- La Xbox Series X coûte désormais 799,99 € en France, contre 499,99 € à sa sortie.
- Sony, Microsoft et Nintendo ont tous relevé le prix de leurs consoles en 2026.
- La mémoire, captée par les centres de données de l'IA, voit son coût s'envoler.
Pendant des décennies, la règle était immuable : une console coûtait cher à sa sortie, puis son prix baissait au fil du temps. Les joueurs patients finissaient toujours par s'offrir la machine à un tarif plus doux. Cette époque semble révolue.
En 2026, les 3 grands constructeurs ont tous augmenté leurs prix. La Xbox Series X avec lecteur de disque touche désormais les 800 €, la PS5 Pro frôle les 900 €. Un phénomène qui s'explique moins par les consoles elles-mêmes que par une ruée mondiale sur un composant discret : la mémoire.
Des prix qui montent au lieu de baisser
Les hausses se sont enchaînées en quelques mois. Sony a ouvert le bal au printemps, Microsoft a suivi pendant l'été, puis Nintendo à la rentrée. Aucune marque n'y échappe, et personne ne promet de retour en arrière.
Une Xbox Series X passée de 499 à 799 €
Depuis le début du mois d'août, la Xbox Series X avec lecteur coûte 799,99 € en France, contre 649,99 € auparavant. À sa sortie, en novembre 2020, elle valait 499,99 €. En moins de 6 ans, son prix a donc grimpé de 300 €. La petite Series S suit le même chemin, à 499,99 € pour la version 512 Go.
| Console | Prix de lancement | Prix actuel |
| Xbox Series X (lecteur) | 499,99 € | 799,99 € |
| Xbox Series S 512 Go | 299,99 € | 499,99 € |
| PS5 (lecteur) | 499,99 € | 649,99 € |
| PS5 Digital | 399,99 € | 599,99 € |
| PS5 Pro | 799,99 € | 899,99 € |
| Nintendo Switch 2 | 469,99 € | 499,99 € |
Une première dans l'histoire des consoles
Chez Sony, la hausse du 2 avril 2026 a porté la PS5 classique de 549,99 € à 649,99 €. La PS5 Pro, lancée à 799,99 €, est passée à 899,99 €. C'est la troisième augmentation de la PS5 en Europe en moins de 4 ans : jamais une PlayStation n'avait autant augmenté en cours de vie. Nintendo, de son côté, a relevé la Switch 2 de 470 à 500 € en septembre.
Les précédentes générations suivaient une trajectoire inverse. Les fabricants vendaient parfois leurs machines à perte au lancement, puis profitaient de la baisse du coût des composants pour réduire le prix. Cette mécanique s'est enrayée.
La PS4 en offre un bon exemple. Lancée à 399 € en 2013, elle était proposée sous les 300 € quelques années plus tard, dans sa version Slim. Les joueurs de l'époque savaient qu'il suffisait d'attendre. Ceux d'aujourd'hui constatent l'inverse : plus ils patientent, plus la facture grimpe.
L'intelligence artificielle, principale responsable
Le lien entre une console de salon et ChatGPT ne saute pas aux yeux. Il est pourtant direct. Les deux ont besoin des mêmes puces de mémoire, produites par une poignée d'usines dans le monde. Et dans cette compétition, les joueurs ne sont pas prioritaires.

Les centres de données raflent la mémoire
Les géants de la tech investissent des centaines de milliards de dollars dans des centres de données pour l'intelligence artificielle. Ces installations consomment des quantités énormes de puces. Les 3 grands fabricants, Samsung, SK Hynix et Micron, réservent désormais une large part de leur production à la mémoire HBM, utilisée par les processeurs de Nvidia.
Résultat, la mémoire classique se raréfie. Or une console en contient beaucoup : de la RAM pour faire tourner les jeux et un disque SSD pour les stocker. Quand le prix de ces composants s'envole, celui de la console suit mécaniquement. Les constructeurs, qui vendent déjà leurs machines avec de faibles marges, n'ont plus la possibilité d'absorber la différence.
Un coût multiplié par 2,5 selon Microsoft
Selon Microsoft, le coût de la mémoire et du stockage est désormais plus de 2,5 fois supérieur à son niveau antérieur, en raison d'une crise mondiale et persistante des composants. Le constructeur l'a expliqué fin juin 2026 en annonçant sa hausse d'août.
Nintendo évoque de son côté 624 millions de dollars de coûts supplémentaires à absorber, liés en grande partie aux semi-conducteurs. Sony parle plus sobrement de pressions constantes sur le paysage économique mondial. En 2025 déjà, les droits de douane américains avaient provoqué une première vague de hausses.
Quelles conséquences pour les joueurs ?
Pour les familles, la note devient salée, surtout à l'approche des fêtes. Une console, une manette supplémentaire et 2 jeux peuvent dépasser les 1 000 €. Le jeu vidéo, longtemps présenté comme un loisir accessible, change de catégorie. Pour beaucoup de foyers, un tel achat se prépare désormais des mois à l'avance.
Acheter maintenant ou attendre ?
Aucun signe de baisse n'apparaît à l'horizon. Microsoft s'attend même à ce que le prix de la mémoire et du stockage double encore d'ici l'automne 2027. Attendre une promotion n'a plus grand sens : le tarif d'aujourd'hui pourrait bien être le plus bas des prochains mois.
Le marché de l'occasion devient une alternative sérieuse. Une console reconditionnée, vérifiée et garantie, se trouve souvent bien en dessous du prix du neuf. Les anciennes générations, comme la PS4 ou la Xbox One, offrent aussi un vaste catalogue de jeux à petit prix.
Le jeu en streaming offre une autre piste. Avec un abonnement, les jeux tournent sur des serveurs distants et s'affichent sur une télévision, un ordinateur modeste ou une tablette. Une bonne connexion internet suffit, sans investir dans une machine puissante. Une solution qui pourrait séduire de plus en plus de joueurs si les prix continuent de grimper.
Le PC de jeu touché lui aussi
Les joueurs sur ordinateur ne sont pas épargnés. Les barrettes de mémoire vive et les cartes graphiques subissent la même pression, pour les mêmes raisons. Nvidia concentre ses efforts sur les puces pour centres de données, bien plus rentables que le marché du jeu.
Monter ou améliorer un PC de jeu coûte ainsi nettement plus cher qu'il y a 2 ans. Pour beaucoup, la meilleure stratégie consiste à garder sa machine actuelle un peu plus longtemps, le temps que la production de mémoire rattrape la demande.