- Depuis le 13 octobre, grippe et Covid se vaccinent en même temps, un vaccin dans chaque bras.
- Plus de 65 ans, femmes enceintes et malades chroniques sont prioritaires et pris en charge.
- Pharmaciens et infirmiers peuvent vacciner directement, sans passer par le médecin.
Le rendez-vous revient chaque automne, et cette année encore, il tombe à pic. Depuis le mardi 13 octobre, la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière est ouverte dans l'Hexagone et aux Antilles-Guyane. Celle visant le Covid démarre le même jour, et les deux injections peuvent se faire dans la même séance.
Le calendrier n'est pas choisi au hasard. L'épidémie de grippe arrive en général au cœur de l'hiver, et le vaccin a besoin d'une quinzaine de jours pour protéger pleinement. Se faire vacciner dès l'automne permet donc d'être prêt avant que le virus ne circule vraiment.
Une campagne commune contre la grippe et le Covid
Pour la direction générale de la santé, regrouper les deux campagnes simplifie la vie de tout le monde. Un rendez-vous unique, un seul passage en pharmacie ou chez l'infirmier, et la protection est assurée contre les deux virus respiratoires qui pèsent le plus sur les hôpitaux en hiver. Le dispositif court jusqu'à la fin du mois de janvier.
Deux vaccins dans la même séance
Aucune obligation de les faire ensemble, mais rien ne l'empêche non plus. Les deux injections peuvent se faire lors du même passage, une dans chaque bras. Côté grippe, cinq vaccins sont disponibles cette saison. Le Covid, lui, bénéficie d'une nouvelle version du produit à ARN messager, adaptée au variant qui circule le plus en ce moment.
Pour le Covid, le délai compte. La nouvelle dose est recommandée si la précédente remonte à plus de six mois. Cet intervalle tombe à un trimestre pour les personnes de 80 ans et plus, ainsi que pour celles dont les défenses immunitaires sont affaiblies. Il s'adresse aux mêmes publics prioritaires que celui de la grippe, ce qui facilite les choses : un unique déplacement suffit.
Les effets indésirables restent le plus souvent légers et passagers. Une douleur au point d'injection, un peu de fatigue ou une légère fièvre peuvent apparaître pendant un ou deux jours, puis disparaissent d'eux-mêmes.

Une couverture encore trop faible
Malgré les campagnes répétées, la France reste loin de ses objectifs. L'hiver dernier, seuls 56,7 % des plus de 65 ans se sont fait vacciner contre la grippe, alors que les autorités visent 75 %. Parmi l'ensemble des personnes à risque, la proportion tombe même sous la barre des 50 %.
Or la grippe n'a rien d'un simple rhume. Chez les personnes âgées ou fragiles, elle peut entraîner une pneumonie, aggraver une maladie existante ou conduire à l'hôpital. La dernière épidémie a duré dix semaines, de décembre à la mi-février, et a mis sous tension de nombreux services d'urgence. Chaque hiver, le virus cause plusieurs milliers de décès en France, en grande majorité chez les plus de 65 ans.
Qui est concerné par la vaccination ?
Le vaccin contre la grippe n'est pas réservé à une seule tranche d'âge. Les autorités sanitaires ciblent avant tout les personnes pour qui le virus représente un vrai danger, ainsi que leur entourage proche. Pour elles, la vaccination est entièrement prise en charge par l'Assurance maladie. Une nouveauté concerne aussi les soignants.
Les publics prioritaires
Sont d'abord concernées toutes les personnes de 65 ans et plus. Pour elles, deux vaccins sont à privilégier : l'Efluelda, plus fortement dosé, et le Fluad, renforcé par un adjuvant. Tous deux stimulent mieux les défenses d'un organisme qui vieillit.
La liste comprend aussi les femmes enceintes, quel que soit le stade de leur grossesse, et les malades chroniques, par exemple diabétiques ou atteints d'une affection cardiaque ou respiratoire. L'obésité sévère en fait partie. Enfin, l'entourage des nourrissons de moins de six mois et des patients immunodéprimés est invité à se faire vacciner, pour éviter de leur transmettre le virus.
Les soignants bientôt dans l'obligation
C'est la grande nouveauté de cette saison. Pour la première fois, la vaccination contre la grippe va devenir obligatoire pour les professionnels de santé concernés. Cette campagne marque le début du déploiement de la mesure, même si elle ne deviendra contraignante qu'une fois son cadre réglementaire publié, attendu d'ici la fin du premier trimestre 2027.
L'enjeu est simple : un soignant infecté peut transmettre le virus à des patients déjà affaiblis, à l'hôpital comme en maison de retraite. Le vacciner, c'est aussi protéger ceux qu'il soigne.
Où et comment se faire vacciner ?
Fini le temps où il fallait d'abord consulter son médecin, puis passer à la pharmacie, avant de revenir pour l'injection. Le parcours s'est nettement simplifié ces dernières années. Aujourd'hui, une seule visite suffit dans la plupart des cas, et plusieurs professionnels de santé peuvent s'en charger.
Pharmacie, infirmier ou médecin
Les personnes prioritaires reçoivent un bon de prise en charge de l'Assurance maladie, envoyé entre la fin août et le début octobre. Il suffit de le présenter avec sa carte Vitale : le vaccin est alors remboursé à 100 %.
Les pharmaciens et les infirmiers formés peuvent prescrire et injecter le vaccin antigrippal dès 11 ans, et celui contre le Covid dès 5 ans. Le médecin traitant et la sage-femme restent bien sûr des interlocuteurs possibles. La médecine du travail et les centres de vaccination participent eux aussi à la campagne. Beaucoup d'officines vaccinent sans rendez-vous, d'autres proposent des créneaux à réserver : un simple coup de fil évite de se déplacer pour rien.
Les bons réflexes
Un bon égaré ou jamais reçu n'empêche rien : le pharmacien ou l'infirmier peut prescrire et vacciner sur place. Une petite fièvre au moment du rendez-vous ? Il vaut mieux le décaler un peu, le temps de se rétablir. Pour les personnes qui ne font pas partie des publics prioritaires, la vaccination reste possible, et le plus simple est d'en parler à son pharmacien ou à son médecin.
Le vaccin ne fait pas tout. Se laver souvent les mains, aérer son logement chaque jour et porter un masque en cas de symptômes restent les gestes les plus efficaces pour limiter la circulation des virus. Une protection qui commence dès maintenant, avant que l'épidémie ne frappe à la porte.