- Tesla présente au Texas un Roadster qui fait un looping et atterrit à ses propulseurs.
- La voiture passe de 0 à 97 km/h en 1 seconde, selon les images diffusées par Tesla.
- La production est annoncée pour 2028, en 3 versions.
Une voiture électrique qui grimpe sur une rampe, boucle un looping, se retourne en l'air puis se pose en douceur dans un nuage de fumée. La scène ressemble à un trucage de cinéma. Elle s'est pourtant déroulée en direct, dans la nuit de jeudi à vendredi, sur le site d'essais de SpaceX à McGregor, au Texas.
Tesla y présentait enfin la deuxième génération de son Roadster. Selon les images diffusées par le constructeur, la sportive passe de 0 à 97 km/h en 1 seconde, et sa production est annoncée pour 2028. Depuis ce matin, les vidéos de la démonstration tournent en boucle sur les réseaux sociaux, et les internautes n'en reviennent pas.
Une démonstration digne d'un film d'action
Le spectacle a été retransmis sur X, le réseau social d'Elon Musk, à 19 h 55 heure du Texas, soit 2 h 55 en France. Initialement prévu le 1er octobre, il avait été repoussé à cause de la météo, car il ne pouvait se tenir qu'en plein air. L'attente n'a pas été vaine. En quelques minutes, Tesla a réussi ce qu'aucune automobile n'avait fait avant elle.
Une rampe, un looping et un atterrissage en douceur
Le Roadster s'élance sur une rampe de lancement, enchaîne un looping complet et pivote sur lui-même dans les airs. Ses propulseurs s'allument alors pour freiner la descente. La voiture se pose sans heurt, au milieu de la fumée et sous les cris du public.
« Eh bien, ça a fonctionné », a lancé Elon Musk, visiblement soulagé, juste après la performance. Il a salué le travail commun des ingénieurs de Tesla et de SpaceX. Selon lui, personne n'a jamais vu ça au cinéma, pas même dans un James Bond.
Un 0 à 97 km/h en une seule seconde
La démonstration ne s'est pas limitée aux acrobaties. Tesla a aussi montré son Roadster passer de 0 à 60 miles par heure, environ 97 km/h, en 1 seconde. Une accélération pareille écrase le pilote dans son siège.
Elon Musk présente cette sportive comme la meilleure des dernières voitures pilotées par un humain. Le contraste est saisissant : depuis septembre, le même constructeur fait rouler à Austin ses Cybercab, des taxis sans volant ni pédales.

Comment une voiture peut-elle rouler à l'envers ?
Voir une automobile suspendue à l'envers au sommet d'un looping a de quoi intriguer. Il n'y a pourtant pas de magie là-dessous. Deux technologies travaillent ensemble pour rendre la chose possible : une aspiration très puissante sous la caisse, et des propulseurs empruntés au monde spatial. La première tient la voiture, la seconde la fait voler.
L'aspiration qui colle la voiture à la piste
D'après Tesla, le Roadster dispose d'une aspiration sous le véhicule suffisante pour le maintenir à l'envers, même à l'arrêt. Le principe est simple. En aspirant l'air situé sous le plancher, la voiture crée une dépression qui la plaque contre la surface. Tant que cette force dépasse son poids, elle ne tombe pas.
L'idée a déjà marqué l'histoire du sport automobile. En 1978, la Brabham BT46B de Formule 1, surnommée la voiture-aspirateur, utilisait un grand ventilateur pour s'agripper au bitume. Niki Lauda l'avait menée à la victoire au Grand Prix de Suède, avant que l'écurie ne la retire après cette unique course. Près d'un demi-siècle plus tard, Tesla pousse ce concept jusqu'à défier la gravité.
Des propulseurs à gaz froid venus de l'espace
Le second secret du Roadster porte un nom de code interne, A71. Il s'agit d'un ensemble d'une dizaine de propulseurs à gaz froid développés avec SpaceX. Contrairement à un moteur de fusée, ces petites tuyères ne brûlent rien. Elles relâchent de l'air comprimé à très haute pression, et l'éjection du gaz pousse la voiture dans la direction opposée.
Ce type de propulseur sert depuis longtemps dans le spatial pour orienter un engin avec précision. Le premier étage de la fusée Falcon 9 en utilise par exemple pour se positionner lors de sa descente vers la Terre. Sur le Roadster, il stabilise la voiture en vol et amortit son retour au sol. Elon Musk évoquait déjà cette option SpaceX en 2018, en décrivant des propulseurs logés à la place des sièges arrière pour améliorer les virages, le freinage et les accélérations. Huit ans plus tard, l'idée est devenue réalité devant les caméras.
Tesla et SpaceX, deux entreprises au service d'une même voiture
Le nouveau Roadster illustre une force rare : un constructeur automobile qui peut puiser directement dans le savoir-faire d'une entreprise spatiale. Les deux sociétés partagent le même patron et la même culture de l'audace. Cette démonstration en est la vitrine la plus spectaculaire à ce jour, et elle a été tournée sur le terrain même où SpaceX éprouve ses moteurs.
Un Roadster déjà parti dans l'espace
Le lien entre le Roadster et SpaceX ne date pas d'hier. En février 2018, la fusée Falcon Heavy avait emporté dans l'espace le Roadster personnel d'Elon Musk, un modèle de première génération rouge cerise, avec un mannequin en combinaison baptisé Starman au volant. Les images de cette voiture flottant au-dessus de la Terre avaient fait le tour du monde.
Le nouveau modèle referme en quelque sorte la boucle. Cette fois, ce sont les technologies de l'espace qui reviennent sur Terre pour équiper une voiture.
Rendez-vous en 2028
Elon Musk annonce une fabrication du Roadster en 2028, avec 3 versions au catalogue. Le patron de Tesla a même évoqué un défi un peu fou : tenter de franchir en Roadster le canyon de la Snake River, dans l'Idaho. C'est là qu'en 1974, le cascadeur Evel Knievel avait essayé de traverser la gorge à bord d'une fusée à vapeur.
De quoi promettre de nouvelles images vertigineuses. En une seule soirée, Tesla a rappelé que l'automobile peut encore faire rêver, et les spectateurs n'ont pas fini de se repasser la vidéo.