-à-dire de la lettre recommandée.
Le classement après trois jours
Pendant les trois premiers jours, la voiture est simplement gardée. Au-delà, elle est classée selon sa valeur marchande. Si elle vaut encore quelque chose, elle est destinée au service des Domaines, qui pourra la mettre en vente. Sinon, elle rejoint la liste des véhicules à détruire.
Dix ou quinze jours avant l'abandon
Une voiture à remettre aux Domaines est considérée comme abandonnée après quinze jours. Celle qui est classée à détruire l'est au terme de dix, et même de sept si elle a servi à un rodéo urbain. Elle part ensuite à la vente ou dans un centre agréé de destruction.
Une voiture mise en vente peut encore être récupérée tant qu'elle n'a pas trouvé d'acheteur. Il faut alors régler la fourrière, plus 100 € pour la mise en vente.
Contester ou réclamer
Payer ne veut pas dire accepter. Si vous estimez que l'enlèvement n'était pas justifié, ou si votre véhicule revient abîmé, des recours existent. Ils demandent de la rigueur et surtout de conserver tous les justificatifs.
Contester la mise en fourrière
La lettre de notification indique à qui adresser votre recours : le procureur de la République ou le préfet du lieu de l'enlèvement. L'autorité dispose de cinq jours ouvrables pour confirmer la décision ou ordonner la mainlevée. Pour obtenir l'annulation et le remboursement des frais, il faut saisir en parallèle le tribunal judiciaire du même lieu.
Un véhicule rendu abîmé
Des dégâts survenus pendant le chargement ou la garde ouvrent droit à réparation. Envoyez une réclamation en recommandé avec accusé de réception à l'autorité de fourrière, c'est-à-dire la mairie ou la préfecture. Joignez la fiche descriptive et vos photos. En cas de refus, le tribunal administratif du lieu de l'enlèvement peut être saisi.
Le plus sûr pour échapper à ces nouveaux tarifs reste de ne laisser aucun prétexte à la dépanneuse. Mais si la place est vide en rentrant, vous savez désormais quoi faire : chercher la plaque en ligne, réunir permis, assurance et carte grise, puis agir vite. Chaque nuit passée au dépôt s'ajoute à la facture.