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Carburants : le G7 libère 100 millions de barils

Actualités par Camille -  5 min - 89 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Le G7 libère jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut sur quatre mois.
  • Une première vague de gazole arrive sur le marché dans les vingt jours qui suivent l’accord.
  • À la pompe, la baisse attendue se compte en centimes et reste fragile.

Le plein coûte toujours plus cher. Le sans-plomb 95 dépasse 2,10 euros le litre et le gazole 2,30 dans de nombreuses stations françaises. Face à cette flambée, les dirigeants du G7 se sont réunis en urgence le vendredi 2 octobre, lors d’une visioconférence présidée par la France. À l’issue de la réunion, Emmanuel Macron annonce une décision forte : puiser dans les réserves stratégiques pour remettre du carburant sur le marché. Reste la question que se posent tous les automobilistes : les prix vont-ils vraiment baisser ?

Ce que le G7 a décidé

Le G7 rassemble sept grandes économies industrialisées. On y trouve les États-Unis, le Canada et le Japon, ainsi que l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Chacun de ces pays conserve d’importants stocks de pétrole et de carburant pour faire face à une crise. Ce sont ces réserves que les dirigeants acceptent de mobiliser. L’accord comporte deux volets, l’un sur les stocks, l’autre sur le commerce entre pays membres.

Jusqu’à 100 millions de barils en quatre mois

Les pays du G7 s’engagent à libérer jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut, sous la coordination de l’Agence internationale de l’énergie. L’opération s’étale sur quatre mois, mais le gazole, le carburant le plus tendu, passe en priorité. Des volumes jugés substantiels doivent arriver sur le marché dans les vingt jours. Les dirigeants n’excluent pas d’aller plus loin si la situation l’exige. Le chiffre impressionne, mais il faut le lire avec attention : il s’agit d’un plafond, et le G7 ne débloque pas tout d’un coup.

Plein de gasoil

Pas de blocage des exportations

Le second volet est plus discret, mais tout aussi important. Ces dernières semaines, Washington menaçait d’interdire les exportations de gazole américain vers l’Europe, ce qui aurait encore aggravé la pénurie. Les membres du G7 s’engagent finalement à ne pas restreindre leurs ventes de carburant entre eux. Ils promettent aussi de travailler à la baisse des marges des raffineurs et des coûts de transport, qui pèsent lourd dans le prix final.

Pourquoi les prix flambent-ils depuis le printemps ?

La hausse ne date pas de cet automne. Elle remonte au début de la guerre au Moyen-Orient, qui a profondément désorganisé le marché mondial du pétrole. Depuis, les prix montent par vagues, au rythme des tensions dans le Golfe. Deux facteurs expliquent aujourd’hui la situation à la pompe.

Le détroit d’Ormuz toujours perturbé

Le détroit d’Ormuz est la seule sortie maritime du golfe Persique vers l’océan Indien. Avant la crise, environ un cinquième du pétrole mondial y transitait chaque jour. Depuis le mois de mars, les blocages successifs de ce passage obligent les pétroliers à attendre ou à se détourner, et les producteurs de la région à réduire leur production. Moins de pétrole circule, et celui qui arrive coûte plus cher à transporter et à assurer.

Le gazole, maillon faible du marché

Tous les carburants ne sont pas touchés de la même façon. Le gazole reste le produit le plus rare, car l’Europe en importe une grande partie et en consomme beaucoup, pour les voitures comme pour les camions. En Europe, son prix moyen atteint un record historique de 2,24 euros le litre. Les ruptures dans les stations-service, qui touchent de plus en plus de régions, viennent encore renforcer la tension.

Une deuxième libération après celle de mars

Ce n’est pas la première fois que les grandes économies puisent dans leurs réserves cette année. En mars, juste après le début du blocage d’Ormuz, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie avaient déjà annoncé une libération record. La décision d’octobre en est le prolongement, avec un objectif plus ciblé.

Un geste plus ciblé

En mars, l’effort portait surtout sur le pétrole brut, pour éviter une panne générale de l’approvisionnement. En octobre, le G7 vise d’abord le gazole, là où la pénurie se fait le plus sentir. Les quantités sont plus modestes, mais elles touchent directement le carburant qui manque dans les stations.

Des barils de mars pas tous livrés

Tous les barils promis au printemps n’ont pas encore été mis sur le marché. Une partie des stocks annoncés en mars reste donc disponible. Cela montre une chose : libérer des réserves prend du temps, entre l’annonce politique, le raffinage et l’arrivée du carburant à la pompe.

Quel effet à la pompe ?

C’est évidemment la question que tout le monde se pose. Emmanuel Macron se montre confiant et estime que ces décisions doivent faire baisser les prix sur les marchés mondiaux. Les premiers signaux restent pourtant mitigés. Les spécialistes de l’énergie invitent à la prudence.

Quelques centimes, pas des miracles

Juste après l’annonce, le baril européen passe sous la barre des 100 dollars, à 98, avant de remonter presque aussitôt. Selon les experts, la baisse risque d’être modeste et de courte durée : quelques centimes par litre, tant que la guerre au Moyen-Orient continue de peser sur l’offre. Libérer des stocks permet surtout de gagner du temps, sans régler la cause du problème.

Ce que les automobilistes peuvent faire

En attendant une détente durable, mieux vaut comparer les prix avant de faire le plein, car les écarts entre stations atteignent parfois plusieurs dizaines de centimes. Une conduite souple et des pneus bien gonflés réduisent aussi la consommation. Pour les trajets courts, le covoiturage ou les transports en commun allègent aussi la facture. La décision du G7 donne un peu d’air, mais la vraie baisse dépend surtout de ce qui se passe dans le golfe Persique.