- Sarlat compte parmi les premiers secteurs sauvegardés de France, depuis 1964.
- Le grand marché se tient le samedi matin, un second a lieu le mercredi.
- La Roque-Gageac, Beynac et Castelnaud sont à moins de 15 km du centre.
Il y a des villes qu'on visite et d'autres où l'on flâne. Sarlat-la-Canéda appartient à la seconde catégorie. Ses ruelles de pierre blonde, ses toits de lauze et ses façades à colombages forment l'un des centres médiévaux les mieux conservés du pays.
La capitale du Périgord noir se prête parfaitement à un séjour de 2 jours. Le samedi pour la ville et son marché, le dimanche pour la vallée de la Dordogne et ses châteaux. Le tout sans jamais faire plus d'une demi-heure de voiture.
Samedi : Sarlat à pied, du marché aux ruelles
La voiture reste au parking, en bordure du centre. Le cœur historique se découvre à pied, et c'est tant mieux : les plus belles cours et les passages couverts ne se voient qu'en levant les yeux au détour d'une venelle. Mieux vaut arriver tôt, avant que les rues ne se remplissent.
Le marché, un rendez-vous depuis des siècles
Le samedi matin, le grand marché envahit les rues autour de la place de la Liberté. Un second se tient le mercredi. Les étals débordent de produits du terroir : foie gras, confits, magrets et fromages. On y trouve aussi des noix et, en saison, les truffes noires du Périgord.
À deux pas, l'ancienne église Sainte-Marie, réaménagée par l'architecte Jean Nouvel, abrite les halles couvertes. Son ascenseur panoramique aux parois vitrées monte jusqu'à un belvédère d'où l'on embrasse tous les toits de la ville. Sur la place du Marché-aux-Oies, 3 oies en bronze rappellent que le volatile fait ici partie de l'histoire locale.

Une vieille ville sauvée par la loi Malraux
Ce décor de carte postale a bien failli disparaître. Dans les années 1960, de nombreuses maisons tombent en ruine, et le quartier n'a même pas de réseau d'égouts. La loi Malraux, votée en 1962, change la donne. Sarlat devient secteur sauvegardé le 27 août 1964, l'un des tout premiers de France.
La restauration démarre en 1966 et sert de modèle à d'autres villes. Le principe tient en une phrase de Malraux : préserver l'extérieur et moderniser l'intérieur. On lui doit l'allure actuelle de la cité. La cathédrale Saint-Sacerdos et la maison natale d'Étienne de La Boétie, ami de Montaigne, comptent parmi les monuments à ne pas manquer. Tout près se dresse l'étrange lanterne des morts, une tour ronde coiffée d'un cône de pierre.
Le soir venu, la ville change de visage. Les lanternes s'allument, les terrasses se vident peu à peu et les façades prennent une teinte orangée. Une dernière promenade dans les ruelles désertes, après le dîner, laisse souvent le meilleur souvenir du séjour.
Dimanche : la vallée de la Dordogne et ses châteaux
Au sud de Sarlat, la Dordogne serpente au pied de falaises calcaires. En une matinée, on passe d'un village accroché à la roche à des forteresses qui se sont fait face pendant la guerre de Cent Ans. Une journée suffit pour en voir l'essentiel, sans courir.
La Roque-Gageac, entre falaise et rivière
Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, La Roque-Gageac aligne ses maisons entre la falaise et l'eau. L'endroit bénéficie d'un microclimat : palmiers, bananiers et figuiers poussent dans son petit jardin exotique, un spectacle inattendu en Périgord. Les ruelles grimpent ensuite vers un fort troglodytique creusé dans la roche, accessible par des escaliers.

Depuis le village, une gabarre emmène les visiteurs sur la Dordogne pendant une cinquantaine de minutes. Ces bateaux à fond plat transportaient autrefois le vin, le bois et le sel jusqu'à Bordeaux. Vue depuis la rivière, la vallée prend une autre dimension, avec ses châteaux perchés et ses falaises dorées.
Beynac et Castelnaud, d'une rive à l'autre
Sur la rive droite, le château de Beynac domine la vallée du haut de sa falaise. Sur l'autre rive, à 9 km de Sarlat, Castelnaud lui fait face. Pendant la guerre de Cent Ans, les deux forteresses se trouvaient dans des camps opposés, l'une française, l'autre anglaise.
Castelnaud abrite aujourd'hui le musée de la guerre au Moyen Âge. Armures, armes et machines de siège grandeur nature y racontent la vie d'une garnison. Un peu plus loin, les jardins de Marqueyssac déroulent leurs buis taillés à la main sur un éperon rocheux. Le belvédère, perché au-dessus de la rivière, offre l'un des plus beaux panoramas de la région.
À table et pour prolonger le séjour
Un week-end en Périgord ne se résume pas aux vieilles pierres. La gastronomie fait partie du voyage, et les restaurants de Sarlat la mettent à l'honneur. Pour ceux qui disposent d'une journée de plus, deux visites valent le détour au nord et au sud de la ville.
L'oie, le canard et la noix
Impossible de quitter Sarlat sans goûter les pommes de terre sarladaises. Rissolées dans la graisse de canard ou d'oie, avec ail et persil, elles accompagnent le confit ou le magret. Le foie gras se sert souvent en entrée, et la noix du Périgord finit le repas en gâteau ou en liqueur.
Sur le marché, les producteurs proposent souvent de goûter avant d'acheter. Repartir avec un bocal de confit ou un sachet de cerneaux permet d'emporter un peu du Périgord à la maison.
Lascaux IV et Domme pour une journée de plus
À Montignac, au nord de Sarlat, Lascaux IV reproduit à l'identique la célèbre grotte ornée, fermée au public depuis 1963 pour protéger ses peintures. La visite permet de découvrir ces chevaux, taureaux et cerfs peints il y a plus de 17 000 ans. En période de vacances, mieux vaut réserver son créneau à l'avance, les visites se font par petits groupes et affichent vite complet.
Au sud, la bastide de Domme, fondée en 1281, domine la vallée depuis son promontoire. Le panorama depuis la Barre embrasse toute la Dordogne, de La Roque-Gageac jusqu'à Beynac. Une dernière vue d'ensemble, idéale pour boucler un séjour en Périgord noir.