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Voitures électriques : 42 % des ventes, un record en France

Économie par Hervé -  6 min - 89 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • En septembre, 42 % des voitures neuves vendues en France étaient électriques, un record.
  • Le marché progresse de plus de 11 %, porté presque entièrement par l'électrique.
  • Prix des carburants et leasing social expliquent cette envolée.

Quatre voitures neuves sur dix vendues en France en septembre roulaient à l'électricité. Le chiffre, publié le 1er octobre par la Plateforme automobile (PFA), est un record. Il y a un an, la part de l'électrique ne dépassait pas 22 %.

Septembre n'est pourtant pas un grand mois pour les concessionnaires. Le marché a malgré tout progressé de plus de 11 %, et presque toute cette hausse vient des modèles à batterie. Voici les chiffres, les raisons de cette envolée et les marques qui en profitent.

Un mois record pour le marché automobile

Le marché français des voitures neuves n'avait pas connu de progression à deux chiffres depuis longtemps. Les constructeurs l'attendaient sans trop y croire. Les données de la PFA montrent un mois porté de bout en bout par l'électrique.

Plus de 156 000 voitures neuves

En septembre 2026, 156 629 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France. C'est 11,6 % de plus qu'un an plus tôt. Une performance rare.

L'électrique franchit la barre des 40 %

Les modèles électriques, hydrogène compris, ont représenté 42 % des immatriculations. La progression est rapide : 38 % en août, et seulement 22 % à la même période l'an dernier. Si l'on ajoute les hybrides rechargeables, la part grimpe à 48 %, soit presque une voiture neuve sur deux capable de rouler sans essence.

Période Part de marché
Septembre 2025 22 %
Août 2026 38 %
Septembre 2026 42 %
Septembre 2026, avec les hybrides rechargeables 48 %

Une tendance installée depuis janvier

Le record de septembre ne sort pas de nulle part. Sur les neuf premiers mois de l'année, 387 345 modèles à batterie ont été immatriculés. Ils pèsent 31,4 % du marché, contre 18,3 % un an plus tôt. Au total, 1 234 952 voitures neuves ont été vendues depuis janvier, en hausse de 4,06 %.

Pourquoi l'électrique décolle-t-il ?

Deux raisons reviennent dans toutes les analyses. La première se lit à la pompe, la seconde dans les aides publiques. Ensemble, elles ont changé le calcul de nombreux acheteurs, particuliers comme entreprises.

Renault 5 électrique

Le prix des carburants pèse sur les budgets

Depuis le début de la guerre en Iran, le prix de l'essence et du gazole a fortement augmenté. Pour un ménage qui roule beaucoup, le plein est devenu un poste de dépense difficile à ignorer. Face à cette hausse, recharger une voiture à domicile coûte nettement moins cher au kilomètre. L'argument économique, longtemps avancé sans convaincre, devient concret.

Le leasing social relance la demande

La troisième vague du leasing social a été lancée en juillet. Ce dispositif permet à des ménages modestes de louer une voiture électrique neuve pour un loyer mensuel réduit. Il s'ajoute au bonus lié à l'écoscore, qui réserve les aides aux modèles produits avec un faible impact carbone. La PFA le reconnaît : l'électrique dépend encore largement de ces coups de pouce.

L'écoscore ne regarde pas seulement la voiture elle-même. Il tient compte de l'empreinte carbone de sa fabrication, et donc du lieu où elle est assemblée. Les modèles produits en Europe en profitent, comme la Renault 5 sortie de l'usine de Douai ou le Model Y fabriqué près de Berlin. Les voitures importées de pays où l'électricité est très carbonée en sont souvent exclues.

Les entreprises suivent le mouvement

Les flottes d'entreprise participent aussi à la bascule. Selon le Journal de l'Automobile, les ventes aux professionnels progressent depuis cinq mois d'affilée, et l'électrique y frôle désormais les 40 %. Pour une société, le coût d'usage d'un véhicule pèse autant que son prix d'achat. Le média spécialisé résume d'ailleurs ce mois de septembre d'une formule : une rentrée sous perfusion, tant les aides publiques soutiennent la demande.

Les gagnants et les perdants du mois

La hausse ne profite pas à tous les constructeurs de la même façon. Ceux qui disposent d'une gamme électrique variée et bien placée en prix tirent leur épingle du jeu. Les autres voient leur part reculer.

Le Tesla Model Y toujours en tête

Le Tesla Model Y reste la voiture électrique la plus vendue du mois, avec 8 183 immatriculations. La marque américaine totalise 9 038 ventes en septembre, en hausse de 62 % sur un an. Avec cet écart, la Renault 5, longtemps en course pour le titre de modèle le plus vendu de l'année, voit le SUV américain prendre le large.

Renault en force

Le groupe Renault, qui réunit aussi Dacia et Alpine, totalise 40 065 immatriculations, soit plus d'un quart du marché. Sa R5 se classe deuxième des modèles à batterie avec 5 224 exemplaires, et le Scénic E-Tech cinquième avec 2 738. Parmi les autres succès du mois figurent le Skoda Elroq et le Kia EV2.

Modèle Immatriculations en septembre
Tesla Model Y 8 183
Renault 5 5 224
Renault Scénic 2 738
Skoda Elroq 1 457
Kia EV2 1 252

Dacia à la peine, les marques chinoises arrivent

À l'inverse, Dacia, championne des voitures thermiques à petit prix, souffre de ce basculement. Dans le même temps, la PFA constate l'arrivée de plus en plus de marques chinoises sur le marché français, comme BYD ou Xpeng. Elles visent précisément les acheteurs à la recherche d'une électrique abordable. Le duel ne fait que commencer. Pour Dacia comme pour les autres marques à petits prix, l'enjeu des prochains mois sera de proposer une électrique au tarif de leurs modèles thermiques.

Une dynamique encore fragile

Le cap des 40 % est symbolique, mais il ne garantit rien pour la suite. Les professionnels du secteur restent prudents, car ils savent combien la demande réagit vite au moindre changement des règles.

La dépendance aux aides

Si le leasing social s'arrête ou si les bonus diminuent, une partie des acheteurs pourrait se détourner de l'électrique. C'est déjà arrivé par le passé, après chaque coup de rabot sur les aides. Le prix des carburants, lui, peut aussi redescendre et rendre l'avantage moins évident.

Rendez-vous début novembre

Les chiffres d'octobre seront publiés par la PFA début novembre. Ils diront si la part de l'électrique se maintient au-dessus de 40 %, ou si septembre restera un pic. Une chose est sûre : jamais le marché français n'avait été aussi près de la parité entre l'électrique et le thermique.