- Les résultats PISA 2025 de la France sont les plus bas depuis la création du classement.
- Le recul est net en mathématiques et en compréhension de l'écrit.
- Un document sur les apprentissages sera remis aux familles après la Toussaint.
Les résultats de l'enquête PISA 2025 sont tombés ce mardi 8 septembre. Pour la France, ils sont les plus bas jamais enregistrés depuis la création de ce classement en 2000. En mathématiques et en compréhension de l'écrit, la chute est nette par rapport à 2022. En sciences, le score tient à peu près. Le ministre de l'Éducation nationale reconnaît un constat préoccupant. Il annonce une première mesure concrète pour les familles : un document sur les apprentissages de l'année, remis à chaque foyer après les vacances de la Toussaint.
Ce que mesure PISA
PISA, c'est le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, piloté par l'OCDE. Tous les trois ans depuis 2000, et désormais tous les quatre ans, il fait passer les mêmes exercices à des adolescents de 15 ans dans des dizaines de pays. Trois domaines sont évalués : la compréhension de l'écrit, les mathématiques et la culture scientifique. Cette édition 2025 réunit 91 pays et économies.
En France, 6 500 jeunes ont été testés en 2025. La plupart sont entrés au CP en 2015 et en sixième en 2020, c'est-à-dire l'année du premier confinement. Ce détail compte quand on regarde les chiffres : ces adolescents ont fait une partie de leur collège en classe à distance ou en demi-groupes.

Des scores jamais vus depuis 2000
Les chiffres sont simples à lire. En sciences, la France obtient 483 points, soit 4 de moins qu'en 2022 : l'OCDE considère ce résultat comme stable. En compréhension de l'écrit, le score tombe à 456, soit une chute de 18. En mathématiques, il glisse à 458, avec une perte de 16.
Pour donner une échelle, l'OCDE estime qu'un écart de 20 points correspond à peu près à une année de scolarité. En lecture comme en maths, les élèves français de 2025 ont donc perdu presque une année par rapport à ceux de 2022.
Sur plus long terme, la pente est encore plus visible. Entre 2012 et 2025, la France est passée de 499 à 483 en sciences, de 505 à 456 en lecture et de 495 à 458 en maths. En mathématiques, le pays se situe maintenant dans la moyenne basse de l'OCDE, entre la Hongrie et l'Espagne.
La baisse touche la plupart des pays de l'OCDE, la France n'est pas seule. Elle reste d'ailleurs dans la moyenne de l'organisation dans les trois domaines. Ce qui inquiète, c'est que cette référence baisse, et que la France décroche un peu plus vite que les autres en mathématiques.
Les bons élèves se font rares
Derrière les scores, deux mouvements se croisent. D'un côté, le nombre de jeunes en grande difficulté reste élevé : environ un tiers des collégiens français peinent à comprendre un texte écrit, et 36 % sont en difficulté en mathématiques. De l'autre, le haut du tableau se vide. En dix ans, la part d'élèves très performants est passée de 11 % à 5 % en maths, et de 13 % à 5 % en compréhension de l'écrit.
Cet effritement par le haut explique un résultat qui peut surprendre : l'écart entre les enfants aisés et ceux des foyers modestes s'est réduit depuis 2015. Non que les seconds aient progressé : leurs résultats sont restés stables. Ce sont les premiers qui ont reculé. La difficulté s'est étendue à des milieux où elle n'existait pas.
Les différences entre filles et garçons évoluent aussi. En lecture, les premières gardent une avance de 32 points, qui s'est creusée depuis 2022 : les garçons ont reculé de 23, elles seulement de 11. En mathématiques, ce sont eux qui restent devant, avec 464 contre 451, un décalage de 13 inchangé.

Ce que l'OCDE écarte et ce qu'elle pointe
L'OCDE a pris soin d'écarter deux explications souvent avancées. La première, ce serait l'argent : la France a une dépense d'éducation plutôt élevée par rapport aux résultats obtenus, le problème n'est donc pas le montant investi mais son utilisation. La seconde, ce serait l'immigration : l'écart entre les jeunes issus de familles venues de l'étranger et les autres est stable depuis 2015, il n'explique pas la baisse.
L'organisation retient d'autres signaux. Le soutien des parents à la scolarité s'affaiblit. La compréhension de l'écrit recule chez les garçons des milieux favorisés, ce qui est nouveau. Et les réformes se succèdent à un rythme tel qu'il devient difficile d'en mesurer l'effet, chacune en remplaçant une autre avant d'avoir produit ses résultats.
Un document pour les parents après la Toussaint
Dans un entretien au Monde publié le jour même, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray juge les résultats préoccupants, sans en être surpris. Il met en avant deux causes. La première est le temps passé sur les téléphones et les réseaux sociaux, qu'il tient pour un facteur majeur de perte de concentration et de lecture. La seconde est la baisse de l'investissement des parents dans la scolarité de leurs enfants.
C'est sur ce second point que porte la mesure la plus immédiate. Après les vacances de la Toussaint, chaque famille recevra un document qui détaille les apprentissages prévus pour l'année scolaire de leur enfant. L'idée est de rendre visible, en langage clair, ce que l'élève doit savoir à la fin de l'année, pour que les parents puissent suivre et accompagner, même sans maîtriser eux-mêmes le programme.
Le ministère fixe aussi un objectif chiffré : gagner 20 points d'ici 2029, soit l'équivalent d'une année d'apprentissage, pour dépasser la moyenne de l'OCDE, puis revenir parmi les premiers pays d'Europe au cycle PISA 2033.
Le collège, chantier du prochain quinquennat
Le ministre estime que les mesures des dernières années ont surtout visé l'école primaire, et que le collège a été laissé de côté trop longtemps. Il veut en faire le grand chantier du prochain quinquennat, avec un levier précis. Il s'agit d'augmenter de 50 % en cinq ans les heures d'autonomie laissées aux établissements, pour renforcer le soutien aux élèves en difficulté et diversifier ce qui leur est proposé.
Le calendrier politique s'invite dans le débat. Plusieurs candidats à l'élection présidentielle ont réagi dans la journée. Gabriel Attal, ancien ministre de l'Éducation, parle de résultats alarmants et fait du niveau des élèves sa première priorité. Bruno Retailleau demande la fin du collège unique au profit de parcours adaptés.
Pour les parents, le premier rendez-vous est plus proche : ce document remis après la Toussaint. Il ne relèvera pas les scores à lui seul, mais il offre une base concrète pour reprendre la main sur ce qui se passe en classe.