- GiFi a demandé son redressement judiciaire à Toulouse et ses 513 magasins restent ouverts.
- 32 magasins deviennent des Grand Frais et 10 GiFi ont déjà fermé définitivement.
- Les ouvertures datées de Grand Frais s’échelonnent jusqu’à fin mars 2027.
GiFi, l’enseigne de déco à petits prix, a demandé son placement en redressement judiciaire. La direction l’a annoncé à ses équipes le 20 octobre 2026. Le groupe compte 513 magasins et 6 000 salariés.
Selon 20 Minutes, 32 points de vente changent d’enseigne pour devenir des Grand Frais et 10 autres ont définitivement fermé. Voici la liste complète, classée par région, et le sort réservé aux autres adresses.
Pourquoi GiFi est-il en redressement judiciaire ?
La direction demande l’ouverture de la procédure auprès du tribunal de commerce de Toulouse, juridiction visée en raison de la taille du groupe. Elle veut protéger l’entreprise et poursuivre l’activité. Dans son message aux salariés, elle explique que le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été.
Une enseigne sous pression
Fondée en 1981 par Philippe Ginestet, GiFi comptait 100 magasins en 1998, puis a passé le cap des 400 en 2013. Ses difficultés remontent à un changement de système informatique raté en 2023. Depuis, les dirigeants se succèdent, et Patrick Puy vient de prendre la tête du groupe.
La concurrence pèse aussi. Action revendique environ 900 magasins en France, et B&M comme les plateformes chinoises de type Temu s’ajoutent au tableau. À l’automne 2025, GiFi perdait plus d’un million d’euros par jour, selon L’Express Franchise.
Le Journal de l’économie évoque 3 mois de trésorerie restants. La procédure doit permettre de geler une partie des dettes pour bâtir un modèle viable.
Que devient une boutique pendant la procédure ?
Un redressement judiciaire n’est pas une liquidation. L’activité continue, et les magasins restent ouverts pendant la période d’observation. Le tribunal étudie ensuite la viabilité de l’entreprise. Cette procédure sert à poursuivre l’exploitation d’une société en cessation de paiements, en gelant ses dettes, rappelle le site officiel Entreprendre Service Public.

3 issues existent : un plan de redressement, une cession totale ou partielle, ou, en dernier recours, une liquidation. Quand l’entreprise est incapable de présenter un plan pour continuer seule, l’administrateur judiciaire peut proposer une cession.
Les rémunérations dues sont prises en charge par le régime de garantie des salaires. Les fournisseurs, eux, déclarent leurs créances au mandataire judiciaire.
Quels GiFi deviennent des Grand Frais ?
L’enseigne avait déjà cédé 32 sites à un distributeur alimentaire, une opération officialisée en octobre 2025. Celui-ci, qui comptait 329 points de vente avant la transaction, récupère les clés depuis le 1er juin 2026, à raison de 4 à 5 sites par mois. Ces emplacements se situent surtout dans de vastes zones commerciales en périphérie, aux surfaces proches de celles d’un Grand Frais.
Les 32 adresses classées par région
Sur ces 32 sites, 17 sont exploités directement par Grand Frais, et 14 passent en gérance-mandat, un modèle où un commerçant indépendant pilote le point de vente. Le dernier, à Bayonne, dépend de Gifi 48, la structure qui regroupe les anciens magasins Tati.
Pour Grand Frais, ces implantations en zones commerciales déjà fréquentées sont une aubaine, selon Démotivateur. L’enseigne affiche l’objectif de doubler son parc, d’après L’Express Franchise.
| Région | Exploitation directe | Gérance-mandat | Total |
|---|---|---|---|
| Nouvelle-Aquitaine | Saintes, Pau, Floirac, Royan | Bias, Champniers, Hendaye, Saint-Médard-en-Jalles, Bayonne (Gifi 48) | 9 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | Saint-Priest | Le Pont-de-Beauvoisin, L’Arbresle, Fontaine, Saint-Chamond | 5 |
| Grand Est | Moncel-lès-Lunéville, Cernay, Dorlisheim | Saint-Parres-aux-Tertres, Sainte-Marguerite | 5 |
| Île-de-France | Provins, Vitry-sur-Seine, Cergy | aucun | 3 |
| Normandie | Caudebec-lès-Elbeuf, Lisieux, Caen | aucun | 3 |
| Occitanie | Les Angles | Plaisance-du-Touch, Saint-Aunès | 3 |
| Bretagne | Séné | Pacé | 2 |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | Grasse | aucun | 1 |
| Centre-Val de Loire | Aucun | La Ville-aux-Dames | 1 |
La Nouvelle-Aquitaine concentre 9 de ces adresses. L’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est en totalisent 5 chacun.
Les ouvertures déjà datées
Chaque local est adapté aux normes alimentaires et à l’image de l’enseigne avant la réouverture. La durée du chantier varie selon les sources : 2 mois pour l’une, 3 à 4 pour 20 Minutes.
Le premier Grand Frais issu d’un ancien GiFi est annoncé à Lisieux, dans le Calvados. Les dates connues se lisent dans le tableau.
| Date annoncée | Ville |
|---|---|
| 21 octobre | Lisieux |
| Fin 2026 | Grasse, Dorlisheim, Champniers, Pacé |
| Fin d’automne ou décembre | Sainte-Marguerite |
| Début 2027 | Saint-Priest, Saint-Médard-en-Jalles |
| Fin mars 2027 | Caudebec-lès-Elbeuf |
Pour les 23 autres sites, aucune date n’est communiquée à ce stade.
Côté emploi, GiFi dit vouloir préserver les 300 salariés concernés, avec un poste proposé et la reprise de leur ancienneté. Grand Frais prévoit de son côté 3 500 embauches en 2026.
Quels magasins GiFi ferment définitivement ?
La cession n’est pas la seule mesure. En avril 2025, l’enseigne avait annoncé la fermeture de 11 boutiques et la suppression d’environ 300 emplois : 116 sur le terrain et 186 au siège de Villeneuve-sur-Lot, en Lot-et-Garonne. Au final, 10 points de vente tirent le rideau.
Les 10 adresses disparues classées par région
Un onzième site échappe à la fermeture. Le GiFi de Neuville-en-Ferrain, dans le Nord, est sauvé : la renégociation du bail lui permet de rester ouvert malgré une surface réduite de moitié.
| Région | Magasins fermés | Total |
|---|---|---|
| Île-de-France | Thiais, Stains, Pontault-Combault | 3 |
| Bourgogne-Franche-Comté | Tonnerre, Besançon, Saint-Claude | 3 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | Lyon | 1 |
| Grand Est | Saverne | 1 |
| Normandie | La Ferté-Macé | 1 |
| Occitanie | Toulouse | 1 |
L’Île-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté totalisent 3 fermetures chacune. Les 4 régions restantes en déplorent une seule.
Les autres adresses restent-elles ouvertes ?
L’enseigne affirme que ses boutiques continuent de fonctionner. Aucune fermeture supplémentaire n’est annoncée à ce stade, dans la métropole lilloise par exemple, selon Le Bonbon.
La suite dépend du tribunal de commerce de Toulouse. Une fois la procédure ouverte, le jugement est publié au Bodacc, qui indique aussi le nom du mandataire judiciaire.
Les 6 000 salariés du groupe attendent la même décision, tout comme les fournisseurs. Les clients, eux, peuvent continuer d’y faire leurs achats en attendant le jugement.