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Prime carburant : 1 000 € exonérés jusqu’au 31 décembre

Économie par Hervé -  5 min - 33 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • Jusqu’au 31 décembre 2026, la prime carburant est exonérée jusqu’à 1 000 € par salarié.
  • Elle reste possible même si le salarié habite une zone desservie par les transports en commun.
  • Rien n’oblige l’employeur à la verser : c’est lui qui en fixe le montant et les conditions.

Avec un gazole à près de 2,40 € le litre, chaque plein pèse lourd sur le budget des salariés qui prennent leur voiture pour aller travailler. Pour amortir le choc, le gouvernement a annoncé le 22 septembre un nouveau coup de pouce. Les employeurs peuvent désormais verser jusqu’à 1 000 € de prime carburant à chaque salarié, sans impôt ni cotisations.

La mesure est temporaire : elle ne vaut que pour les sommes versées jusqu’au 31 décembre 2026. Elle n’a rien d’automatique non plus. Voici son fonctionnement, ses bénéficiaires et la marche à suivre pour la mettre en place.

Qu’est-ce que la prime carburant ?

La prime carburant n’est pas une nouveauté. Elle figure déjà dans le Code du travail. Son principe est simple : l’entreprise participe aux frais d’essence, de gazole ou d’électricité de ses salariés. Ce qui change cette année, c’est son plafond et ses conditions.

Une aide facultative de l’employeur

La prime sert à rembourser tout ou partie des frais de carburant engagés pour les trajets entre le domicile et le lieu de travail. Contrairement au remboursement de l’abonnement de transport en commun, elle n’est pas obligatoire. L’employeur reste libre de la proposer ou non, et d’en fixer le montant.

Comment la mettre en place ?

Les conditions de versement sont fixées par un accord d’entreprise ou, à défaut, de branche. Sinon, l’employeur peut décider seul, après avoir consulté le comité social et économique quand l’entreprise en a un. Dans une petite structure, le plus simple reste une note écrite qui précise le montant, les bénéficiaires et la date de versement. La prime doit bénéficier à tous les salariés qui remplissent les mêmes critères.

Prime carburant pour les automobilistes

Ce qui change jusqu’au 31 décembre

Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement a assoupli le dispositif à deux reprises en 2026. Le plafond exonéré a d’abord doublé cet été, avant d’être relevé une nouvelle fois en septembre. Deux restrictions qui limitaient fortement son usage tombent aussi. Le tout reste valable jusqu’à la fin de l’année.

Un plafond relevé à 1 000 €

En temps normal, la prime carburant n’est exonérée que dans la limite de 300 € par an et par salarié. Ce plafond était passé à 600 € cet été. Il atteint désormais 1 000 € pour les sommes versées jusqu’au 31 décembre 2026. Dans cette limite, la prime échappe aux cotisations sociales comme à l’impôt sur le revenu.

Des conditions assouplies

D’habitude, la prime est réservée aux salariés dont le domicile ou le lieu de travail n’est pas desservi par les transports en commun. Cette condition est levée jusqu’à la fin de l’année. Le salarié peut aussi cumuler la prime avec la prise en charge de son abonnement de transport, ce que le Code du travail interdit en temps normal.

Qui peut en profiter ?

Sur le papier, presque tous les salariés qui utilisent leur véhicule pour se rendre au travail sont concernés. Les citadins entrent désormais dans le dispositif, au même titre que les habitants des zones rurales. Encore faut-il que l’entreprise joue le jeu. Et le calendrier est serré pour les deux parties.

Côté salarié

Le salarié touche une somme nette, sans retenue sur sa fiche de paie ni impôt à déclarer, dans la limite de 1 000 €. La prime ne couvre en revanche que les trajets entre le domicile et le travail. Les déplacements du week-end ou des vacances restent à sa charge.

Prenons un salarié qui habite à 30 km de son entreprise. Il en parcourt 60 au quotidien, sur environ 220 jours travaillés, soit plus de 13 000 kilomètres dans l’année. Avec une voiture qui consomme 6 litres aux 100 et un gazole autour de 2,38 € le litre, ses trajets lui coûtent près de 1 900 € par an. Une prime de 1 000 € en couvre donc plus de la moitié.

Côté employeur

Pour l’entreprise, la prime coûte bien moins cher qu’une augmentation de salaire équivalente, puisqu’elle échappe aux cotisations patronales. Elle permet de soutenir le pouvoir d’achat des équipes sans alourdir durablement la masse salariale. Contrairement à une hausse de salaire, elle ne crée aucun engagement pour les années suivantes : l’employeur peut la verser une fois, puis s’arrêter. Mais il faut agir vite : seules les sommes versées avant le 31 décembre profitent du plafond de 1 000 €.

Faut-il la demander à son employeur ?

Rien n’empêche un salarié d’aborder le sujet avec sa direction ou ses représentants du personnel. Tous les dirigeants de petites entreprises n’ont pas forcément entendu parler de ce relèvement. Une simple question peut suffire à lancer la démarche. Le dispositif s’éteint à la fin de l’année, sauf prolongation.

Une démarche qui vaut le coup

Pour obtenir 1 000 € nets par une hausse de salaire, l’entreprise devrait débourser nettement plus, une fois les charges ajoutées. La prime carburant est donc l’un des moyens les plus économiques de donner un coup de pouce à ses salariés d’ici la fin de l’année. Les élus du personnel ont tout intérêt à porter la demande rapidement. Dans une entreprise qui n’en compte pas, rien n’empêche un salarié d’en parler directement à son responsable, chiffres à l’appui.

Ne pas confondre avec l’aide de l’État

La prime de l’employeur ne doit pas être confondue avec l’indemnité carburant de 100 € versée par l’État aux grands rouleurs. Cette aide publique dépend des revenus et du kilométrage parcouru, et se demande sur le site impots.gouv.fr. Les deux dispositifs sont cumulables : un salarié éligible peut toucher l’une et l’autre. Pour ceux qui roulent beaucoup, l’addition des deux aides allège nettement la facture de fin d’année, sans régler pour autant le problème de fond, celui d’un carburant durablement cher.