- Le 25 octobre 2026, on recule d'une heure, et le corps met quelques jours à s'adapter.
- La lumière du matin reste le meilleur remède pour recaler son horloge interne.
- Votée en 2019, la fin du changement d'heure reste bloquée faute d'accord entre les États.
Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures du matin, il sera 2 heures. Comme chaque automne, les montres reculent d'un cran. Sur le papier, c'est la bonne nouvelle de l'année : soixante minutes de sommeil en plus. Dans les faits, beaucoup se sentent fatigués, décalés, parfois de mauvaise humeur pendant plusieurs jours.
Et une question revient chaque année : l'Europe n'avait-elle pas décidé de supprimer le changement d'heure ? Elle l'avait bien voté, en 2019. Voici pourquoi notre corps peine à suivre, et pour quelle raison nos horloges continuent de tourner deux fois par an.
Le 25 octobre, on recule d'une heure
Le recul des montres n'a rien d'improvisé. Il suit un calendrier commun à toute l'Union européenne, fixé depuis plus de vingt-cinq ans. Son origine, elle, remonte à une crise qui n'a rien à voir avec le sommeil.
Une date commune à toute l'Europe
Depuis 1998, tous les pays de l'Union changent d'heure au même moment : le dernier dimanche de mars pour l'heure d'été, celui d'octobre pour l'heure d'hiver. La règle est inscrite dans une directive européenne de 2000. Cette année, le changement tombe en pleines vacances de la Toussaint, qui courent du 17 octobre au 2 novembre. Les smartphones et les ordinateurs s'ajustent seuls ; il faudra en revanche penser au four, à la voiture ou à la vieille pendule du salon.
Un héritage du choc pétrolier
La France a adopté l'heure d'été en 1976, trois ans après le premier choc pétrolier. L'idée était simple : avancer les montres pour profiter de la clarté du soir et allumer moins d'ampoules. L'économie d'énergie avait un sens à l'époque. Avec les lampes LED et nos modes de vie actuels, elle est devenue bien plus modeste, ce qui alimente les critiques contre le dispositif.

Pourquoi le changement d'heure nous fatigue-t-il ?
Une heure, cela paraît peu. Pourtant, ce petit décalage suffit à dérégler un mécanisme d'une grande précision. Le corps finit toujours par s'adapter, mais il lui faut un peu de temps.
Une horloge interne réglée sur la lumière
Notre organisme suit un cycle d'environ 24 heures, appelé rythme circadien. Il est piloté par une petite zone du cerveau, qui se cale chaque jour sur la lumière perçue par les yeux. Le soir, quand la clarté baisse, le corps libère la mélatonine, l'hormone qui prépare au sommeil. Changer l'heure revient à déplacer la vie sociale sans toucher au soleil : le réveil, les repas et le travail se décalent d'une heure, pas notre horloge biologique. Pendant quelques jours, les deux ne sont plus synchronisés.
L'heure d'hiver, la plus douce des deux
Le passage d'octobre est généralement mieux supporté que celui de mars, où l'on perd une heure de sommeil. Reculer les montres ressemble à un coucher un peu plus tardif, plus facile à encaisser. Mais ce passage a son revers : la nuit tombe d'un coup plus tôt, dès la fin d'après-midi. Moins de lumière en sortant du travail, c'est souvent un coup au moral, d'autant que les journées raccourcissent déjà naturellement. Les jeunes enfants, les personnes âgées et les animaux, très attachés à leurs habitudes, sont souvent les plus perturbés.
Quelques gestes pour s'adapter
Le plus efficace reste la lumière. Sortir le matin, même par temps gris, aide l'horloge interne à se recaler. En amont, on peut repousser progressivement le coucher et les repas d'un quart d'heure. Le soir, mieux vaut limiter les écrans et les dîners trop copieux. Pour les tout-petits, un décalage en douceur des siestes et des repas évite les réveils à l'aube. En général, tout rentre dans l'ordre en quelques jours, une semaine au plus.
Pourquoi change-t-on encore d'heure alors que c'était fini ?
Beaucoup de Français pensaient avoir vécu leur dernier changement d'heure il y a déjà plusieurs années. Le projet de suppression existe bel et bien, et il a même été voté. Mais entre un vote et son application, le chemin européen peut être très long.
Un vote massif resté sans suite
Tout part d'une consultation lancée par la Commission européenne à l'été 2018. Elle a reçu 4,6 millions de réponses, dont 84 % en faveur de la fin du changement d'heure. La Commission a présenté son projet dans la foulée, et le Parlement européen l'a adopté le 26 mars 2019 par 410 voix contre 192, avec une fin prévue en 2021. Il manquait l'accord des États membres, réunis au Conseil de l'Union européenne. Le texte y est bloqué depuis décembre 2019, et la crise du Covid a ensuite relégué le sujet loin derrière les urgences.
Heure d'été ou heure d'hiver, le vrai blocage
Supprimer le changement d'heure oblige chaque pays à choisir un horaire fixe, pour toujours. C'est là que tout se complique. Garder l'heure d'été toute l'année donnerait des matins d'hiver très sombres, surtout dans l'ouest de la France : à Brest, le soleil se lèverait vers 10 h en décembre. Conserver celle d'hiver ferait perdre les longues soirées d'été. Surtout, si chaque pays choisit de son côté, l'Europe risque une mosaïque d'horaires entre voisins, un casse-tête pour les trains, les avions et les échanges commerciaux. Les États n'ont jamais réussi à s'accorder sur une solution commune.
Un dossier relancé, sans calendrier
Le sujet revient régulièrement sur la table. Les ministres européens en ont de nouveau discuté au premier semestre 2025, et le Parlement a rouvert le débat en octobre 2025. La Commission a lancé une étude complémentaire. Mais aucune date n'est fixée. En attendant, la directive de 2000 s'applique toujours, et tout indique que la France changera encore d'heure en 2027.
| Date | Étape |
|---|---|
| 1976 | La France adopte l'heure d'été après le choc pétrolier |
| 1998 | Calendrier commun à tous les pays de l'Union |
| 2018 | Consultation européenne : 84 % pour la suppression |
| 26 mars 2019 | Le Parlement européen vote la fin du changement d'heure |
| Décembre 2019 | Le dossier bloque au Conseil de l'Union européenne |
| 2025 | Relance des discussions, sans décision |
| 25 octobre 2026 | Passage à l'heure d'hiver, comme chaque année |
Le changement d'heure a donc encore de beaux jours devant lui. Faute d'accord entre les Vingt-Sept, nos horloges continueront de tourner deux fois par an, et notre corps de protester quelques jours. La meilleure parade reste simple : de la lumière le matin, un peu de patience, et un bonus de sommeil à savourer le 25 octobre.