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Octobre rose : à partir de quel âge se faire dépister ?

Santé Publié le 24/10/2026 par Camille -  6 min - 38 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • De 50 à 74 ans, une mammographie est proposée tous les 2 ans.
  • Elle est prise en charge à 100 %, sans avance de frais, sur présentation de la lettre.
  • Avant 50 ans, un examen clinique des seins est recommandé chaque année dès 25 ans.

Lancée aux États-Unis en 1985, la campagne Octobre rose a gagné la France en 1994. Son symbole, un petit ruban, date de 1992. Chaque année, il réapparaît dans les vitrines et sur les écrans. Derrière cette mobilisation se cache une question très concrète : à partir de quel âge passer une mammographie, et qui règle la note ? Les réponses tiennent en quelques repères que beaucoup ignorent encore.

Qui reçoit l'invitation, et à quel rythme ?

Selon Service-Public.fr, le dépistage organisé du cancer du sein s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans, avec une mammographie tous les 2 ans prise en charge à 100 %. Ce programme national existe depuis 2004 et vise les femmes à risque moyen, sans symptôme. L'invitation arrive directement à domicile. Nul besoin de la réclamer.

Une invitation par courrier, un cabinet au choix

La lettre est accompagnée d'une liste de radiologues agréés. Chacune choisit librement celui qui lui convient. Si rien n'arrive, un appel à la caisse primaire d'assurance maladie permet de se signaler. À l'inverse, une femme qui ne souhaite pas participer peut renvoyer un formulaire d'exclusion. L'invitation suivante n'arrive alors que 2 ans plus tard.

Ce que la prise en charge couvre vraiment

L'Assurance maladie rembourse la mammographie du programme à 100 %, sans avance de frais. Il suffit de présenter la lettre d'invitation au cabinet.

Le rendez-vous comprend un examen clinique et 2 clichés par sein. Un premier radiologue lit les images, et une échographie peut être proposée si le tissu mammaire est très dense. Quand le cliché paraît normal ou bénin, un second radiologue expérimenté le relit systématiquement. Cette double lecture se fait à distance, dans un centre régional de coordination des dépistages. La patiente n'a pas à se déplacer une deuxième fois.

Si le second lecteur juge un cliché anormal, la femme est rappelée pour des examens complémentaires. Ce rappel n'est pas un diagnostic : dans l'évaluation nationale des années 2004-2009, environ 16 % des résultats positifs se confirmaient après examens.

Dépistage du cancer du sein

Pourquoi moins d'une femme sur 2 répond-elle à l'invitation ?

En 2025, le taux de participation au programme national atteint 47,5 %, selon Santé publique France. Il était de 43,9 % en 2024. Malgré ce regain, la tendance de fond reste à la baisse : après un pic proche de 50 %, la participation recule depuis 2012. L'enjeu est pourtant de taille. La maladie arrive en tête chez la femme : elle représente environ un tiers des tumeurs malignes féminines, avec 61 214 nouveaux cas estimés pour 2023 en métropole, d'après l'Institut national du cancer. Le taux de survie à 5 ans atteint 88 %, contre 80 % pour les patientes diagnostiquées entre 1989 et 1993, et Santé publique France estime que le programme y a probablement contribué. L'agence note aussi que les résultats français dépassent la moyenne européenne et que le dispositif a réduit les écarts sociaux face à la maladie.

Des mammographies passées hors programme

Les chiffres annuels fluctuent. Sur 2 ans, le taux passe de 46,6 % en 2022-2023 à 45,7 % en 2024-2025, d'après Santé publique France. L'agence précise que la réorganisation du dispositif en janvier 2024 a laissé des données d'invitations incomplètes, ce qui invite à la prudence pour la dernière période.

Une partie des femmes se fait dépister de sa propre initiative, souvent à un âge précoce. Une réponse du ministère de la Santé à l'Assemblée nationale chiffre ce dépistage individuel à 10 %, sur la période 2022-2023. Il porterait le taux global à près de 60 %, contre un objectif européen de 70 %. Le chiffre du programme seul sous-estime donc la couverture réelle.

Des écarts entre régions que l'Assurance maladie tente de combler

Le retard n'est pas uniforme. Entre 2022-2023 et 2024-2025, la participation a progressé en Normandie et dans les Hauts-de-France. Elle a aussi gagné du terrain en Nouvelle-Aquitaine, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Occitanie et en Corse. La plupart des autres territoires sont en recul, avec une baisse marquée à La Réunion. Par tranche d'âge, seule celle des 50-54 ans reste stable.

Une feuille de route des dépistages organisés 2024-2028, publiée en janvier 2024, cherche à réduire les inégalités d'accès. L'Assurance maladie relance par téléphone celles qui n'ont pas répondu, depuis 6 plateaux d'appels en métropole et 1 en Guyane. Pour les zones éloignées de tout cabinet de radiologie, un arrêté du 16 janvier 2024 autorise à titre exceptionnel des unités mobiles. Une étude menée en Normandie évalue ce dispositif.

Que faire avant 50 ans ou après 74 ans ?

Le programme national a des bornes d'âge, pas la vigilance. Hors de cette tranche, d'autres repères prennent le relais, et c'est un professionnel de santé qui fixe le rythme en fonction de l'histoire de chacune.

Avant 50 ans : un examen clinique chaque année

Les femmes de moins de 50 ans ne reçoivent pas d'invitation. Dès 25 ans, un examen clinique des seins est pourtant recommandé au moins 1 fois par an, quel que soit le niveau de risque. Il consiste en une observation et une palpation. Le médecin généraliste, le gynécologue ou la sage-femme peuvent le pratiquer.

Un autre rendez-vous existe : Mon bilan prévention. Ce point de santé est proposé à 4 âges clés : de 18 à 25 ans, de 45 à 50 ans, de 60 à 65 ans et de 70 à 75 ans. Médecins, infirmiers, sages-femmes et pharmaciens peuvent l'assurer. Un questionnaire y repère les antécédents familiaux et vérifie si le dépistage est à jour. Les femmes à risque élevé sortent du schéma standard, et leur suivi se décide avec un professionnel de santé.

Après 74 ans : le médecin traitant prend le relais

Passé 74 ans, l'invitation s'arrête. La suite du suivi se discute avec le médecin traitant, qui connaît le dossier de sa patiente. À tout âge, une boule dans le sein, une modification de la peau ou un écoulement du mamelon justifient de consulter sans attendre. En cas de doute sur sa situation ou sur l'arrivée de la lettre, l'Assurance maladie reste l'interlocuteur à contacter, et la page Service-Public.fr consacrée à Octobre rose récapitule les règles.