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Gazole : 12 à 18 centimes de moins grâce aux stocks d'État

Actualités par Camille -  5 min - 65 lectures
Ce qu'il faut retenir
  • L'État libère 10 millions de barils de gazole de ses stocks stratégiques à partir de novembre.
  • Le gouvernement vise une baisse de 12 à 18 centimes par litre, sur le gazole uniquement.
  • Les distributeurs sont réunis le 9 octobre et la DGCCRF contrôle la répercussion à la pompe.

Un plein de gazole à plus de 120 euros. Depuis la mi-septembre, c'est la réalité de millions d'automobilistes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mercredi 7 octobre une mesure pour desserrer l'étau : la France va puiser dans ses stocks stratégiques de gazole. Objectif affiché, une baisse de 12 à 18 centimes par litre à partir de novembre.

L'annonce tombe dans un climat tendu, entre colère des lycéens, inquiétude des agriculteurs et budget de l'État sous pression. Pas de baisse des taxes, pas de blocage des prix. Le gouvernement mise sur un levier plus discret, mais censé profiter à tous ceux qui roulent au diesel.

Que contient l'annonce de Sébastien Lecornu ?

Le principe tient en une phrase : l'État remet sur le marché du gazole qu'il gardait en réserve. Ces stocks existent pour faire face à une rupture d'approvisionnement, et la crise actuelle en a tous les traits. Reste à comprendre comment ces barils peuvent faire baisser le prix affiché à la station, et pourquoi le dispositif laisse l'essence de côté.

Des barils achetés avant la crise

Au total, 10 millions de barils de gazole seront libérés au fil de l'eau, à partir de novembre et sur environ trois mois. La France les avait achetés avant l'envolée des cours. Ils seront vendus aux distributeurs à des tarifs préférentiels, à charge pour eux de répercuter la différence à la pompe.

Sur un plein de 50 litres, une baisse de 12 à 18 centimes représente une économie de 6 à 9 euros. Pas une révolution. Mais pour un salarié qui fait le plein chaque semaine, l'économie grimpe vite au fil de l'hiver.

Livraison de gasoil dans une station-service

Pourquoi l'essence n'en profite-t-elle pas ?

Parce que c'est le gazole qui manque. La crise touche surtout ce carburant, dont l'offre mondiale s'est contractée avec la chute des exportations du Golfe et les frappes répétées contre les raffineries russes. En France, il pèse encore environ deux tiers des volumes vendus à la pompe : c'est là que la tension se fait le plus sentir.

Les conducteurs de voitures essence restent à l'écart de cette mesure. Pour eux, l'évolution des prix continuera de dépendre du cours du pétrole et des décisions prises à l'échelle internationale.

Une flambée qui dure depuis des mois

La décision n'arrive pas par hasard. Depuis le printemps, les prix des carburants n'ont cessé de grimper, au rythme des tensions au Moyen-Orient. L'exécutif a d'abord répondu par des aides ciblées. Il passe aujourd'hui à un outil qui agit directement sur le prix affiché.

Un record historique en septembre

Le 19 septembre, le litre de gazole a atteint en moyenne 2,41 euros, un niveau jamais vu en France. Remplir un réservoir de 50 litres coûtait alors environ 120 euros, contre 100 six mois plus tôt. Une hausse brutale pour les ménages qui dépendent de leur voiture pour travailler.

Fin septembre, le gouvernement a choisi de prolonger l'aide de 100 euros réservée aux grands rouleurs pour octobre et novembre. Le dispositif s'ouvre aussi à davantage de bénéficiaires, environ 5,5 millions de Français, presque deux fois plus qu'avant. Aucune baisse générale des taxes n'a été retenue.

Le G7 a déjà ouvert les vannes

La mesure française s'inscrit dans un mouvement plus large. Le 2 octobre, les pays du G7 ont décidé de libérer jusqu'à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut sur quatre mois. Emmanuel Macron avait alors annoncé une baisse des prix à venir.

Les barils français viennent s'ajouter à cet effort collectif. La France agit à son échelle, sans attendre que la détente des marchés mondiaux arrive jusqu'aux stations.

La baisse arrivera-t-elle vraiment à la pompe ?

C'est toute la question. Vendre du gazole moins cher aux distributeurs ne garantit pas que le client en profite. Les automobilistes le savent : les prix montent souvent plus vite qu'ils ne redescendent. Le gouvernement promet de surveiller la chaîne de bout en bout.

Les distributeurs convoqués vendredi

Les distributeurs de carburant sont réunis vendredi 9 octobre pour caler la mécanique. La répression des fraudes (DGCCRF) sera chargée de vérifier que la baisse se retrouve bien sur les afficheurs. Chez Mobilians, qui représente les stations-service, on assure que les professionnels joueront le jeu dès que les baisses seront effectives.

Les gérants de stations n'ont de toute façon qu'une faible marge, souvent quelques centimes par litre. L'essentiel du prix se joue en amont, sur le coût du produit raffiné et sur les taxes.

Un coup de pouce qui aura un prix en 2027

Ces stocks devront être reconstitués. S'ils sont rachetés alors que les cours restent élevés, l'opération coûtera cher à l'État, préviennent certains économistes. La baisse de cet hiver pourrait donc se payer plus tard, sur le budget public.

Pour les automobilistes, le rendez-vous est fixé à novembre. D'ici là, comparer les prix des stations sur le site officiel prix-carburants.gouv.fr reste le meilleur réflexe pour limiter la facture.