- Le reste à charge annuel sur les soins passe de 100 à 140 euros, sauf pour les assurés exonérés.
- Pour une ALD non exonérante, les indemnités d'un arrêt long sont versées un an au lieu de trois.
- Cups et culottes menstruelles sont remboursées en pharmacie pour les moins de 26 ans.
Une boîte de médicaments, une séance de kiné, une prise de sang : à chaque fois, une petite somme reste à votre charge. Plafonnées jusqu'ici à 100 € par an, ces retenues peuvent désormais atteindre 140 €. Une nouvelle baisse des remboursements, entrée en vigueur le 1er octobre.
Ce n'est pas le seul changement de l'automne. Les arrêts maladie longs sont moins bien couverts pour une partie des patients, tandis que d'autres soins deviennent remboursés ou plus simples à payer. Mieux vaut savoir où l'on en est avant la prochaine ordonnance.
Jusqu'à 140 euros par an à votre charge
Le relèvement a été fixé par un décret du 11 septembre 2026. Il touche deux mécanismes que beaucoup confondent : la franchise médicale et la participation forfaitaire. Chacun avait son propre plafond annuel de 50 €. Les deux passent à 70 €, ce qui porte le total possible à 140 € sur une année civile.
Franchises : 1 € la boîte, 70 € au maximum
La franchise est retenue sur vos remboursements. Elle s'élève à 1 € par boîte de médicaments, autant par acte paramédical, chez l'infirmier ou le kinésithérapeute par exemple, et 4 € par transport sanitaire. Un plafond quotidien limite l'addition : pas plus de 4 € pour les soins paramédicaux sur une même journée, 8 € pour les transports.
C'est le plafond annuel qui change. Il grimpe de 50 à 70 €. Pour un patient qui prend plusieurs traitements au long cours, la différence se verra vite sur les relevés de l'Assurance maladie.
Un exemple simple. Six boîtes de médicaments par mois représentent 72 € de franchises sur un an. Jusqu'ici, la retenue s'arrêtait à 50 €. Elle ira désormais jusqu'à 70 €, soit 20 € de plus pour la même ordonnance. Inutile de compter sur la mutuelle pour compenser : les contrats dits responsables, les plus répandus, ne remboursent ni les franchises ni les participations forfaitaires.

Participations forfaitaires : 2 € par consultation
La participation forfaitaire, elle, concerne les rendez-vous médicaux, les analyses de biologie et les examens de radiologie. Elle est de 2 € à chaque fois, dans la limite de 8 € par jour chez un même professionnel. Son plafond annuel suit le même chemin, de 50 à 70 €. Concrètement, chez le généraliste, ces 2 € sont simplement déduits du remboursement versé sur votre compte bancaire. Le détail figure dans les décomptes de l'espace ameli.
Plusieurs publics restent exonérés : les moins de 18 ans, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire et les femmes enceintes, du début du sixième mois de grossesse jusqu'au douzième jour après l'accouchement. Autre point à noter pour la suite. À partir du 1er janvier 2028, ces plafonds seront revalorisés chaque année selon l'inflation.
[Image : une pharmacienne tend une boîte de médicaments à une cliente au comptoir d'une pharmacie de centre-ville]
Arrêts maladie longs : une indemnisation raccourcie
Le deuxième changement concerne les salariés malades sur une longue période. Deux décrets parus le 18 septembre réduisent la durée pendant laquelle certaines absences peuvent être indemnisées. La mesure ne vise pas toutes les affections de longue durée, mais une catégorie précise. Elle s'applique à partir du 15 octobre.
De trois ans à un an pour les ALD non exonérantes
Une ALD non exonérante désigne une maladie qui justifie un arrêt de plus de six mois sans exiger de traitement coûteux. Les soins y sont remboursés aux taux habituels. Pour ces malades, la durée maximale d'indemnisation passe de trois ans à un an.
La règle vaut pour les arrêts prescrits à compter du 15 octobre, ainsi que pour ceux en cours qui atteindront six mois après cette date. Pour ouvrir une nouvelle période d'un an au titre de la même maladie, il faudra avoir repris le travail pendant au moins un an. Les salariés sont concernés, tout comme les indépendants, les fonctionnaires de l'État ou les clercs de notaire.
Les exceptions à la nouvelle règle
Les personnes déjà arrêtées depuis plus de six mois au 15 octobre gardent l'ancienne règle, avec jusqu'à trois ans d'indemnités. Les assurés en ALD exonérante, c'est-à-dire pris en charge à 100 % pour une maladie grave et un traitement coûteux, conservent aussi la durée de trois ans.
Pas toujours facile de savoir dans quelle case on se trouve. Le médecin traitant ou le service médical de la caisse d'assurance maladie peuvent le préciser. La question mérite d'être posée tôt, avant que le sixième mois d'arrêt n'arrive.
Cups remboursées, psy sans avance de frais
L'automne apporte aussi des bonnes nouvelles pour le porte-monnaie. Certaines protections hygiéniques entrent dans le panier remboursé, et l'accès à un psychologue devient plus simple à régler. Deux mesures discrètes, mais qui changent le quotidien de nombreux patients, surtout chez les plus jeunes.
Coupes et culottes menstruelles : 60 % pour les moins de 26 ans
Depuis le 1er octobre, l'Assurance maladie prend en charge ces protections réutilisables. Le dispositif concerne toutes les assurées de moins de 26 ans, sans condition de ressources, ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, quel que soit leur âge.
Le remboursement atteint 60 %, la mutuelle pouvant couvrir le reste, et 100 % pour les titulaires de la C2S. Il est limité à deux produits par an, achetés en pharmacie. Les modèles doivent figurer sur une liste officielle et respecter des normes de sécurité, comme le label Oeko-Tex pour les modèles en tissu. Une coupe bien entretenue sert plusieurs années, et une culotte supporte de nombreux lavages : sur la durée, ces protections coûtent nettement moins cher que les jetables.
Le tiers payant chez le psy, le bilan chez le kiné
Avec le dispositif Mon soutien psy, les séances chez un psychologue partenaire étaient déjà remboursées. Depuis le 1er octobre, le tiers payant y est généralisé : le patient n'avance plus la part prise en charge par l'Assurance maladie. Un frein de moins pour franchir la porte d'un cabinet.
Enfin, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent désormais réaliser Mon bilan prévention, ce rendez-vous gratuit proposé entre 18 et 25 ans, puis aux tranches 45-50, 60-65 et 70-75. On y fait le point sur son hygiène de vie, ses dépistages et ses vaccins. Ces professionnels rejoignent les médecins, infirmiers, sages-femmes et pharmaciens déjà habilités : de quoi trouver plus facilement un créneau près de chez soi.