- Le gouvernement promet que le prix de l'électricité n'augmente pas cet hiver.
- La promesse protège d'abord le tarif réglementé, révisé le 1er février 2027.
- Les offres au prix du marché de gros restent exposées à la flambée des cours.
La phrase se veut rassurante. Le 7 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé que « le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver ». Une déclaration qui tombe à pic, alors que les prix du carburant pèsent déjà lourd sur le budget des ménages et que les marchés de l'électricité se sont emballés à la rentrée.
Mais derrière la promesse, tous les foyers ne sont pas logés à la même enseigne. Tout dépend du contrat que vous avez signé, et certains abonnés pourraient bien voir leur facture grimper malgré les engagements du gouvernement.
Le tarif Bleu, premier protégé de la promesse
Pour tenir parole, l'État dispose d'un levier direct : la décision qui fixe le tarif réglementé de vente de l'électricité, le fameux tarif Bleu d'EDF. C'est lui que la promesse protège avant tout. Pour les autres contrats, les fournisseurs gardent une large liberté.
Rendez-vous le 1er février 2027
Le tarif réglementé n'évolue qu'à dates fixes. Le seul mouvement encore prévu avant la fin de l'hiver est celui du 1er février 2027. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) proposera un niveau à la mi-janvier, puis le gouvernement l'arrêtera. Jusque-là, rien ne bouge : le barème reste celui en vigueur depuis le 1er août.
Un kilowattheure à 20 centimes
Après une légère baisse en février, le tarif réglementé a augmenté en moyenne de 2,5 % au 1er août 2026. En octobre, le kilowattheure coûte 0,2001 € TTC en option Base. En heures pleines et heures creuses, il revient à 0,2141 € ou à 0,1588 €. C'est ce niveau que le gouvernement s'engage, en pratique, à ne pas dépasser cet hiver.
L'État peut aussi jouer sur les taxes
Le tarif réglementé n'est pas fixé au doigt mouillé. La CRE le calcule en empilant trois grands blocs. Le premier rémunère les réseaux, qui acheminent le courant jusqu'à votre compteur. S'y ajoutent l'approvisionnement en électricité, puis les taxes, dont l'accise et la TVA. Pour garantir une stabilité, l'État peut jouer sur la décision finale, mais aussi sur la fiscalité. C'est souvent par ce biais que les gouvernements successifs ont amorti les hausses ces dernières années.
Des marchés qui s'emballent depuis la rentrée
Si la question se pose, c'est que les prix de gros se sont envolés. En un mois, ils ont bondi d'environ 40 % sur les marchés, de quoi raviver le souvenir des factures de 2023. Pourtant, cette flambée ne se répercute pas mécaniquement sur tous les foyers, et c'est là que tout se joue.

Un tarif amorti par le lissage
Le tarif réglementé ne suit pas le prix du jour. Il repose sur une moyenne des prix de gros lissée dans le temps, comme un achat fait petit à petit. Résultat : même si les cours restaient élevés jusqu'en décembre, la part liée aux achats de long terme resterait proche de celle du barème actuel. Ce mécanisme sert d'amortisseur aux 20 millions de foyers abonnés au tarif Bleu.
Les mois d'hiver, point faible du calcul
Le point sensible concerne l'électricité livrée de janvier à mars 2027, dont le prix a nettement grimpé depuis la rentrée. C'est par ce biais qu'une partie de la flambée pourrait se retrouver dans le barème de février. Dans son estimation de juillet, réalisée avant l'envolée des cours, la CRE ne prévoyait pourtant aucune hausse de ce type pour 2027.
Tarif Bleu, prix fixe, marché : tous les contrats ne se valent pas
Tous les foyers ne sont pas au tarif Bleu : beaucoup ont choisi une offre de marché, souvent pour payer moins cher. Ces contrats ne réagissent pas tous de la même manière à une hausse des prix. Avant de paniquer, mieux vaut savoir quel type d'offre figure sur votre facture.
Les offres indexées suivent le mouvement
Les abonnés au tarif Bleu sont en première ligne de la promesse gouvernementale. Les offres indexées sur ce barème suivent, elles, ses hausses comme ses baisses, avec une remise fixe : elles profitent ainsi de la stabilité annoncée. D'après le comparateur Selectra, certaines affichent un kilowattheure environ 8 % moins cher que la référence d'EDF.
Prix du marché, les grands exposés
Les offres à prix fixe gèlent le kilowattheure pour une durée donnée, parfois à un niveau inférieur de 12 % au tarif réglementé. Seules les taxes et l'acheminement peuvent encore bouger. À l'inverse, les offres au prix du marché de gros ne sont pas protégées : facturées heure par heure, elles ne dépendent d'aucune décision de l'État et répercutent aussitôt les envolées de cours.
Le bon réflexe consiste donc à vérifier la nature de son contrat, puis à comparer son kilowattheure avec celui du tarif réglementé. Un écart qui ne dit pas tout de la décision de février, mais qui reste le meilleur point de départ pour savoir si l'hiver sera serein ou s'il faut changer d'offre. Et quel que soit le contrat, un geste reste gagnant pour les abonnés en heures pleines et heures creuses. Il suffit de lancer le lave-linge, le lave-vaisselle ou la recharge de la voiture pendant les plages les moins chères, où le kilowattheure réglementé coûte environ 25 % de moins.